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Boisson pour sportifs ou eau : quelle est la meilleure option d’hydratation?

Il porte une boisson pour sportifs à sa bouche.

Un cycliste

Photo : Getty Images / Patrick McDermott

Christine Roger

Même si les différentes boissons pour sportifs sont extrêmement populaires, est-ce réellement le meilleur choix pour s’hydrater pendant ou après une séance d’exercices? Nos experts font le point.

D’abord créé pour l’équipe de football de l’Université de la Floride en 1965, le Gatorade a su traverser les décennies et conquérir autant l’athlète professionnel que le sportif amateur. Les boissons pour sportifs contiennent habituellement un mélange de glucides (sucres) et de minéraux, communément appelés électrolytes.

Les experts consultés sont unanimes. Si leur consommation n’est pas dangereuse, elle est tout simplement inutile pour la majorité des gens. Ce serait simplement de l’argent jeté par les fenêtres.

Pour un entraînement de moins d’une heure, l’eau sera amplement suffisante. La seule situation où la boisson pour sportifs pourrait être utile pendant cette période, c’est s’il s’agit d’un entraînement extrêmement épuisant et que la sudation est excessive, soutient Vanessa Perrone, diététiste-nutritionniste.

Lorsque l’exercice dure plus d’une heure, les boissons pour sportifs peuvent devenir une solution d’hydratation intéressante.

L'avantage du Gatorade, c’est que ça contient des électrolytes et beaucoup de glucides. Pendant un effort qui est de plus de 1 h 30 min, on a besoin des glucides parce que toutes nos réserves de glycogènes commencent à être vides, souligne Nicolas Leduc-Savard, diététiste-nutritionniste du sport. Le Gatorade permettra d’avoir de l'énergie rapidement et que nos réserves de glycogène soient renflouées jusqu'à la fin de notre entraînement.

Il boit de l'eau.

Un homme dans un champ

Photo : EvantoElements

Si les boissons sportives peuvent être bénéfiques dans certaines occasions pour les adultes,
la Société canadienne de pédiatrie a émis des mises en garde (Nouvelle fenêtre) concernant les enfants.

Les boissons sportives ne devraient pas être utilisées dans la vie de tous les jours par les enfants et les adolescents. C'est trop sucré et trop calorique, et c’est associé à une augmentation de l'obésité, affirme le Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialiste en médecine sportive.


Boire avant qu’il soit trop tard

Au-delà du débat entre l’eau ou ces boissons comme source d’hydratation, il faut avant tout être en mesure de reconnaître les signes avant-coureurs de la déshydratation.

À partir du moment où l’on ressent la soif, on est probablement à 2 % ou 3 % de déshydratation. Lors d’un entraînement, il faut s’assurer de remplacer les pertes d’eau en transpiration en buvant fréquemment. On ne peut pas attendre d'avoir soif pour prendre sa bouteille, affirme Vanessa Perrone.

L’idéal est vraiment de boire par intervalles, environ 15 gorgées toutes les 15 minutes pour absorber quelque 250 ml. Ingurgiter une grande quantité de liquide à la fin seulement de la séance d’entraînement est vraiment une habitude à proscrire.

Non seulement ça peut nuire à la performance, mais ça peut devenir très inconfortable au niveau gastro-intestinal. En buvant beaucoup d’eau, on vient submerger le système digestif. L’important est de fractionner, renchérit la diététiste-nutritionniste.

Si mal s’hydrater peut devenir dangereux, boire une trop grande quantité de liquide peut être tout aussi néfaste. À une certaine époque, on recommandait aux coureurs de s’abreuver lors de chaque point de ravitaillement et de boire le plus possible dans une épreuve d’endurance.

On s’est finalement aperçu que de s’intoxiquer à l’eau, c’était bel et bien possible. Dans le jargon médical, le phénomène s’appelle l'hyponatrémie induite par l'exercice.

Lorsque l’on fait de l’exercice, le sang est redirigé vers les muscles, et les reins en reçoivent donc un peu moins. Si l’exercice se prolonge, on tombe dans les mécanismes de secours : l'hormone antidiurétique. Le rein va absorber toute l’eau qu’il va voir, explique le Dr Ouellet.

Si quelqu'un boit comme un défoncé, avec ce signal de secours activé au niveau du rein, il risque de causer une diminution du sel dans son sang. C’est très dangereux. Ça peut causer des lésions et de l'enflure au cerveau, et générer une altération de l'état de conscience, des convulsions, un coma et même la mort, précise-t-il.

La soif. Voilà l’élément de référence auquel on devrait toujours se fier. Que l’on soit un athlète professionnel ou un sportif du dimanche, qu’on choisisse une boisson sportive ou de l’eau, la clé demeurera toujours d’être à l’écoute de son corps.

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