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Neuf membres de l’équipe de cheerleading des Carabins au front contre la COVID-19

Une groupe de femmes vêtues de bleu et blanc effectuent un programme.

Des membres de l'équipe de cheerleading des Carabins de l'Université de Montréal

Photo : courtoisie : Carabins / James Hajjar

Celles et ceux qui font du cheerleading le savent mieux que quiconque. Sans travail d’équipe, sans solidarité, les structures d’un programme ne peuvent être assemblées. Quand il manque une seule pièce du casse-tête, rien n’est possible.

C’est peut-être en raison cet esprit de solidarité, véhiculé par leur sport, que neuf membres de l’équipe des Carabins de l’Université de Montréal ont décidé de s’impliquer, à leur façon, dans la lutte contre la COVID-19.

Anne-Sophie Castonguay, une étudiante en physiothérapie, n’a pas hésité une seconde à aller prêter main-forte en CHSLD dans l’est de Montréal. Elle croyait qu’elle serait une agente de COVID, chargée de s’assurer du respect des protocoles de sécurité, mais elle a plutôt rempli le rôle d’agente de service.

Sans la moindre formation précise, celle qui détient aussi un bac en sciences biomédicales s’est retrouvée à aider directement les préposés aux bénéficiaires. Elle a notamment nourri et changé la couche de résidents.

Deux semaines après son entrée en poste, elle a été déclarée positive à la COVID-19.

J’ai eu plusieurs symptômes, mais je suis chanceuse de ne pas avoir eu de problème respiratoire, confie-t-elle. J’ai eu des douleurs musculaires, des maux de tête, mais rien de majeur. Toutefois, je n’ai toujours pas encore retrouvé le goût ni l’odorat.

Elle regarde devant elle en souriant.

Anne-Sophie Castonguay

Photo : courtoisie : Carabins / James Hajjar

Castonguay ne regrette pas sa décision malgré tout. Elle a senti que son aide était essentielle. Elle doit d’ailleurs réaliser son prochain stage en physiothérapie avec une clientèle gériatrique, possiblement même en CHSLD.

On est en temps de crise, alors on ne prodiguait que des soins de survie et des soins d’hygiène. Mais de mon point de vue d’étudiante en physiothérapie, je voyais surtout des personnes confinées à leur chambre, ajoute l’athlète. Or, on nous apprend à quel point c’est essentiel de les faire bouger pour qu’ils conservent leur autonomie. J’ai trouvé ça dur de voir ça, parce que c’est contraire à ce qu’on essaie de faire en physiothérapie.

Sa collègue Carine Émilie El-Khoury aurait aussi aimé donner un coup de main en CHSLD, mais elle vit avec des personnes qu’elle juge à risque.

En parallèle de sa session universitaire en médecine, qui se terminera à la mi-juin, elle s’est donc mise à coudre des masques de protection. Son oncle travaille dans le domaine du textile et elle a toujours aimé la couture.

À temps perdu, elle en a confectionné une quarantaine pour des travailleurs essentiels, comme des collègues de sa mère physiothérapeute.

Une jeune femme vêtue d'un chandail bleu confectionne un masque de protection avec une machine à coudre rose.

Carine Émilie El-Khoury

Photo : Courtoisie : Carine Émilie El-Khoury

El-Khoury a fait ses recherches pour s’assurer que les masques qu’elle confectionne sont sécuritaires. Le fait qu’autant de membres de son équipe cherchent à aider ne la surprend pas le moindrement.

On est toujours solidaires et prêts à s’aider, explique celle qui est aussi diplômée en ergothérapie. Tout le monde aide à sa façon, que ce soit en aidant en CHSLD ou en se confinant le plus rigoureusement possible. Moi je fais des masques, certaines font ce qu’elles peuvent pour mettre de l’entrain dans la vie des autres.

Un coup de main à la recherche

Lea-Mei Chicoine, de son côté, est sur le point de terminer sa maîtrise en physiothérapie. En plus de ses travaux scolaires, elle travaille une cinquantaine d’heures par semaine à l’Institut de cardiologie de Montréal. Elle fait partie de l’équipe du Dr Tardif qui mène une étude nommée Colcorona.

Le but de cette recherche est de valider un traitement qui réduirait les risques de complications pulmonaires et de décès liés à la COVID-19. La colchicine, un médicament souvent utilisé pour traiter la goutte et les péricardites, est l'objet de l’étude.

Lea-Mei Chicoine insiste. Elle n’est qu’un maillon dans la grande équipe qui réalise l’étude avec 6000 personnes atteintes de la COVID-19. Elle assure les communications avec les participants et répond à leurs questions au téléphone.

Je suis fière de voir qu’autant de membres de l’équipe s’impliquent, dit-elle. On est plusieurs à étudier dans différents domaines de la santé et je suis contente de voir qu’on fait cet effort qui ne peut qu’améliorer les choses. Je ne suis pas du tout étonnée. C’est bénéfique pour tout le monde.

Une femme portant des lunettes sourit devant un ordinateur placé devant une fenêtre laissant entrer les rayons du soleil.

Lea-Mei Chicoine

Photo : Courtoisie : Lea-Mei Chicoine

Chicoine se dit tellement occupée, qu’elle n’a pas le temps de s’ennuyer de ses amis, qu’elle voit beaucoup moins depuis le début du confinement. Être dans l’action réduit aussi l’anxiété que peut lui causer la pandémie.

Elle s’inquiète toutefois de sa prochaine saison de compétition de cheerleading.

Je ne veux pas être pessimiste, mais ça va prendre du temps avant qu’on s’entraîne comme avant parce qu’on est tellement proches, analyse-t-elle. On doit se toucher et se supporter dans nos manoeuvres. Pour l’instant, les rassemblements sont limités à 10 personnes de 3 familles. Nous, si on s’entraîne à 25, c’est 25 familles!

Son amie Carine Émilie El-Khoury, elle, espère disputer une dernière saison de compétition l’an prochain avec les Carabins.

Je suis inquiète, mais j’essaie d’être positive, dit-elle. J’ai hâte d’avoir des nouvelles. On va voir. Cela dit, je ne serai pas à l’aise d’en faire si ce n’est pas sécuritaire. Je ne voudrais tellement pas infecter mes coéquipières et coéquipiers.

D’ici là, elles s’unissent comme elles le peuvent dans leur action, même à distance.

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