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Le président des Alouettes face à un défi inconnu

Mario Cecchini assis derrière un bureau avec un ballon de football en avant-plan.

Mario Cecchini

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En fonction depuis la mi-janvier, Mario Cecchini, a dû mettre sur la glace pour une durée indéterminée son plan de relance des Alouettes de Montréal. Le coronavirus force le nouveau président à user de créativité pour maintenir l'organisation à flot et éviter de prendre un grand pas de recul dans une situation financière déjà très difficile.

Q. - Quatre mois se sont déjà écoulés depuis votre entrée en poste à la présidence des Alouettes de Montréal. Comment se déroule la relance de l'équipe avec la COVID-19 qui vous met des bâtons dans les roues?

R. C'est une question qui peut être très longue à répondre! Ce n'est assurément pas comme prévu. D'abord, en préface, c'est important de dire chaque fois que l'on respecte les demandes des gouvernements [provincial et fédéral], on respecte ce que les autorités ont mis en place, on salue les gens qui travaillent tellement fort dans des conditions vraiment difficiles.

Sur le plan du football, c'est sûr que c'est un ralentissement évident. On était bien partis, on avait beaucoup d'avance sur nos ventes d'abonnements de saison. On était sur le point de mettre en vente des billets individuels, mais tout ça a été stoppé. On a frappé un mur dans les deux semaines qui ont suivi le fameux 12 mars, le jeudi où il y a eu la fermeture des premières écoles. On faisait encore des ventes jusqu'à la fin mars, mais après, ça s'est évaporé.

C'est vraiment rendu difficile au moment où l'on se parle, on travaille fort pour être le plus proche possible [de la communauté] en offrant des joueurs en entrevue, en permettant encore aux gens de rester connectés et de parler football un peu.


Q. - Vous avez connu votre part de défis dans des fonctions similaires avec Corus Média (président) et RNC Médias (président-directeur général). De quelle manière ceux-ci ont-ils pu vous aider à affronter cette crise avec les Alouettes?

R. Je pense que la première chose que je retiens, parce que cette crise-ci est vraiment unique, c'est le fait d'avoir une économie sur pause contre un secteur qui a des souffrances. Dans toutes les autres crises que j'ai vécues, tu pouvais rapidement t'asseoir et avoir des solutions. [Par exemple], prendre des actions qui mitigeaient un peu les impacts. Là, c'est plutôt difficile.

On est dans la vraie incertitude, mais je pense que ce qui aide le plus, c'est qu'on s'en sort tout le temps. Il y a cette résilience, que tu apprends à travers les crises, on sait qu'on a la capacité de s'adapter.

J'ai vécu assez de crises et j'ai entendu assez souvent des gens dire : "On ne passera pas au travers, je ne peux pas travailler de cette façon, il faut absolument avoir ce système ou cette procédure." Et, finalement, tu fais un changement technologique ou d'approche, puis trois mois plus tard, ça fonctionne.


Q. - De votre propre aveu, la situation financière de l'équipe était très difficile lors de votre arrivée officielle en fonction le 13 janvier dernier. Qu'en est-il maintenant?

R. La situation financière de l'équipe était difficile depuis plusieurs années, Gary (Stern, l'un des copropriétaires avec Sid Spiegel) l'avait mentionné en entrevue, donc c'est pour ça qu'on en avait parlé un peu. Étant une compagnie privée, on n'en parle pas beaucoup.

Deux hommes tiennent un casque de football pour une séance de photos.

Le nouveau copropirétaire des Alouettes de Montréal, Gary Stern (à droite), en compagnie du commissaire de la LCF, Randy Ambrosie (à gauche).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Évidemment, les gens devinent avec les chiffres qui ont circulé l'année passée qu'on ne peut pas corriger ça en un an. C'est sûr que ça va nous reculer selon le scénario qui sera choisi ultimement à savoir si l'on va jouer [en 2020] et tout ça.

Ce n'est pas quelque chose pour améliorer notre situation, ça, c'est clair. C'est pour ça qu'on a été rapides à contrôler nos coûts dès le début du mois de mars et à toujours prévoir un peu le pire scénario pour être prêts. Et on sera prêts à toute éventualité.


Q. - Quels sont les scénarios sur lesquels l'organisation planche à l'heure actuelle?

R. Tous! On ne communique plus trop sur les scénarios parce qu'il y a trop de choses qui sont dites autour, trop de spéculations. Mais tous les scénarios que vous pouvez imaginer sont regardés. On le doit à nos partenaires, à nos fans de tous les explorer à fond, et c'est ce qu'on fait à l'heure où l'on se parle.


Q. - Déjà, l'on sait que près de la moitié de la saison sera amputée. S'il fallait qu'elle soit complètement annulée, quelles seraient les répercussions dans les différentes sphères de l'organisation? Est-ce que cela pourrait donner lieu à d'autres mises à pied temporaires?

R. On a fait des mises à pied temporaires, c'est important de le mentionner parce les gens sont toujours à l'emploi et bénéficient des assurances, des choses comme ça. Mais c'est sûr qu'il va falloir revoir et regarder ça en temps et lieu.

À ce point-ci, on ne peut pas rien garantir, on ne peut pas rien promettre. Ça va dépendre de beaucoup d'aspects, des ententes avec les commanditaires, des ententes de la ligue avec les partenaires. Au moment où l'on se parle, c'est assez difficile à dire.

Il attend une question d'un journaliste.

Mario Cecchini

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers


Q. - Le commissaire Randy Ambrosie a indiqué au début de mai [devant un comité permanent des finances de la Chambre des communes] que l'avenir de la Ligue canadienne de football (LCF) était très menacé par la pandémie. Quel est votre degré d'inquiétudes à cet égard?

R. Je pense qu'il y a un contexte à toute cette déclaration.

De notre côté, pour les Alouettes, Gary est là pour le long terme, il l'a mentionné déjà, moi aussi souvent. Il sait ce qui l'attend, il a acheté [l'équipe] en connaissance de cause. On va passer au travers cette crise et revenir plus fort, le but sera de revenir beaucoup plus fort.

Peu importe si l'on joue, peu importe le scénario qui sera retenu, l'un des buts évidents est de revenir plus fort au retour des activités et d'utiliser le temps qui est à notre disposition pour aller plus loin et pour être plus fort.


Q. - Qu'en est-il de la viabilité de la LCF lorsqu'il est question de présenter des matchs à huis clos?

R. Ça aussi, ça reste à voir, on est à regarder tout ça. Donc, je n'aime mieux pas trop commenter sur les scénarios, il y a trop de spéculations.

Vue aérienne du stade Percival-Molson

Le stade Percival-Molson, domicile des Alouettes de Montréal

Photo : Getty Images / Sébastien St-Jean


Q. - L'Impact de Montréal a obtenu la permission pour que ses joueurs puissent s'exercer en petits groupes, de façon volontaire, sur les terrains extérieurs du complexe d'entraînement de l'équipe. Est-il prévu que les joueurs des Alouettes leur emboîtent le pas dans les prochains jours, les semaines à venir?

R. Pour le moment, de notre côté, on n'a rien de prévu en ce sens. On s'assure avec les entraîneurs que tous les joueurs font le maximum pour rester en forme.

Pour l'Impact, c'est un peu différent parce qu'il avait commencé sa saison, le camp d'entraînement était terminé. Il cherche à revenir au jeu à court terme, alors je comprends très bien l'impatience que Kevin (Gilmore, le président de l'Impact) a manifestée, avec raison, pour que son équipe revienne [au Centre Nutrilait] et soit en forme.

C'est ce qui nous inquiète tous le plus, c'est que les joueurs ne soient pas dans une forme adéquate pour participer à des matchs. Chaque sport a ses défis.


Q. - Comment évaluez-vous le travail du nouveau directeur général Danny Maciocia sur le marché de l'autonomie et au repêchage national de la LCF?

R. On est très, très, très contents. On avait fait une promesse aussi au niveau du repêchage de s'assurer d'avoir des Québécois avec nous. Le talent dans la province est très fort, c'est très, très fort.

On était très heureux que Marc-Antoine Dequoy soit encore disponible quand on a eu à repêcher [au 14e échelon]. N'ayant pas de choix au premier tour, on était un peu inquiets. Ceci étant, avec les cartes que Danny avait à jouer, je pense qu'on s'en tire très, très bien. C'est aussi l'avis de plusieurs experts. L'équipe de recrutement était très contente.

C'est la même chose si l'on remonte à février sur le marché des joueurs autonomes. On a fait le plein de bonnes acquisitions qui nous mettent dans une bonne posture, qui amènent un peu plus de profondeur. Beaucoup de Québécois sont rentrés au bercail, j'en suis donc vraiment content. C'est une note très, très élevée à date pour Danny.

Ils se serrent la main.

Danny Maciocia (à gauche) et Mario Cecchini (à droite)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

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