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Les clubs de golf québécois sur le tertre de départ

Un bâton de golf s'apprête à frapper la balle au sol.

Les amateurs de golf et propriétaires de terrains ont hâte au début de la saison

Photo : iStock

Jean-François Chabot

Au moment où s’amorce une première phase de déconfinement à l’extérieur de la grande région de Montréal, golfeurs et propriétaires de clubs piaffent d’impatience en attendant de pouvoir lancer leur saison.

La semaine dernière, la ministre déléguée à l'Éducation, Isabelle Charest, évoquait un calendrier de reprise des activités sportives dans certains secteurs et selon des conditions très strictes.

Jean-Louis Lamarre, professionnel associé depuis maintenant quatre ans au Club de la Vallée du Richelieu, à Sainte-Julie, au sud de Montréal, est de ceux qui s’activent à préparer le terrain et les conditions favorables pour jouer au golf de façon sécuritaire.

S'il n'est pas en mesure de fournir une date pour le début de la saison, M. Lamarre a sa petite idée sur les raisons qui retardent le feu vert des autorités pour la réouverture des terrains.

Ça devrait être la première chose, mais c’est encore vu comme un sport de privilégiés. Il n’y a pas beaucoup de capital politique à se faire en annonçant que les golfs rouvrent.

Jean-Louis Lamarre, professionnel au Club de golf de la Vallée du Richelieu

Même si tout le monde s’entend pour dire que le golf est fait pour la distanciation physique, M. Lamarre s’étonne en constatant que certains ont dénoncé le fait que des contacts indirects restaient possibles en touchant la tige du drapeau sur les verts.

La canne de tomates que t’as ramassée au supermarché n’est pas arrivée sur la tablette en volant, lâche-t-il avec une pointe d’ironie. Le chariot de golf n’est pas pire que le chariot du Costco ou du IGA.

Convaincu qu’il existe dans le monde beaucoup d’activités nettement plus dangereuses que le golf en matière de transmission de virus, il insiste sur le fait que personne ne s’approche à deux mètres l’un de l’autre durant une ronde.

Même quand on joue en équipe, on ne s’approche pas. Les high fives, on voit ça dans les annonces de bière, pas dans la vraie vie, lance-t-il avec humour, trait de caractère familial qu’il partage visiblement avec sa sœur comédienne Chantal Lamarre.

Des propositions concrètes

Les associations de golf du Québec, qui regroupent à la fois les surintendants, les golfeurs amateurs et professionnels, ainsi que les propriétaires, ont tenu, à distance, une table de concertation afin de proposer un protocole de retour au jeu qui assurerait la sécurité des joueurs comme des employés des clubs de golf.

Un train de mesures y a été proposé dans l’espoir que les autorités de la santé publique permettent l’ouverture d’une saison qui, dans bien des cas, a déjà pris plus d’un mois de retard.

On a fourni au gouvernement la liste complète de tous les gestes que nous comptons poser pour respecter les consignes et les décrets adoptés en marge de la pandémie, explique M. Lamarre.

Dans le document, dont Jean-Louis Lamarre a fourni copie à Radio-Canada Sports, tout a été passé en revue, des chalets et restaurants qui demeureraient fermés, au comportement exigé des joueurs.

Voici un aperçu des propositions mises de l’avant :

  • Respect de la distanciation sociale (aucun rassemblement toléré);
  • Seuls les parcours, casse-croûtes extérieurs, aires d'entraînement, boutique (avec accès extérieur direct) et les toilettes seront accessibles;
  • Les golfeurs devraient se présenter, au plus tôt, 30 minutes avant l’heure prévue de leur départ réservé. Les heures entre les départs devraient être suffisamment distancées afin d’éviter des congestions le long du parcours;
  • Les joueurs devront s'en aller (sans se serrer la main) aussitôt qu’ils auront complété leur ronde;
  • Un seul golfeur par voiturette électrique. Celles-ci, de même que les chariots, seront nettoyées et désinfectées après chaque utilisation;
  • Mise en place de dispositifs sans contact pour récupérer la balle dans le trou. Les joueurs ne devront pas toucher la tige du drapeau;
  • Il n’y aurait pas de râteau dans les fosses de sable. Les joueurs seraient invités à remettre la fosse en état avec leurs souliers;
  • Les cartes de pointage et les crayons ne seront distribués que sur demande;
  • Aucune vente de nourriture ou de boissons sur le terrain. Aucun point de distribution d’eau (les joueurs devront apporter leurs propres bouteilles);
  • Mise en place de panneaux d’acrylique, distributeurs de gel antiseptique et distanciation afin de protéger les joueurs et les employés.

Impact financier indéniable

Jean-Louis Lamarre dit que l’inquiétude, quoique limitée, est bien réelle pour les propriétaires de terrains de golf, qu’ils soient publics ou privés.

Le fait demeure qu’au lendemain d’une éventuelle réouverture, aucun tournoi ni événement (banquets, mariages, conférences, etc.) ne pourront être tenus dans les espaces des clubs. Tout ça afin de respecter la distanciation et l’interdiction des rassemblements publics.

Il sourit sur le vert avec la mer en arrière-plan.

Jean-Louis Lamarre s'adonnant à son sport favori à Varadero, à Cuba, en 2016

Photo : Courtoisie Jean-Louis Lamarre

Il en sera probablement ainsi pour le reste de l’année. En ce qui a trait aux clubs privés, la plus grande part des revenus provient des abonnements et des frais d’adhésion des membres. Pour les autres, les services autres que le golf peuvent générer jusqu’à 40 % des revenus annuels, dit-il.

M. Lamarre précise toutefois que si les revenus sont en baisse, il en sera de même pour les dépenses liées à l'exploitation et aux salaires du personnel.

Passage à vide sportif

Déjà aux prises avec des difficultés organisationnelles depuis le départ pour maladie de son grand responsable Jean Trudeau (Nouvelle fenêtre), le calendrier de compétitions du Canada Pro Tour (ex-circuit de l'AGPQ) est réduit à néant depuis maintenant plus d’un an.

Aux dires de M. Lamarre, le circuit qui battait déjà de l’aile en 2019 n’aura rien à offrir en raison du fléau du coronavirus.

C’est vraiment triste pour les jeunes et pour la relève. Il y a un tas de bons joueurs entre 24 et 34 ans qui sacrifiaient une partie de leurs revenus en tant qu’instructeur pour participer à des tournois. La situation actuelle n’augure rien de bon pour eux puisqu’il n’y avait encore rien de prévu cette année.

Jean-Louis Lamarre

Quand on lui demande comment il se fait que personne n’ait été en mesure d’assurer l’intérim en l’absence de Jean Trudeau, il est catégorique.

C’était trop tard. C’était son bébé. Il avait ses commanditaires, les dates des tournois. Il s’occupait de réserver les terrains. Il faisait un très bon travail. Personne au sein de son organisation n’aurait pu prendre la relève, ça, c’est bien certain. Il voulait tout faire. Un gars qui contrôle et qui est bon, c’est le fun. Mais quand tu tombes au combat, tu es mal pris. Même les États-Unis ont un vice-président, explique-t-il.

Bien que quelques tournois, comme la Coupe Canada, à Victoriaville, ont choisi de continuer l’œuvre de manière indépendante, beaucoup d’autres ont simplement disparu.

Il y a aussi de petits regroupements de joueurs qui mettent sur pied de petits tournois, où ils s’occupent de tout, en plus de payer leurs droits d’inscription.

Mais on est encore loin du genre d’organisation qui pouvait servir de tremplin vers les tournois du circuit canadien et, éventuellement, vers la PGA.

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