•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'industrie du tennis souffre en cette période de pandémie

Un joueur de tennis attend un service, une balle à l'avant-plan.

Le tennis vit une année difficile sur le plan financier au Québec.

Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Michel Chabot

Les amateurs de tennis ont pu recommencer la pratique de leur sport préféré la semaine dernière, quand le gouvernement provincial a permis l’ouverture des terrains extérieurs. Mais contrairement au golf, qui profite d’entrées d’argent considérables, le tennis souffre.

Tennis Québec se retrouve cette année dans une situation précaire avec des pertes de revenus de 600 000 $ dans un budget global de 2 300 000 $.

Pour une organisation comme la nôtre, c’est énorme, dit le directeur général Jean-François Manibal. On tente de trouver des solutions, mais ce n’est pas évident parce que tout le monde se retrouve pas mal dans la même situation.

L'annulation de la Coupe Rogers en 2020 a un effet catastrophique sur le tennis partout au pays. Tennis Canada, qui redistribue habituellement les profits générés par ce tournoi professionnel aux fédérations provinciales, n’a pu être aussi généreuse cette année. Et Tennis Québec se voit privée de sa principale source de financement.

Normalement, on devait recevoir 355 000 $ et, malheureusement, ils ont coupé ça à 55 000 $. C’est donc une perte, en partant, de 300 000 $.

Jean-François Manibal, directeur général, Tennis Québec

Les entreprises qui commanditent Tennis Québec doivent aussi couper dans les dépenses en ces temps économiquement difficiles, si bien que la fédération québécoise est privée d’une autre somme de près de 200 000 $.

Et comme les clubs intérieurs sont encore fermés, une autre source de revenus s’est tarie.

Il n’y a pas d’activité. Donc, les gens ne renouvellent pas leur abonnement dans les clubs ni leur licence pour les tournois sanctionnés de Tennis Québec, précise M. Manibal. Ça fait qu’on a un important manque à gagner de ce côté-là.

Les gouvernements ont des dossiers prioritaires et le financement des fédérations sportives ne semble pas en faire partie pour l’instant.

Nous, on attend plutôt nos subventions habituelles qui devraient entrer sous peu, indique le DG de Tennis Québec. On l’espère, parce que l’année financière de la plupart des fédérations provinciales commence le 1er avril et il n’y a pas vraiment eu de sources qui sont arrivées du gouvernement provincial.

Forcément, le patron doit aussi réduire ses frais d’exploitation et son personnel. S'il comptait 11 employés l'année dernière, il n'en restera plus que 5 en septembre. Et la publication du magazine trimestriel est suspendue jusqu'à nouvel ordre.

Un élan rompu

Le tennis connaissait un bel essor chez les jeunes depuis quelques années avec l’émergence des Milos Raonic, Félix Auger-Aliassime et autres Bianca Andreescu. Au Québec, de 2015 à 2018, le nombre d’inscriptions aux tournois était passé de 6500 à près de 10 000. Le nombre de tournois avait presque doublé au cours de cette période, passant de 205 à 385. Mais Jean-François Manibal déplore maintenant les effets néfastes de la COVID-19 qui viennent rompre cet élan.

Nos clubs intérieurs souffrent, déclare-t-il. Ils seraient normalement dans une période de sollicitation pour les camps d’été. C’est très important pour les clubs, et aussi pour les parents parce que c’est un endroit très intéressant où envoyer leurs enfants pendant la saison estivale. On demande aux gouvernements d’ouvrir les centres intérieurs.

S’il y a un endroit où on peut vraiment faire respecter toutes les consignes de la santé publique, c’est bien là, dans de gros bâtiments.

Jean-François Manibal, directeur général, Tennis Québec

Les matchs en double et les cours avec un instructeur sont encore à l’arrêt, tout comme les tournois, mais Tennis Québec espère organiser des compétitions locales ou régionales d’ici la fin de la saison.

Quant aux tournois de plus grande envergure, il faudra patienter à 2021.

Les tournées des parcs et des écoles ont également été paralysées et, là aussi, on garde l’espoir d’un déconfinement prochain.

Quant aux 14 écoles qui offrent le tennis dans le cadre du programme sports-études, l’heure n’est pas encore à l’inquiétude.

On va suivre ça au fur et à mesure, affirme M. Manibal. Il va falloir s’ajuster, mais je pense qu’on va offrir un tennis qui va ressembler à ce qu’on avait auparavant.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Tennis

Sports