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Une Québécoise court le marathon d'Ottawa... à Longueuil

Cathy Chabot est accueillie par sa famille après son premier marathon virtuel.

Cathy Chabot est accueillie par sa famille après son premier marathon virtuel.

Photo : Cathy Chabot

Jean-Patrick Balleux

Cathy Chabot devait courir son troisième marathon à vie à Ottawa. En raison de la pandémie, cette mère de 44 ans s’est façonné un 42,2 km dans les rues de Longueuil.

Dans la vie normale, celle d’avant la crise actuelle, je n’aurais jamais pensé faire ça, lance la marathonienne du dimanche.

Des 33 000 personnes inscrites pour le week-end de courses toutes distances d’Ottawa, environ 20 000 avaient l’intention de croiser le fil virtuellement, dont quelques centaines de marathoniens.

J’avais choisi Ottawa parce que les gens me parlaient de la foule incroyable, de l’ambiance, des encouragements et des affiches qui te motivaient à courir tout au long du parcours. Je me suis plutôt retrouvée à courir toute seule dans les rues de Longueuil.

Le choc de l’annulation du marathon d’Ottawa a été réel.

Avec la COVID, j’avais des doutes que ça pouvait arriver. Mais lorsque j’ai lu le courriel qui confirmait l’annulation de la course, j’ai cessé de courir pendant une semaine. J’étais découragée. Je savais ce qu’était un marathon virtuel, mais je n’y croyais pas.

Une passion : la course à pied

Puis, l’amour de la course à pied a pris le dessus sur la frustration d’être privée du moment tant espéré, tant attendu, tant préparé. L’organisatrice communautaire au CISSS Montérégie-Est a réalisé qu’elle avait beaucoup de proches qui vivaient entre son domicile de Saint-Hubert et le parc régional Michel-Chartrand à Longueuil.

Avec une application en ligne, elle s’est mise à dessiner un parcours passant devant les domiciles de ses amis et de sa famille élargie. De bonnes sources d’encouragement… et d’eau!

Il y a un mois, la passionnée de course à pied depuis 2011 a testé une partie de son parcours sur 28 km.

C’est là que j’ai réalisé que ça se tenait, que ça se pouvait. J’ai ensuite roulé le parcours au complet à vélo sur 42,4 km pour m’assurer que tout irait bien sur toute la distance.

Cathy Chabot

Le jour J est enfin arrivé. Le 24 mai, Cathy Chabot est sortie de sa maison et a pris le départ avec son conjoint et ses deux adolescents. Si elle a été transportée par l’énergie familiale durant les premiers kilomètres, la coureuse virtuelle a réalisé au kilomètre 10 qu’un marathon, c’est long. Surtout toute seule.

J’ai cassé au 17e. Mon corps allait super bien, mais ma tête me ramenait sans cesse au marathon de Montréal de l’an passé qui avait été très éprouvant. On était partis avec une heure de retard. Puis, il y avait la chaleur, confie-t-elle. J’ai eu le même feeling dans les rues de Longueuil hier. Je pensais à n’importe quoi et je devais sans cesse me battre avec ma tête pour me ramener à mon objectif. C’était très dur.

Le dossard du marathon virtuel d'Ottawa 2020

Le dossard du marathon virtuel d'Ottawa 2020

Photo : Jean-Patrick Balleux

Puis, des amis l’ont rejoint pour rouler ou courir avec celle qui portait un dossard sans nom.

Mes proches savaient mon nom. Alors, j’ai écrit : "Stick to the plan et merci d’être là" dessus.

Il y avait même des encouragements virtuels.

J’ai eu l’idée de demander à mon entourage de m’enregistrer des petits mots d’encouragement. J’en ai reçu une douzaine. Je les avais disposés sur ma playlist de musique au moment où je pensais que je serais rendue. Ils me disaient : "Go! Go! Go! Gilbert est avec toi." [Gilbert est son père, décédé du cœur il y a quelques années, NDLR]. Un ami m’a même enregistré une chanson. C’était super.

Un marathon virtuel très chaud

Si son âme était bien hydratée, son corps a souffert.

Ça n’a vraiment pas été facile dans la deuxième portion. Il faisait chaud. J’avais peur de manquer d’eau, explique la coureuse.

Elle s'est fait ravitailler en eau par ses amis, a couru avec une demi-banane dans la poche et a dégusté des gels d’énergie au sirop d’érable qu’elle avait fabriqués, car les magasins où elle se les procure habituellement étaient fermés depuis mars en raison de la pandémie.

C’était dur. Mon objectif était de 4 heures 24 minutes au rythme de 6 min 15 s par kilomètre. Hier, j’ai stoppé le chrono à 5 h 10 min avec un rythme de 7 min 20 s par kilomètre. J’étais fatiguée, rackée, mais tellement fière et heureuse. J’y suis arrivée.

Cathy Chabot pose fièrement après avoir réussi son  marathon.

La bière de la victoire pour Cathy Chabot, après avoir croisé le fil d'arrivée du marathon devant sa maison.

Photo : Cathy Chabot

La bière de la victoire

La famille de Cathy l’attendait devant sa maison avec une banderole… et une bière!

C’est une tradition pour célébrer. Comme j’arrête de boire de l’alcool quelques semaines avant un marathon, la bière est comme un symbole. Comme une mission accomplie.

Cathy Chabot a aussi reçu une médaille en carton après 42,2 km.

Je sais qu’il y en a pour qui la médaille n’a pas d’importance. Mais pour moi, elles sont toutes importantes. Elles sont dans une boîte. Chacune a son histoire , a expliqué la mère de deux enfants qui a reçu une médaille en carton avec le logo d’Ottawa d’un côté et le chiffre 19 de l’autre. Le 19, c’est pour la COVID-19, pour que je m’en rappelle, avec la date du jour qu’on n’oubliera pas!

Cathy Chabot

Elle recevra sa vraie médaille du marathon d’Ottawa en juin. D’ici là, le repos l’attend. Et peut-être des plans pour courir un autre marathon en 2021.

S’il n’y a plus de courses avant un bon bout, je pourrais refaire un marathon virtuel. Il va bien le falloir, car j’aime courir. Mais pour le faire, ça me prend un plan et un objectif. Alors, oui, pourquoi pas!

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