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La zénitude de Nicholas Hoag face à l’incertitude des Jeux de Tokyo

Il fait un smash.

Nicholas Hoag

Photo : La Presse canadienne / Richard Lam

Alexandre Couture

En l’espace de deux mois, Nicholas Hoag a connu l’extase d’une qualification olympique in extremis ainsi que la déception du report des Jeux. Malgré ces montagnes russes d’émotions causées par la pandémie de COVID-19, le joueur de volleyball a les deux pieds bien ancrés sur terre.

Hoag joue pour l’Asseco Resovia de Rzeszów dans la ligue professionnelle de volleyball polonaise. Au début du mois de mars, il a dû précipiter son départ d’Europe.

Je suis parti de la Pologne le 17 mars, j’ai essayé de sortir de là le plus vite possible, la saison n’était pas encore finie, explique-t-il. Avec les vols qui se faisaient de plus en plus rares, j’ai demandé au propriétaire si je pouvais partir. Il m’a dit oui à condition que je revienne si la saison reprenait. Je voulais vraiment partir de l’Europe parce que la situation là-bas commençait à être chaotique.

Le Québécois est maintenant confiné à Ottawa avec sa copine. Hoag, à l’image des autres athlètes aux quatre coins de la planète, tente de se tenir en forme du mieux qu’il le peut en attendant l’assouplissement des mesures de confinement.

Je suis en contact avec le préparateur physique d'Équipe Canada, j’ai des cycles d’entraînement qui changent chaque mois. Malheureusement, je n’ai pas tous les outils dont j’ai besoin, mais je fais avec ce que j’ai. Je suis dans un appartement, je n’ai pas de cour arrière.

Ils sourient.

Glenn Hoag (à gauche), entraîneur de l'équipe canadienne, avec son fils Nicholas

Photo : La Presse canadienne / Richard Lam

Une pause physique et mentale

Pour l’athlète de 27 ans, la pause forcée par le coronavirus n’apporte pas que du négatif. Il en profite pour soigner de vieilles blessures et se reposer physiquement et mentalement, un luxe rarissime avec le calendrier chargé du volleyball international.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de pause physique pour le genou et les épaules, dit-il. Au volleyball, tu n’as pas vraiment de saison morte, on n’a jamais plus de deux semaines de temps libre par année. Ça fait du bien de se sortir la tête du sport.

Cette pause salutaire lui permet de prendre le temps de méditer régulièrement. Le médaillé de bronze des Jeux panaméricains de 2015 a intégré la méditation à sa routine d’entraînement, il y a quelques années.

On a commencé à travailler avec un préparateur mental en 2015, j’ai appris beaucoup avec lui. Ça m’a aidé beaucoup dans mon jeu au volley. Ça amène une sérénité mentale, ça renforce ma concentration. Ça m’aide beaucoup sur le terrain. En plus, je n’ai besoin de rien pour faire ça. J’essaye d’en faire 3 à 4 fois par semaine.

Nicholas Hoag

Ça te ramène à l’important, à toi, ta famille, ton entourage, c’est quelque chose qui aide à rester dans le moment présent.

Ils serrent les poings et crient.

Nicholas Hoag et TJ Sanders célèbrent un point du Canada contre Cuba lors du tournoi de qualification olympique, à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / RICHARD LAM

Deux mois qui changent tout

C’était en janvier dernier : l’équipe canadienne de volleyball était à Vancouver pour un tournoi de la dernière chance. La troupe de Glenn Hoag devait gagner tous ses matchs pour espérer une deuxième qualification olympique d’affilée, une première dans l’histoire de l’équipe canadienne.

Le Canada a finalement réussi cette mission avec panache avec, notamment, une superbe remontée en demi-finales face à Cuba. Les représentants de l’unifolié ont ainsi récolté le 12e et dernier billet disponible pour le Japon.

Puis, deux mois plus tard, la joie a fait place à l’incertitude avec le report officiel des Jeux olympiques de Tokyo à 2021. Hoag a suivi la situation de près, mais le dénouement ne l’a pas réellement surpris.

Je suis content que les Jeux n’aient pas été annulés au complet, ça m’aurait brisé le cœur vraiment, lance-t-il. Je suis content que ça soit décalé d’une année, même si rien n’assure que ça va être réglé l’an prochain. On a un groupe sur Whatsapp, le directeur général de l’équipe nationale nous tient au courant de tout ce qu’il se passe avec, entre autres, les décisions du gouvernement.

Encore une fois, Hoag préfère voir le bon côté des choses. Selon lui, l’année supplémentaire permettra à l’équipe de prendre un peu plus d’expérience avant d’affronter les meilleures formations de la planète aux Jeux olympiques.

Le colosse de 2 m (6 pi et 7 po) assure que le moral des troupes est excellent, en particulier depuis que le Comité international olympique (CIO) a confirmé que les qualifications déjà acquises seraient maintenues jusqu’aux Jeux.

On garde notre qualification, c’est un poids de moins sur nos épaules. Quand ç'a été annoncé, deux semaines après le report des Jeux, ç'a été un soulagement pour toute l’équipe. Le fait qu’on soit qualifiés, c’est quelque chose qu’on peut s’enlever de la tête.

Nicholas Hoag

La sérénité qui habite le jeune vétéran est peut-être en partie due au fait qu’il peut compter sur l’oreille attentive de son père Glenn, qui est aussi l’entraîneur de l’équipe canadienne. Celui qui a piloté le Canada aux Jeux de Barcelone et à ceux de Rio est installé en Turquie avec le reste de la famille, dont le frère de Nicholas, Christopher, également joueur professionnel de volleyball.

On en discute souvent [des effets de la pandémie sur la préparation olympique], je suis pas mal sûr que ça va être au centre de nos discussions pour encore un bon bout. Participer aux Jeux olympiques pour une deuxième fois avec lui, ça serait vraiment magique. Mais bon, c’est au-dessus de notre contrôle.

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