•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un difficile retour au dojo attend Catherine Beauchemin-Pinard

Elle est couchée au sol sur le côté droit et s'étire la jambe droite

Catherine Beauchemin-Pinard

Photo : Jasmin Beaudry

Catherine Beauchemin-Pinard a été obligée de structurer ses journées pour vivre au mieux le confinement obligatoire. Judo Canada l'a beaucoup aidée.

Elle est classée au 9e rang mondial chez les moins de 63 kg. La judoka a vu son parcours de sélection olympique s'interrompre brusquement à la mi-mars.

Comme bien des gens, elle a d'abord pensé que ce confinement serait de courte durée, et que c'était l'occasion de décrocher un peu, avec les Jeux olympiques reportés à l'été 2021.

Dans le judo, il n’y a pas de saison off, alors je me suis dit la première semaine : "Je peux respirer un peu, relaxer." Pas de cadran le matin, dodo un peu plus tard, quitte à se tenir en forme dans l’après-midi. Mais après une semaine, je me suis dit qu’il fallait que j’aie une routine, que je me structure, explique-t-elle.

Je me suis organisée assez vite. C’est ça qui me tient sur la route, et c’est pour cela que je me sens en général bien. J’ai une bonne organisation, confirme-t-elle, et je sais ce que je vais faire dans ma journée.

Catherine Beauchemin-Pinard fait un exercice chez elle.

Catherine Beauchemin-Pinard

Photo : Jasmin Beaudry

La routine, autant dans ma mise en forme que dans mon quotidien, m’a plus motivée. Il y a des athlètes qui préfèrent faire deux entraînements dans la journée. Moi, j’en fais un gros le matin de 2 heures à 2 heures 30, ce qui me permet ensuite de vaquer à mes occupations.

Pour son programme de mise en forme, Catherine Beauchemin-Pinard y est allée par étape. Les trois premières semaines de confinement, elle a travaillé seule en trouvant des exercices à faire sur YouTube, son meilleur ami.

Je me suis donné quatre objectifs principaux : améliorer mon cardio, ma souplesse, mon agilité et garder ma masse musculaire. Je voulais prendre le temps de faire ou d’améliorer des trucs que j’ai moins le temps de faire d’habitude, car c’est moins dans mes priorités.

Catherine Beauchemin-Pinard

Le soutien virtuel de Judo Canada

Après deux semaines de confinement, Judo Canada a compris que les athlètes ne reviendraient pas à l’entraînement de si tôt. La fédération a alors installé des plateformes virtuelles pour qu'ils puissent s'entraîner avec des séances supervisées.

Le lundi et le mercredi, on peut se connecter durant une plage horaire de trois heures, de 9 h à midi. On n’est pas trop en même temps, et ça permet de bien travailler avec notre préparateur physique qui est connecté. Je vois la différence quand je fais un exercice exactement de la façon appropriée, l’exercice est plus dur.

Photo d'un écran d'ordinateur avec les gens qui se parlent.

Les athlètes et les entraîneurs en vidéoconférence. Antoine Valois-Fortier est en bas à gauche, et Catherine Beauchemin-Pinard juste au-dessus

Photo : Facebook/Judo Canada

Ces entraînements sont adaptés avec les outils qu’on a à la maison. Moi, j’ai des chaises et des élastiques. Et comme poids, j’utilise des sacs de riz. Mais je dois faire attention qu’ils ne s’ouvrent pas!

Catherine Beauchemin-Pinard

Le vendredi, c'est avec l’entraîneur Sasha Mehmedovic que le groupe a rendez-vous.

On fait des techniques de judo avec les élastiques. Et on est tout le monde ensemble, c’est le fun à faire en groupe. C’est motivant, lance-t-elle. Pour ça, c’est bien d’avoir la connexion, même si ça ne remplace pas le dojo.

Catherine Beauchemin-Pinard fait un exercice chez elle avec des élastiques.

Catherine Beauchemin-Pinard

Photo : Jasmin Beaudry

Enfin, Judo Canada a installé le programme Runkeeper (Asics) et donne des défis aux athlètes, comme courir 25 km par semaine. Le programme enregistre le rythme, la vitesse et le nombre de kilomètres parcourus.

Recommencer, mais quand?

Catherine Beauchemin-Pinard se rend compte comme tout le monde qu'il faudra du temps avant que tout revienne à la normale. Et, par surcroît, pour le judo, un sport de combat qui, par définition, ne peut se pratiquer en respectant les directives de distanciation.

Je ne sais pas quand ça va recommencer, et ça me démange, admet-elle. L’INS Québec ne nous a pas encore donné de date de retour. C’est clair qu’on ne pourra pas reprendre notre judogi et retourner au dojo nous entraîner en judo. C’est impossible d’avoir deux mètres de distance en faisant du judo.

L’INS Québec va d'abord rouvrir sa salle de conditionnement physique, croit Beauchemin-Pinard.

Juste de se voir, même à deux mètres de distance, ce sera plus le fun que d’être chacun chez soi, admet-elle.

Les difficultés à venir au dojo

La Montréalaise, qui aura 26 ans en juin, sait qu'elle va souffrir en revenant au dojo.

Le judo, c’est une question de feeling avec les doigts. La grip, ça va faire mal, affirme-t-elle. Tu perds la sensation d’attraper le judogi de ton adversaire. Et il y a le judogi qui frotte sur la peau, ça va chauffer. Et puis, il y a le cardio d’un combat, ce n’est vraiment pas le même cardio que pendant une course, car c’est un cardio musculaire, on tire, on pousse l’autre.

Les deux se tiennent.

Catherine Beauchemin-Pinard, en judogi blanc, agrippe le judogi bleu de son adversaire.

Photo : Gabriela Sabau

Je n’ai jamais pris une aussi longue pause du judo. Ça prendra peut-être un bon mois pour retrouver la forme, mais peut-être plus, je ne sais pas trop. C’est pour cela que je veux garder ma forme, pour que ça prenne le moins de temps possible.

Catherine Beauchemin-Pinard

L'athlète ne s'en fait pas outre mesure, car tous les judokas de la planète seront dans le même bateau.

Un calendrier international allégé

Ce qui la préoccupe le plus, c'est le calendrier que préparera la Fédération internationale de judo d'ici aux Jeux olympiques de Tokyo à l'été 2021.

Notre sélection n’était pas terminée. Elle finissait à la fin mai, mais on a manqué les compétitions de mars, avril et mai. Donc, la sélection va reprendre dès que les compétitions vont reprendre, et ira jusqu'à la fin juin 2021, c'est un mois de plus que prévu. C'est bien, car je ne pense pas qu'on aura un calendrier normal.

Toutes les compétitions internationales vont compter pour le classement olympique, et je pense qu’on aura le nombre de compétitions qui nous restaient pour la sélection olympique. Mais elles seront plus étalées dans le temps, croit-elle.

Mais on ne sait vraiment pas quand on va recommencer. On est encore dans l'inconnu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !