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La Fédération internationale d'haltérophilie a caché du dopage, révèle une enquête

Il s'apprête à soulever une barre.

Gros plan des mains d'un haltérophile

Photo : Getty Images / Yegor Aleyev

Associated Press

Une enquête explosive portant sur la Fédération internationale d'haltérophilie (IWF) a démontré que le dopage était dissimulé et que des millions de dollars manquent toujours dans les coffres de l'organisation.

C'est ce qu'a annoncé jeudi l'enquêteur en chef au dossier, Richard McLaren.

Le juriste canadien a expliqué que 40 tests antidopage positifs ont été dissimulés dans les registres de l'IWF, et que les athlètes dont les dossiers ont été reportés ou dissimulés avaient décroché une médaille aux Championnats du monde et dans d'autres compétitions internationales.

Ces dossiers ont été acheminés à l'Agence mondiale antidopage (AMA), dont le siège social est à Montréal.

L'enquête se concentrait sur la période allant de 2009 à 2019. Richard McLaren a indiqué qu'il avait entendu parler d'allégations d'inconduite qui remontaient aux années 1980, mais qu'il avait choisi de se concentrer sur les dernières années afin de dénicher des preuves accablantes.

Il a ajouté que l'ancien président de l'IWF, Tamas Ajan, était un despote qui gardait son conseil d'administration dans l'ignorance en ce qui concerne les finances.

Un homme en complet donne un point de presse.

Richard McLaren

Photo : Getty Images / Fabrice Coffrini/AFP

Selon Richard McLaren, Tamas Ajan aurait reçu des pots-de-vin, certains allant jusqu'à 100 000 $, déguisés sous forme d'amendes distribuées aux fédérations nationales ou encore aux commanditaires.

Il manquerait ainsi 10,4 millions de dollars dans les coffres de l'IWF.

Tout le monde était gardé dans l'ignorance au chapitre des finances, grâce à l'utilisation de comptes bancaires secrets (et de virements), a dit le juriste canadien. Certains montants apparaissent dans les registres, d'autres pas.

Richard McLaren a souligné que Tamas Ajan a permis que les élections (au sein de la fédération) soient influencées par certains acteurs, afin d'assurer son emprise sur le poste de président et la promotion de ses sympathisants.

D'importants retraits bancaires étaient effectués avant les congrès de la fédération, a poursuivi Richard McLaren, avant d'ajouter que des électeurs recevaient des pots-de-vin et devaient photographier leur bulletin de vote pour prouver leur loyauté.

Le Comité international olympique (CIO) dit qu'il étudiera très attentivement le rapport et ajoute que le contenu est très troublant.

Tamas Ajan, 81 ans, a démissionné en avril 2020, mettant ainsi un terme à une carrière de 20 ans à la tête de l'IWF et à 44 ans à occuper divers postes au sein de l'organisation.

Un mois avant l'annonce de son départ, il avait aussi abandonné son statut de membre honoraire du CIO.

Tamas Ajan discute et pointe du doigt pendant les Jeux olympiques de 2016.

Tamas Ajan pendant les Jeux olympiques de 2016

Photo : Getty Images / GOH CHAI HIN

L'enquête de Richard McLaren a été déclenchée en janvier lorsque la chaîne allemande ARD a rapporté des irrégularités financières à la fédération et de possibles dissimulations de cas de dopage.

Le professeur de droit canadien a été l'enquêteur en chef de l'AMA dans le dossier du scandale de dopage institutionnalisé en Russie. Il a aussi agi à titre de juge au Tribunal arbitral du sport (TAS).

La réputation de l'IWF, sous la gouverne de Tamas Ajan, avait déjà été entachée par des dizaines de cas de dopage aux stéroïdes relevés lors de la reprise des tests sur les échantillons B prélevés aux Jeux olympiques depuis 2008.

L'AMA a expliqué qu'elle accueillait favorablement les conclusions de Richard McLaren.

Dès que l'AMA aura obtenu l'occasion d'analyser les preuves et le rapport complet, alors elle se concentrera sur les démarches appropriées à entreprendre, a-t-elle précisé dans un communiqué.

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