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Retour du sport professionnel : des obstacles se dressent sur le chemin des ligues

Les gradins sont vides.

L'aréna Banque Scotia, domicile des Maple Leafs de Toronto

Photo : La Presse canadienne / Franck Gunn

Radio-Canada

Il y a de plus en plus de discussions quant au moment où le sport professionnel nord-américain émergera de la crise de la COVID-19. Mais pour traverser la frontière, les athlètes ont besoin du statut de travailleur essentiel qu’ils n’ont pas encore obtenu.

La NBA a annoncé que ses joueurs pourraient bientôt recommencer à s’entraîner. Mais selon ce que NBC publiait jeudi, les propriétaires d’équipes seraient de plus en plus nombreux à suggérer que la saison soit carrément annulée afin de se concentrer sur la santé publique et sur un retour au jeu pour la campagne 2020-2021.

Le baseball majeur (MLB) et la Ligue nationale de hockey (LNH) continuent d’évaluer des scénarios pour ramener leurs joueurs au jeu.

La LNH considère un plan qui comprend au moins quatre villes, tandis que la MLB pourrait amorcer une saison de 80 matchs autour du 4 juillet.

Il y a toutefois des obstacles de santé et de logistique qui se dressent sur la route de ces circuits. Et les équipes canadiennes auront d’autres barrières à franchir aussi.

Un grand défi pour les Raptors

La NBA, par exemple, planifie un retour à l’entraînement le 8 mai malgré de sérieuses restrictions. Ce sera un défi pour les Raptors de Toronto, champions en titre de la ligue. Durant le confinement, plusieurs de leurs joueurs sont retournés chez eux, aux États-Unis.

Or, tous les travailleurs qui ne sont pas considérés comme essentiels ne peuvent traverser la frontière. Les membres américains des Raptors pourraient-ils obtenir la permission de revenir s’entraîner dans la Ville Reine?

Plusieurs concessions devront être faites. Le déplacement du voyageur est-il essentiel?

Tous les voyages d’une nature optionnelle ou discrétionnaire, incluant le tourisme et les loisirs, sont couverts par ces mesures, dit Judith Gadbois St-Cyr, porte-parole de l’Agence des services frontaliers du Canada.

En résumé, il faut déterminer si le voyage est essentiel ou pas. Si la raison invoquée par un voyageur pour entrer au pays n’est pas considérée comme essentielle en fonction des restrictions actuelles, on ne lui permettra pas d’entrer au Canada.

Judith Gadbois St-Cyr, porte-parole de l’Agence des services frontaliers du Canada

Actuellement, le statut des athlètes professionnels les empêcherait de traverser la frontière. Et on ignore encore si les règles seront assouplies.

Je ne ferais pas d’hypothèse sur des décisions futures ou sur quelques changements, a ajouté Mme Gadbois St-Cyr.

Et selon Sergio Karas, avocat torontois spécialisé en immigration, les athlètes professionnels auront du mal à prouver qu’ils sont des travailleurs essentiels.

Je dirais que les gouvernements des États-Unis et du Canada devraient en arriver à un plan commun pour que les restrictions soient levées ou modifiées, soutient Me Karas.

Selon lui, les ligues devraient obtenir des garanties de la part des dirigeants des deux côtés de la frontière quant aux déplacements des joueurs avant d’aller de l’avant avec leurs plans de relance.

Les ligues sportives en Amérique du Nord sont extrêmement sophistiquées et puissantes, ajoute Me Karas. Leurs voix sont très importantes. Elles ne bougeront pas tant qu’il n’y aura pas quelque chose de solidement établi.

Il dit aussi qu’il y a de fortes probabilités pour que les ligues trouvent une manière de contourner les règles quant au confinement obligatoire de 14 jours pour toutes personnes arrivant au Canada en provenance des États-Unis. Une telle règle nuirait grandement à la reprise des activités des ligues.

Il faudrait qu’une entente soit conclue afin qu'une exemption soit prévue pour le sport.

Sergio Karas, avocat spécialisé en immigration

Si des athlètes tentaient de revenir de l’Europe, ce serait un autre dossier, précise M. Karas. Ils pourraient tout de même revenir. Il y a une façon pour eux d’obtenir une permission spéciale.

Des enjeux de santé et de sécurité

Au-delà de la question des voyages, il y aura des règles en matière de santé et de sécurité à considérer. En Ontario, un avis d’urgence provinciale en vigueur jusqu’au 6 mai empêche les rassemblements de plus de cinq personnes. Or, la NBA espère que les équipes pourront rouvrir leur centre d’entraînement le 8 mai.

Les Raptors s’en remettent à une liste de mesures de sécurité établies par la ligue et qui devraient être mises en place avant le retour des joueurs.

Nous avons l’intention de nous plier entièrement aux exigences locales, provinciales et fédérales et nous suivrons toutes les recommandations en matière de santé publique en ce qui a trait aux rassemblements et aux voyages. La sécurité de notre communauté, de nos employés et de nos joueurs est notre plus haute priorité, a déclaré Jennifer Quinn, porte-parole des Raptors.

Dans une note remise aux équipes cette semaine, la NBA a émis une longue liste de mesures, dont celles-ci :

  • pas plus de quatre joueurs seront permis au même moment dans le centre d’entraînement;
  • les joueurs et les entraîneurs doivent garder une distance de deux mètres entre eux;
  • Un seul joueur peut tirer vers un panier (deux joueurs ne peuvent viser le même panier).

Manifestement, les préoccupations continuent d’être élevées, comme toujours, quant à la santé de tous, y compris celle des membres des Raptors et nous déterminerons avec la province ce qui est le mieux pour permettre ce genre d’activités limitées au centre d’entraînement, a déclaré John Tory, maire de Toronto, plus tôt cette semaine à une station de télévision locale.

Ces mesures semblent être conformes avec les règles provinciales actuelles. Mais les dirigeants du gouvernement ont refusé de dire si les Raptors pourraient retourner à leur centre d’entraînement le 8 mai, même de façon limitée.

Des tests pour tous

Plus que tout (si les cotes d’écoute du récent repêchage de la NFL en sont une indication), les amateurs ont envie de regarder du sport en direct, même dans des amphithéâtres vides. Tous les plans permettant que des matchs aient lieu requerront que les joueurs et le personnel de soutien soient soumis à des tests de dépistages fréquents.

Et cela soulève d’autres problèmes. La NBA et la LNH ont déjà essuyé des critiques parce que des joueurs apparemment en santé ont subi des tests, alors que la population n’y avait pas accès.

En Allemagne, où la Bundesliga vise un retour au jeu à huis clos en mai, de grandes quantités de tests seront nécessaires. Les dirigeants de la ligue prétendent qu’il en coûtera 3 millions de dollars pour faire passer 25 000 tests aux quelque 1100 joueurs.

Il y a une grande demande pour le retour du sport à tous les niveaux et sous toutes ses formes. En même temps, la priorité doit être que les dirigeants de notre système de santé publique provincial aient suffisamment de tests, qu’ils puissent faire ceux qu'ils jugent nécessaires pour que les gens retournent au travail en Ontario, a ajouté Paul Melia, président du Centre canadien de l'éthique dans le sport.

Si ça n’est pas mis en péril d’une façon ou d’une autre par les procédures de relance du sport professionnel, je crois que les gens seront à l’aise avec ça.

D'après un reportage de Jamie Strashin de CBC Sports

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