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chronique

COVID-19 : Hockey Québec planche sur un plan « extrême »

Le logo de la fédération

Hockey Québec

Photo : Twitter/@HockeyQuebec

BILLET - Tant qu’un vaccin contre la COVID-19 ne sera pas accessible à la population et que les consignes de distanciation sociale seront en place, la pratique du hockey ne sera plus la même au Québec. C’est ce que révèle le scénario qui circule dans les officines de Hockey Québec (HQ) en vue de la prochaine saison.

Hockey Québec doit déposer un plan d’action au ministère de l’Éducation (la ministre déléguée Isabelle Charest chapeaute les fédérations sportives québécoises) vers la fin du mois de mai. Et ledit plan devra proposer une nouvelle organisation de la structure du hockey mineur qui tiendra compte du contexte de pandémie (distanciation et hygiène).

Au cours des derniers jours, les présidents des régions ont été informés de la situation, et pas moins de sept comités ont été formés afin d’accoucher d’une solution qui respectera les consignes et qui paraîtra satisfaisante aux yeux du gouvernement pour permettre aux enfants de continuer à pratiquer le hockey.

Sur le terrain, les grandes lignes d’un plan envisagé commencent à circuler par courriel parmi les présidents d’associations de hockey mineur. Pour tâter le pouls, des dirigeants de la fédération font aussi des appels à des interlocuteurs de confiance qui travaillent sur le terrain. De plus, Radio-Canada a obtenu copie d'un document d’information qui détaille les mesures envisagées.

Selon le scénario décrit, les déplacements d’une ville à l’autre et d’une région à l’autre seraient abolis au cours de la prochaine saison. Et les associations de hockey mineur seraient mandatées pour organiser du hockey strictement local auquel ne participeraient que des membres de leur propre organisation.

En gros, les associations de hockey mineur seraient confinées. Elles joueraient en vase clos les unes par rapport aux autres.

Toute la structure de compétition actuelle, tant civile que scolaire, et à tous les niveaux de jeu, serait donc temporairement démantelée. Même le sommet de la pyramide de développement québécoise, la Ligue midget AAA, serait soumis à ces contraintes.

Qui plus est, les équipes et les matchs seraient aussi organisés différemment. Les équipes seraient désormais composées d’un maximum de six joueurs (plus un gardien) ou de huit joueurs (plus un gardien), et les matchs seraient présentés selon une formule 3 contre 3 ou 4 contre 4.

Ils tendent le bras vers un trophée soulevé au-dessus de leurs têtes.

De jeunes joueurs de hockey

Photo : Tournoi international de hockey pee-wee de Québec

Ces mesures permettraient notamment aux joueurs de respecter des mesures de distanciation à l’intérieur des vestiaires ainsi que sur le banc durant les matchs. Sur la patinoire, la formule 3 contre 3 est celle qui limite le plus les affrontements physiques entre les joueurs.

Parmi les règlements qui seraient modifiés, on note l’abolition des mises en échec dans toutes les catégories. De plus, le port de la visière complète serait envisagé pour tous les joueurs, par opposition au port de la grille traditionnelle, afin d’empêcher le partage de fines gouttelettes de sécrétion. Là-dessus, un responsable de la fédération tempère et souligne qu’il faudra d’abord obtenir l’avis de spécialistes.

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Bien qu’embryonnaires, les grandes lignes de ce plan suscitent beaucoup de réactions au sein de la structure. Le début de la saison du hockey mineur n’étant prévu que pour l’automne, les acteurs du milieu avaient bon espoir, jusqu’ici, de voir la vie reprendre son cours normal après l’été.

J’ai été estomaqué en voyant cela. Ça dénaturera le hockey et ça soulève toutes sortes de questions. Mais, en même temps, je lève mon chapeau aux dirigeants de la fédération. Ils sont proactifs et ils essaient d’offrir aux enfants un contexte qui leur permettra de pratiquer leur sport tout en respectant les consignes gouvernementales, fait valoir un président d’association qui a été mis au fait des changements envisagés par Hockey Québec.

Dans plusieurs entrevues accordées la semaine dernière, le médecin en chef de Hockey Canada, le Dr Mark Aubry, avait clairement indiqué que les dirigeants de la fédération nationale n’avaient encore aucune idée de la manière dont un retour au jeu pourrait s’effectuer. Ni du moment où les joueurs pourraient recommencer à fréquenter les arénas.

Quatre phases de déconfinement ont été prévues pour permettre à la société de reprendre graduellement ses activités, et il est certain que les sports collectifs pratiqués à l’intérieur, comme le hockey, figureront parmi les derniers à recevoir le feu vert des autorités de la santé.

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Le président de Hockey Estrie, Gilles De Blois, estime que la machine s’emballe trop rapidement et que des membres de la fédération québécoise tirent des conclusions trop rapides quant aux orientations qui seront prises. Le document transmis par HQ est pourtant très clair quant à la direction à emprunter.

Dire que la formule du hockey 3 contre 3 sera retenue équivaut à présumer des solutions qui seront retenues par les comités qui viennent d’être formés et qui devront, au final, passer par le filtre de la santé publique, dit Gilles De Blois.

Pour sa part, le président de Hockey Montréal, Yves Pauzé, a déjà commencé à demander à ses associations locales de se préparer à organiser du hockey 3 contre 3 la saison prochaine. Il ne voit pas comment le hockey pourrait être pratiqué normalement tout en respectant les consignes de distanciation sociale.

On va laisser travailler les comités, mais rappelons que les solutions proposées à la ministre devront être assez sérieuses pour être approuvées par les autorités. Il est évident que nous ne pourrons tenir des camps de sélection et entasser des jeunes dans les vestiaires l’automne prochain.

Yves Pauzé, président de Hockey Montréal

Par ailleurs, les réalités régionales ne sont pas toutes les mêmes par rapport à la COVID-19, et je ne serais pas surpris que Montréal soit incapable de relancer ses activités en même temps que d’autres régions, explique-t-il.

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Elle regarde le jeu au loin.

Une gardienne devant son filet

Photo : Radio-Canada / Dereck Doherty

Beaucoup de gens participent à la préparation du plan de HQ visant à contourner les inconvénients liés à la COVID-19. Par conséquent, toutes sortes d’informations circulent. Un responsable de la fédération estime qu’il faut en prendre et en laisser.

Au moment où l’on se parle, il me semble plus réaliste d’envisager une reprise des activités en plusieurs phases.

La première phase pourrait comporter des entraînements axés sur les habiletés individuelles en groupes restreints. La deuxième pourrait permettre de disputer les matchs à 3 contre 3 ou à 4 contre 4. Puis, si tout se déroule normalement, nous pourrions peut-être revenir à la normale.

Un responsable de Hockey Québec

En l’absence de vaccin, le retour à la normale constitue toutefois un dénouement très optimiste.

Au niveau élite, trois interlocuteurs crédibles ont spontanément émis l’opinion que, si l’organisation d’une saison normale se révélait impossible, la meilleure solution consisterait à faire une pause et à tout mettre en oeuvre pour maximiser le développement des habiletés individuelles des joueurs.

Il s’agirait là d’une fabuleuse expérience qui serait susceptible de donner des résultats assez étonnants.

Chose certaine, la plupart des acteurs consultés se préparent à vivre une saison totalement atypique. Encore plus qu’ils ne l’avaient imaginé.

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