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Hockey féminin : Montréal garde son indépendance dans la nouvelle structure

Des joueuses au repos à leur banc

Des joueuses s'entraînent sous le regard de Danièle Sauvageau et de Marie-Phillip Poulin (à droite).

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Michel Chabot

L’Association des joueuses de hockey féminin (PWHPA) annonçait mercredi dernier qu’elle souhaitait établir une nouvelle structure en vue de la saison prochaine avec, notamment, cinq villes désignées pour des centres d’entraînement. Mais le groupe de Montréal, dirigé par Danièle Sauvageau, continuera d'opérer de façon indépendante.

Montréal est l'un des cinq centres au coeur de la stratégie de la PWHPA avec Toronto et Calgary, au Canada, de même que le Minnesota et le New Hampshire, aux États-Unis

Danièle Sauvageau tient à apporter certaines précisions à ce sujet.

La PWHPA a suivi de près les démarches du groupe de Montréal l'année passée et elle tente de reproduire le modèle. Alors pour nous à Montréal, ce n’est rien de nouveau, ça continue.

Danièle Sauvageau

C’est vrai en partie, répond Jayna Hefford, consultante aux opérations de la PWHPA. Nous avons créé cette structure après avoir consulté nos joueuses lors d’un sondage. Nous avions 180 membres l’an passé et 140 ont répondu. Et la plupart des répondantes disaient souhaiter une plus grande implication de l’association et un nombre accru de matchs.

Notre but est de fournir l’environnement le plus professionnel possible. Et à Montréal, ce qu’ils ont pu offrir aux joueuses constitue un modèle pour nous. Et nous aimerions reproduire des scénarios similaires dans toutes nos régions.

Les dirigeants des quatre autres centres sont désignés comme directeurs généraux sur le site Internet de la PWHPA. Sauvageau, elle, a plutôt le titre de présidente (chief executive officer).

Nous sommes une entité à part, précise-t-elle, en admettant qu'il y ait une certaine confusion. Je ne suis pas une directrice de l’association, je dirige le groupe de Montréal. J’ai fait un partenariat avec eux [la PWHPA, NDLR]. Mais ils ne gèrent rien. Ils ont choisi cinq endroits pour rediriger des ressources financières.

Grâce à ses commanditaires, l'association des joueuses redistribue effectivement de l'argent pour aider ses membres à trouver un meilleur cadre d'entraînement et elle veut désormais mieux répartir ces sommes.

L'année passée, nous soutenions huit régions différentes, explique Jayna Hefford. Il y avait deux groupes à Toronto et il n’y en aura maintenant plus qu’un. Il y avait un groupe dans le Tri-State (New York, New Jersey et Connecticut), il y en avait un autre à Buffalo, mais peu de joueuses y étaient rassemblées. Ça ressemblait davantage à des séances d’habiletés qu’à des entraînements structurés.

Alors, ce que nous faisons dorénavant, c’est de concentrer notre appui financier dans ces cinq régions afin de pouvoir y procurer de meilleures ressources aux athlètes. Notre association couvre les frais de location de glaces pour toutes les régions.

L’argent que l'association va envoyer à Montréal, c’est très peu par rapport à nos coûts, indique Danièle Sauvageau. Prenez une machine à aiguiser des patins, c’est 30 000 ou 40 000 $. Ce n’est pas juste la glace qu’on doit payer. Un environnement de haute performance, c’est comme celui qu’on fournit aux joueuses de l’équipe canadienne.

Danièle Sauvageau aimerait que les hockeyeuses d’ici puissent s’entraîner dans un seul et même aréna, avec des vestiaires permanents et une salle de musculation et d’exercice. L’Auditorium de Verdun est l’endroit souhaité, mais les rénovations n’y sont pas terminées. En 2019-2020, son groupe a donc dû s'entraîner sur diverses patinoires, dont celle de l'Université de Montréal et de la Place Bell.

Développer le talent local

Quelques joueuses de l’extérieur, comme l’Américaine Hillary Knight, sont venues s’entraîner à Montréal et plusieurs autres auraient voulu faire de même selon Danièle Sauvageau, qui soutient que seulement sept patineuses formaient le groupe de Calgary.

Mais celle qui s’implique dans le hockey féminin depuis 35 ans veut avant tout favoriser le développement des athlètes du Québec et elle réfléchit à un processus de sélection.

On est en train d’établir des critères, évidemment pour les Québécoises, dit-elle. On ne pourrait pas avoir 25, 30 ou 40 joueuses dont la moitié vient d’ailleurs.

La demande, c’est qu’il y ait 15 joueuses prêtes à venir dans les showcases [événements de la PWHPA]. Il y a des joueuses ici qui ne voudront pas nécessairement aller dans ces événements-là et seulement s’entraîner et jouer dans des matchs locaux. S’il y en a qui veulent jouer dans une ligue professionnelle la fin de semaine ou dans des matchs caritatifs, ce sont elles qui vont décider. Moi, ce que je veux, c’est avoir un encadrement d’entraînement à la hauteur de ce qu’elles méritent.

Pour passer à l‘étape 2, Danièle Sauvageau désire engager des entraîneurs, des préparateurs physiques et mentaux, des thérapeutes et des responsables de l’équipement. Mais elle aura besoin de fonds supplémentaires.

Le plan est fait. La COVID-19 a retardé beaucoup de choses, mais je vais laisser passer la tempête et je vais revenir cogner à la porte des commanditaires que j’avais approchés en décembre et janvier, explique-t-elle. Tout ça au nom de la passion du hockey féminin… pour que de génération en génération, on ait davantage de joueuses-clés qui viennent du Québec.

On retrouve 6000 joueuses de hockey au Québec, six fois moins qu’en Ontario.

Le projet d’une nouvelle ligue

La pandémie du coronavirus a également ralenti les ambitions de la PWHPA, qui souhaite créer un nouveau circuit professionnel. Jayna Hefford admet toutefois qu’il n’est pas illusoire de penser que ce projet puisse se réaliser, possiblement à l’automne 2022. Mais de nombreux détails restent à être réglés d’ici là.

Tant qu’il n’y aura pas de réel investissement, notre sport ne grandira pas. Et pour y arriver, nous devons nous associer avec une ligue existante et c’est la LNH qui est au sommet de la pyramide du hockey.

Sans les ressources et les infrastructures qui existent, c’est vraiment difficile de créer une ligue professionnelle, comme la WNBA, appuyée par la NBA, et la NWSL qui a la MLS, US Soccer et Soccer Canada comme partenaires. Et c’est ce dont nous avons besoin. Nous continuons d’avoir des discussions et une bonne relation, mais plusieurs pièces manquent encore au casse-tête.

Jayna Hefford, consultante aux opérations de la PWHPA

Au début de l’année, nous avons eu du succès au match des étoiles de la LNH avec 20 femmes qui ont pris part au duel à 3 contre 3, une première, poursuit-elle. Donc, oui, l’impact de la pandémie est dur pour nous, mais je reste optimiste et je crois que le sport contribuera à la relance de la société. Je crois qu’il y aura encore des investisseurs prêts à financer le sport et que nous retrouverons notre erre d’aller.

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