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Préparez-vous à un été complètement vélo

Il fait beau soleil.

Des cyclistes circulent dans une rue.

Photo : iStock

Mariève Bégin

Les circonstances actuelles, en pleine pandémie, font du vélo une des rares activités extérieures permises et accessibles au Québec. Autant pour le loisir qu’à des fins de transport, on peut s’attendre à voir de plus en plus de vélos circuler au Québec dans les prochains mois.

Les cyclistes se multiplient d’ailleurs déjà dans les rues presque désertes. Et ce printemps, ce n’est pas seulement à cause de la douceur qui s'installe.

Les cyclistes aguerris doivent partager les pistes avec familles et néophytes, qui cherchent simplement un moyen de prendre l’air et de s’activer.

Du côté de Vélo Québec, on se prépare à une saison record, comme l’affirme Suzanne Lareau, présidente-directrice générale.

C’est sûr qu’on regarde ce qui se passe ici, et surtout ailleurs dans les pays qui ont quelques semaines d’avance sur nous dans le déconfinement. Et ce qu’on voit, c’est que 2020 va être un été incroyablement vélo.

Le cyclotourisme comme vacances

Mme Lareau envisage le cyclotourisme comme une option de vacances qui sera privilégiée par la population québécoise.

Quand l’accès aux autres régions va être possible, ça va être le genre de vacances auquel les gens vont penser parce que les Québécois ne voyageront pas cet été, c'est clair. Donc, on va vouloir explorer le Québec et faire des choses qu’on a le droit.

Ils prennent la pose avec leurs vélos.

Deux cyclistes

Photo : Facebook/Carl Gascon Edgerton

Bien que tous les voyages de cyclotourisme organisés aient dû être annulés en raison de l’interdiction de rassemblement en vigueur jusqu’au 31 août, la PDG de Vélo Québec précise que les gens pourront facilement s’organiser par eux-mêmes, notamment avec l’aide des nombreuses options de randonnées et de trajets proposées en ligne (Nouvelle fenêtre).

On peut rayonner autour de chez soi, autour d’un motel, d’un chalet qu’on peut louer. Ou on peut décider de faire une excursion en se disant, par exemple : "Bon, je pars de Montréal et je m’en vais à Rimouski, avec des sacoches sur mon vélo." Ça fait un petit périple en terre québécoise.

Un moyen de transport favorisé

Déjà populaire lors de la belle saison au Québec, le vélo risque d’être un moyen de transport choisi par davantage de personnes cet été, en raison des craintes de contamination liées au transport en commun.

Quand l’activité économique va reprendre peu à peu, il va rester des gens qui vont être craintifs de reprendre le transport collectif, et c’est à ce moment-là que le vélo va se présenter comme une alternative aux déplacements, pour ceux qui ne le faisaient peut-être pas avant.

De plus, la diminution flagrante du nombre d’automobiles est un incitatif pour beaucoup de personnes, avance Mme Lareau.

La majorité des rues et des routes sont désertées par les voitures. Et l’achalandage qu’on connaissait juste avant cette pause-là, il ne reviendra pas rapidement et tout de suite.

Je n’ai jamais vu autant d’enfants à vélo dans les rues de Montréal, jamais.

Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec

Elle prévoit que les nouveaux cyclistes à prendre d’assaut les rues seront de plus en plus nombreux dans les villes.

Ils s'approchent d'une intersection.

Des cyclistes au parc du mont Royal le 6 avril 2020

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Les gens se réapproprient un espace dans lequel ils ne se sentaient pas à l’aise parce qu’il y avait trop de voitures. Il y a là tout un laboratoire d’expériences assez intéressant.

Ce sont des tendances qu’ils observent en Europe actuellement, parce qu’ils ont quelques semaines d’avance sur nous, sur le déconfinement et l’après-crise, précise-t-elle. C’est clairement une tendance qui va être lourde cet été au Québec. Ça, je peux vous le dire.

Un réaménagement nécessaire

Ici, comme ailleurs dans le monde, les municipalités s’adaptent à cette tendance en réorganisant partiellement leur réseau routier.

Il roule entre des voitures.

Un cycliste dans le traffic

Photo : Getty Images / olaser

Les Villes sont en train d’ajuster le tir et de se dire : "Qu’est-ce qu’on peut faire comme aménagement temporaire pour accommoder les cyclistes et leur permettre de garder la distanciation sociale qui est requise pour les prochains mois?", explique Mme Lareau.

Elle mentionne que de grandes métropoles comme Paris, Berlin, San Francisco et Bogota planchent déjà sur des projets d'expansion des réseaux cyclistes.

On encourage les villes à le faire. On l’a fait plus directement avec la Ville de Montréal et la Communauté métropolitaine de Montréal. On a des discussions de collaboration entre Vélo Québec et ces entités-là, pour voir comment ils pourraient déployer des axes pour le cyclisme.

À court terme, par exemple, elle suggère de réserver une voie aux cyclistes sur un pont ou de transformer les espaces de stationnement sur Saint-Denis en pistes cyclables avec une signalisation au sol.

Ils sont très conscients de ça à Montréal [...] Bientôt, des voies cyclables temporaires vont se mettre en place, la Ville travaille là-dessus certainement.

Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec

On est capables de progresser très rapidement quand on vit des crises comme ça, et les gains qu’on fait peuvent être très durables. C’est ce qui est intéressant dans la crise qu'on vit actuellement, remarque Mme Lareau

Mais en ce moment, je vous dirais que n’importe qui qui veut faire du vélo, c'est tellement facile avec les rues qui sont tranquilles. Ce qu’il faut, c'est juste d’essayer de sécuriser une partie de cet espace-là avant que les voitures recommencent à rouler.

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