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Le sport étudiant québécois encore dans l’inconnu

Un joueur de football est poursuivi par ses adversaires.

Le quart-arrière des Carabins Frédéric Paquette-Perreault évite un plaqué.

Photo : Carabins de Montréal

Comme le disait si bien Bernard Derome lors des soirées électorales, si la tendance se maintient, les probabilités sont bien minces qu'il y ait du sport universitaire, tel qu’on le connaît, dès la rentrée des classes à la fin du mois d’août. 

Jusqu’à nouvel ordre, selon les recommandations de la santé publique, aucune compétition sportive n’est autorisée. Seuls certains sports individuels sont permis, mais en pratique libre et à l’extérieur seulement. 

En point de presse mercredi, le docteur Richard Massé a affirmé que les compétitions devraient être en pause jusqu’à ce que la pandémie soit contrôlée. 

Ce qui laisse bien peu d’espoir de voir la saison de football ou de soccer, par exemple, s’élancer comme prévu à la fin août. Dans les couloirs universitaires, on croit de moins en moins à une saison d’automne pour le football, ou du moins à une saison complète. 

Aucune université n’a toutefois officiellement communiqué sa décision d’annuler les activités de ses équipes sportives. 

Le président-directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), Gustave Roel, jongle de son côté avec une multitude de scénarios. 

Antoine Dansereau-Leclerc s'étire pour capter un ballon devant un joueur des Stingers.

Récemment nommé sur l'équipe d'étoiles du RSEQ, Antoine Dansereau-Leclerc a connu le meilleur match de sa jeune carrière, samedi après-midi.

Photo : Mathieu Belanger

Pour l’instant, on se prépare à tous les scénarios, incluant le scénario du pire, explique-t-il. On serait irresponsables de l’ignorer. On prépare aussi d’autres alternatives comme une saison écourtée ou encore déplacée. Normalement, une saison de football se joue sur 10 semaines, mais on ne ferme pas la porte à en jouer une de six.

De toute façon, insiste Roel, le RSEQ n’a pas le gros du bâton. Les universités, les cégeps et les écoles secondaires non plus d’ailleurs. Le retour du sport scolaire dépendra d’abord des décisions de la direction de la santé publique qui, pour l’instant, semble faire de la distanciation de deux mètres son critère cardinal. 

Le réseau du sport étudiant sera prêt dès que la santé publique nous donnera le feu vert. Pour l’instant, nous n’allons pas annoncer l’annulation de nos saisons parce que la situation évolue tellement rapidement. On s’enligne pour un retour graduel à la carte et les sports individuels reprendront très probablement avant les sports d’équipe.

Gustace Roel, président-directeur général du RSEQ

Déjà, plusieurs universités ont annoncé leur intention de dispenser la majorité de leurs cours en ligne lors de la session d’automne. L’Université de Montréal, McGill, Concordia et Laval, quatre institutions avec d’importants programmes sportifs, sont du lot. L’Université de Sherbrooke, elle, préconise une rentrée hybride. 

Est-ce que les étudiants-athlètes auront quand même accès aux campus et à leurs installations? Rien n’est clair pour l’instant. L’Université McGill, par exemple, a indiqué qu’elle explore ses options pour permettre une certaine vie étudiante sur le campus, mais dans le respect des protocoles de la santé publique. 

Dori Yeats porte le ballon pendant un match de rugby de l'Université McGill.

Dori Yeats (en rouge)

Photo : Derek Drummond

Les équipes ne veulent pas annuler leur saison trop vite, parce que personne ne sait à quelle vitesse les consignes de la santé publique peuvent évoluer. Il faudra voir aussi si les déplacements non essentiels seront permis entre les différentes régions du Québec ou du Canada. Il y a énormément de variables inconnues pour le moment. On peut être prêts à lancer nos activités en une ou deux semaines quand on aura le feu vert.

Plus de flexibilité au secondaire

Bien que le sommet de la pyramide soit le plus médiatisé, les athlètes du primaire et du secondaire forment la base du réseau du sport étudiant québécois. La reprise des activités pourrait être un peu plus rapide dans certaines régions. 

À la différence des sports universitaires et collégiaux, dont les ligues regroupent des équipes de plusieurs régions de la province, les ligues au secondaire sont d’abord régionales. Le RSEQ pourrait également adapter l’offre de service à la réalité des différentes régions. 

Par exemple, certains règlements pourraient être modifiés pour permettre la tenue de matchs ou de simples activités dans certains sports. La chose serait beaucoup plus complexe à implanter aux échelons supérieurs. 

On pourrait au basketball, par exemple, à la fois raccourcir et multiplier les périodes de jeu pour permettre aux jeunes de se laver les mains plusieurs fois par match, explique Gustave Roel. On veut vraiment tout évaluer.

Joueurs des deux clubs sur un terrain de basket de l'école secondaire Paul-Hubert de Rimouski

Joueurs du Sélect de l'école secondaire Paul-Hubert de Rimouski affrontant les Mustangs de l'école secondaire de l’Odyssée de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / René Levesque

Le RSEQ pourrait aussi annuler des championnats provinciaux, tout en maintenant ses championnats régionaux. Pour l’instant, la grande région de Montréal est particulièrement touchée, mais les choses pourraient changer. 

Nos deux mots d'ordre sont ajustements et flexibilité, conclut le président du RSEQ. D’ailleurs, je ne pense pas qu’on reçoive des précisions du ministère de l’Éducation d’ici la fin du mois de juin.

Beaucoup d’eau coulera sous les ponts d’ici la prochaine rentrée scolaire dans plus de trois mois. 

Du moins, si l’on se fie au rythme où tout déboule depuis la mi-mars, il y a deux mois. 

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