•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Il n’y a rien qui presse » - Phillip Danault

Il se concentre avant une mise au jeu.

Phillip Danault

Photo : Getty Images / Derek Leung

Alexandre Gascon

Heureux sont les contemplatifs. Comme la majorité d’entre nous, Phillip Danault a bien des choses à regarder benoîtement sans se faire de la bile ces jours-ci : les premiers pas de son fils, des séries télé, la fonte de la glace du lac Beauport.

Se pencher sur des chiffres, un salaire, une durée d’une entente de la Ligue nationale? Très peu pour lui. Bien qu’il ait de bonnes raisons de le faire.

Au terme de la saison 2019-2020 – vos hypothèses sur les modalités de la chose sont aussi bonnes que les nôtres – Danault amorcera la dernière année de son contrat, à l’instar de ses deux ailiers Tomas Tatar et Brendan Gallagher avec qui il connaît tant de succès depuis deux ans. Il deviendra du même coup admissible à parapher une prolongation de contrat.

Si les deux partenaires veulent bien danser, évidemment.

Or, le premier centre du Canadien de Montréal, car c’est bien ce qu’il est actuellement, ne vous y trompez pas, arrive au faîte de sa carrière avec une besace garnie de forts intéressants arguments à faire valoir à la direction.

J’ai toujours dit que je voulais m’améliorer chaque saison, a encore lancé Danault, mardi, lors d’un entretien de près d’une demi-heure avec les journalistes.

Il faut le prendre au mot. Cette année encore, l’attaquant du Tricolore s’acheminait vers sa meilleure récolte tout en pilotant l’un des plus efficaces trios à cinq contre cinq de la Ligue nationale.

La qualité de son jeu défensif n’est plus à prouver. Il a d'ailleurs eu droit à ses premiers votes dans la course au trophée Selke l’an passé, mais l’importance de son apport offensif demeure, à l’occasion, sous-estimée.

Depuis le début de la saison 2018-2019, Tatar, Gallagher et Danault, dans cet ordre, dominent la LNH pour la possession de la rondelle à forces égales parmi tous les attaquants qui ont obtenu au moins 1000 minutes de glace (entre 60 et 70 matchs environ).

Trois joueurs se félicitent.

Phillip Danault (no 24) et Tomas Tatar (no 90) célèbrent un but gagnant de Brendan Gallagher (no 11).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Danault est l’homme de confiance de Claude Julien, son avant le plus utilisé et à toutes les sauces. Forcément, il touchera une substantielle augmentation de salaire par rapport aux 3 millions qu’il touche jusqu’à la fin de la saison 2021. Et il s’agit d’un Québécois qui joue à Montréal. S’il ne s’entend pas rapidement avec le CH, il deviendra, tout comme Gallagher et Tatar, l’un des centres d’intérêts et de distractions de toute la prochaine campagne.

Bref, on pourrait le comprendre de vouloir régler sa situation contractuelle le plus rapidement possible. Pourtant…

Ma priorité, ça va être vraiment de ne pas en parler cette année et de me concentrer sur la saison avec le Canadien et de laisser ça entre les mains de mon agent. Ce sont des choses qu’on ne contrôle pas nécessairement, ce ne sont pas tous les joueurs qui peuvent signer un an d’avance. Je n’ai même pas parlé avec mon agent de chiffres ou d’années vu que tout le monde est stand-by.

Phillip Danault, attaquant du Canadien

En comparaison

Cette conversation, lorsqu’elle aura lieu, promet d’être fort intéressante.

Le nom de Jean-Gabriel Pageau risque de revenir plus souvent qu’à son tour. C’est que son cas fait école pour la comparaison avec Danault, et presque depuis le début de leur carrière respective.

À 24 ans, alors joueur autonome avec compensation, l’ancien des Sénateurs a paraphé une entente de trois ans à un salaire annuel de 3,1 millions de dollars. À 25 ans, dans la même situation que Pageau, Danault a aussi obtenu un contrat de trois saisons pour un montant moyen de 3,08 millions.

Deux centres qui accomplissent des rôles similaires : excellence défensive, missions cruciales de fin de match, mises au jeu et contribution ponctuelle à l’attaque.

Sauf que le pivot du Canadien produit à un rythme plus élevé que son homologue, aujourd’hui avec les Islanders. Il lui est aussi légèrement supérieur dans le cercle des mises au jeu. Et Pageau a signé un contrat de six ans d’une valeur de 30 millions de dollars avec New York juste avant que la pandémie ne s’abatte sur le monde.

Difficile de ne pas faire de lien.

Ce serait facile de dire non. Mais quand ça arrive, tu viens à te comparer un peu. J’ai toujours voulu être moi-même. Comme j’ai déjà dit, je veux suivre les traces de Patrice Bergeron, sans être lui. Je suis Phillip Danault. Mais c’est sûr que les comparables vont venir jouer au bout du compte pour mon agent, c’est sûr, a-t-il admis.

Et les comparaisons sont alléchantes.

Grand cas est fait de la gestion financière responsable de Marc Bergevin ces dernières années, comme s’il s’agissait d’un père de famille au budget serré et non d’un gestionnaire d’une riche entreprise qui devrait récompenser les résultats. N’empêche que ce léger coussin qu’a le CH sous le plafond salarial pourrait se monnayer à fort bon prix ou lui permettre de dénicher des aubaines une fois le chaos ambiant estompé.

A-t-il tant de marge de manœuvre? Bergevin, en tenant pour acquis qu’il souhaite conserver les services de son premier trio et d’un de ses meilleurs défenseurs, devra présenter des offres à Danault, à Gallagher, à Tatar et à Jeff Petry. Vous pouvez ajouter Joel Armia et des jeunes comme Jesperi Kotkaniemi et Ryan Poehling.

Sans compter ce qu’il aura fait du cas litigieux Max Domi. Cette fameuse flexibilité que l’on prête au Canadien n’est pas de l’ordre que l’on croit. Mais ça, ce n’est pas le problème de Phillip Danault.

Matchs à huis clos

Parmi les innombrables scénarios évoqués pour une fin de saison de la LNH, Gary Bettman a parlé de matchs à huis clos disputés dans quatre villes, une pour chaque division de la ligue. Si l’on termine la saison avant d’amorcer les séries, toutes les équipes seraient donc invitées à la valse et devraient se retrouver confinées pendant quelques semaines, voire quelques mois.

Ce n’est pas humain, a tranché Danault.

Ça n’a vraiment pas de sens dans ma tête de m’en aller deux mois loin de nos enfants et j’imagine encore moins pour ceux qui iraient loin en séries. Une équipe qui se rend en finale de la Coupe Stanley, c’est de trois à quatre mois. La ligue va prendre des décisions et j’imagine que les joueurs on va peut-être avoir à voter pour ça. Et je ne suis pas sûr que le vote de passer deux ou trois mois sans notre famille serait favorable, a-t-il dit.

Le jeune homme de 27 ans espère plutôt que la LNH passe directement aux séries éliminatoires ou qu’elle annule carrément la fin de la campagne 2019-2020 pour permettre aux joueurs de se concentrer sur l’avenir.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports