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Un meilleur cardio grâce au régime végétalien?

Elles se tiennent debout, côte à côte.

Les soeurs Venus et Serena Williams

Photo : Getty Images / Richard Shiro

Christine Roger

Lewis Hamilton, les soeurs Serena et Venus Williams, Tom Brady, nombreux sont les athlètes professionnels qui ont choisi de devenir végétaliens. Si certains ont adopté ce mode de vie pour une question éthique, d’autres cherchent à améliorer leurs aptitudes athlétiques.

Une telle alimentation a-t-elle réellement un impact positif sur leurs performances? Une équipe de chercheurs québécois s’est penchée sur la question.

Le Dr Antony Karelis, professeur au département de sciences de l’activité physique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a voulu démystifier la croyance selon laquelle un athlète doit manger beaucoup de viande pour être puissant, rapide et fort. Avec son équipe, il a publié une étude dans le prestigieux magazine European Journal of Clinical Nutrition qui illustre qu’un régime végétalien aurait bel et bien des répercussions positives sur les capacités cardiovasculaires.

Ce sont 28 femmes végétaliennes et 28 femmes omnivores, de 18 à 35 ans et avec des modes de vie similaires, qui ont participé au projet.

Aux yeux du Dr Karelis, les résultats de son étude sont sans équivoques.

Les femmes végétaliennes avaient un VO2 max plus élevé, ce qui veut dire qu’elles avaient une meilleure capacité cardiovasculaire. Et là où c’est devenu encore plus intéressant, c’est au niveau de leur endurance sous-maximale, affirme-t-il.

On a mis des femmes sur le vélo à un certain niveau de leur VO2 max et on leur a dit de pédaler jusqu’à épuisement. Les végétaliennes pouvaient faire du vélo plus longtemps que les omnivores. Leur endurance était clairement meilleure.

Dr Antony Karelis

Comment expliquer que le régime végane ait autant une influence sur les performances cardiovasculaires? Si le Dr Karelis n’est pas en mesure de l’expliquer avec certitude à la suite de cette première étude, il a tout de même ciblé trois hypothèses plus que probables.

Les végétaliens mangent plus de glucides que les omnivores. Quand vous mangez plus de glucides, vous avez plus de glycogène musculaire et c’est prouvé depuis longtemps que vous aurez ainsi une meilleure endurance, soutient-il.

On sait aussi qu’une diète qui est riche en antioxydants permettra d’avoir une meilleure endurance. Les végétaliens ont en général une alimentation plus riche en antioxydants que les omnivores, ajoute-t-il.

Enfin, le Dr Karelis croit que le profil inflammatoire plus faible des végétaliens, et donc leur meilleur système vasculaire, leur permettrait par le fait même d’augmenter leur niveau de performance.

La rue est bordée d'arbres.

Des hommes et des femmes courent sous la pluie lors d'un marathon.

Photo : EvantoElements

Le Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialiste en médecine sportive, est d’avis que l’alimentation végane ou végétarienne pourrait avoir plusieurs effets bénéfiques pour le corps humain, mais il estime qu'il faut tout de même demeurer vigilants.

Un régime végétalien doit être bien équilibré et supervisé puisque les risques de déficiences sont plus élevés. Il faut se rappeler que peu importe la diète d'une personne, tant que les apports en macronutriments (protéines, lipides, glucides) et en micronutriments (vitamines et minéraux) sont remplis, le corps va bien répondre.

Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialiste en médecine sportive

Si cette étude offre des pistes de réflexion intéressantes, plusieurs experts croient que la méthodologie devra être reproduite sur de plus grands groupes moins homogènes avant de pouvoir tirer des conclusions définitives.

Le Dr Karelis, quant à lui, croit que le résultat de son étude serait le même, même s’il avait été fait auprès d’hommes ou de personnes plus âgées.

Nicolas Leduc-Savard, diététiste et nutritionniste du sport, reconnaît la pertinence de cette étude, mais y ajoute quand même une précision. Selon lui, les résultats obtenus pendant un effet sous-maximal sont bel et bien attribuables à la proportion plus élevée de glucides contenue dans l’alimentation végétalienne, mais pas nécessairement au fait qu’aucun produit animal ne soit consommé.

Je pense qu’on observerait des résultats parfaitement similaires entre un groupe de jeunes femmes omnivores qui consommeraient une plus grande proportion de leurs calories sous forme de glucides et le groupe de femmes véganes, avance-t-il.

Si cette étude n’est que la pointe de l’iceberg pour comprendre tous les effets liés à la diète végétalienne, certains mythes sont aujourd’hui déboulonnés. Les steaks et les boissons à haute teneur en protéines, ce n’est plus une obligation pour les athlètes de pointe, bien au contraire.

Scott Jurek, l’un des plus grands ultramarathoniens du monde, en est la preuve vivante. Végétalien depuis 1999, il a notamment couru 267 kilomètres en 24 heures.

Après, difficile de dire qu’un tel mode de vie est un frein pour un athlète...

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