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Le stade olympique cherche encore à se réinventer pour l'après-COVID-19

Vue générale du stade olympique de Montréal, au printemps

Le stade olympique de Montréal

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Le stade olympique a diversifié ses activités à la suite du départ des Expos. L'infrastructure montréalaise a accueilli des salons, des expositions, des matchs de football et de soccer, des combats de boxe et même de la tauromachie.

Mais depuis mars, tout est arrêté. Loin de baisser les bras, on travaille fort dans les bureaux pour réfléchir à l'après-COVID-19.

Il y a toujours eu un rapport amour-haine avec le stade olympique, qui, en 1976, avait pourtant fait l’orgueil des Canadiens dans le cadre des Jeux d'été de Montréal. Ses coûts pharaoniques ont entre autres fait l’objet de toutes sortes d’enquêtes.

Récemment, un résident de Rosemont–La Petite-Patrie a évoqué, dans une lettre ouverte, l’idée que les séries de la Coupe Stanley pouvaient très bien se dérouler au stade olympique. Un projet qui n’a pas semblé farfelu pour le porte-parole du Parc olympique, Cédric Essiminy.

On a tout fait, on peut tout faire, et c’est ce qui fait notre fierté, mentionne-t-il. Le stade olympique accueille depuis 44 ans toutes sortes d'événements. J’aime à rappeler que le stade a été olympique, mais seulement durant deux semaines. Donc, nous, on a eu en 43 ans et 50 semaines, une kyrielle d'événements de toutes sortes.

Quand on regarde nos archives, on a déjà eu des patinoires, une formule avec toit, sans toit, du baseball, de la tauromachie… Au Parc olympique, on part de la prémisse que tout peut se faire, ajoute-t-il, non sans une certaine fierté.

Un match de l'Impact au stade olympique de Montréal

Un match de l'Impact au stade olympique de Montréal

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Aujourd’hui, avec la crise du coronavirus, qui touche sévèrement les Montréalais, toutes les cartes sont en train de se redistribuer. Les rassemblements extérieurs de plus de dix personnes sont interdits, la distanciation physique est obligatoire et les mesures d’hygiène sont exceptionnelles.

Dans ce contexte, comment le stade olympique peut-il raisonnablement penser ouvrir ses portes au public et à des événements de masse? Dans les bureaux du Parc olympique, on s’active à trouver des solutions.

Nous sommes le plus gros stade au Canada avec une capacité de 60 000 personnes. Ce qui fait de nous l’amphithéâtre ou la distanciation sociale et physique est possible. Présentement, on est en train de travailler sur des scénarios post-COVID-19 où l’on pourrait accueillir différents événements comme des salons ou des événements gradins tout en tenant compte de la distanciation physique. C’est certain, il y a un coût relié à cela. Mais quand on regarde le parc et ses esplanades, on s’aperçoit qu’énormément de gens peuvent converger vers un même endroit, mais par des entrées différentes.

Cédric Essiminy, porte-parole de la Régie des installations olympiques

Selon le porte-parole, le stade est d’actualité plus de 40 ans plus tard. Il vante ses nombreuses possibilités d’accès qui pourraient répondre aux exigences de la santé publique. Lorsque le monde de l'événementiel reprendra, il se dit prêt à répondre aux demandes du public.

Les joueurs des Blue Jays de Toronto et des Mets de New York avant un match préparatoire au stade olympique de Montréal

Les joueurs des Blue Jays de Toronto et des Mets de New York avant un match préparatoire au stade olympique de Montréal

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Des événements sportifs au stade?

Je vous avoue que la grandeur du stade, sa grosseur et son architecture aident grandement à respecter toutes les mesures qui sont maintenant nouvelles, dit Cédric Essiminy. Il est certain que dans un premier temps, on pense plus aux salons, car c’est notre pain et notre beurre, comme ceux de l'habitation, de motorisés ou d’animaux.

Pour ce qui est des événements sportifs, la dynamique n’est pas la même, car tout le monde se rassemble sur un point d’intérêt concentré. Cependant, étant donné la grosseur du lieu, on serait en mesure, si l’on saute un ou deux bancs, de respecter les distances. Même à 60 000 places, si l'on coupe de moitié, on est rendus à 30 000. C’est toujours plus que le Centre Bell, que le stade Saputo. Si l'on voulait aller plus loin, même à 20 000 personnes, on serait intéressants pour la capacité d’accueil.

Cédric Essiminy

Le porte-parole du Parc olympique a insisté sur le fait que tout cela est exploratoire et qu’il n’y a pas, à l’heure actuelle, d'événements sportifs prévus au calendrier. Ce lieu, qui a été tant décrié, pourrait devenir l'une des solutions au monde sportif qui devra réfléchir à l’après-COVID-19.

Le stade olympique a toujours eu une carte, a toujours eu un as dans son jeu et à tous les deux, trois ans, on lui trouve une nouvelle fonction à laquelle on n’avait pas pensé avant, indique-t-il.

Le stade olympique de Montréal

Le stade olympique de Montréal

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Je vous rappelle qu’en période de pandémie, on a déjà servi de cliniques de vaccination massive au temps du H1N1. On a également servi à accueillir des demandeurs d’asile. Puis, il y a eu le baseball, la tauromachie, le football, le soccer. La grande force du stade, c’est qu’on trouve toujours un moyen de le modifier ou de l’ajuster pour répondre aux nouveaux critères qu’on n’avait pas eu avant.

Cédric Essiminy

Avant de penser aux événements sportifs, on répète au Parc olympique que l’on veut tout d’abord se concentrer sur les salons, car ils permettent une meilleure logistique pour répondre aux nouvelles mesures de sécurité sanitaire. Notamment avec une même direction fléchée à suivre au sol, une distanciation physique possible et une capacité d’accueil hors pair.

Les événements sportifs posent un autre problème, car les spectateurs sont fixés sur un seul objectif, le terrain. L'achat de nourriture aux concessions et, surtout, le fait que tout le monde quitte les lieux en même temps à l'issue du match ajoutent aux complications.

Le processus est donc plus complexe que la tenue de salons qui se déroulent parfois sur plusieurs jours. Malgré tous ces facteurs, on ne se décourage pas au Parc olympique et on pense trouver des solutions à ces problèmes.

À voir l'enthousiasme et l'amour de Cédric Essiminy lorsqu'il parle de son stade, on se dit que tout est possible et que la nouvelle partie qui se joue sera intéressante à suivre. Il reste à savoir si l’as sera au rendez-vous.

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