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Une étude suggère que les athlètes olympiques devraient se syndiquer

Sébastien Toutant montre sa médaille d'or.

Les athlètes commandités comme Sébastien Toutant font figure d'exception dans le monde olympique.

Photo : Getty Images / MARTIN BERNETTI

Associated Press

Une étude torontoise sur les finances du mouvement olympique a conclu que les athlètes recevraient plus d’argent en se dotant d’une convention collective semblable à celles du sport professionnel.

Cette étude, une collaboration entre le mouvement Global Athlete et l’école de gestion de l’Université Ryerson de Toronto, montre que le Comité international olympique (CIO) engrange des revenus de 1,4 milliard de dollars par an et en redistribue seulement 4,1 % aux athlètes. Le CIO conteste les résultats de l’étude.

Depuis que les Jeux olympiques sont sortis du précepte de l’amateurisme voulu par son fondateur, Pierre de Coubertin, le financement de la majorité des athlètes dépend largement de leurs propres fédérations et comités nationaux. Une faible portion des athlètes d’élite reçoivent des commandites individuelles importantes.

Au moment de l’étude, 91 % des revenus du CIO venaient de la télévision et des commandites, un modèle fort similaire à celui des ligues sportives professionnelles, de la LNH à la NFL. Le CIO est ainsi bien différent de la majorité des organisations sans but lucratif qui fonctionnent plutôt sur le principe du don monétaire.

L’étude montre également que les ligues professionnelles distribuent de 40 % à 60 % de leurs revenus aux joueurs, tandis que les athlètes olympiques ne reçoivent que 4,1 % des revenus du CIO, soit 10 fois moins. Les athlètes obtiennent cet argent sous forme de bourses d’étude, de subventions ou de prix liés aux compétitions, sans que leurs montants puissent être négociés.

Le CIO et ceux qui lui sont affiliés sont réticents ou incapables de dédommager les athlètes. La négociation d’une convention collective changerait le visage du mouvement olympique, conclut le rapport.

Le CIO affirme quant à lui redistribuer 90 % des revenus générés par les Jeux olympiques pour aider les athlètes et le sport à se développer partout autour du monde. Ainsi, le CIO distribue chaque jour 3,4 millions de dollars pour aider les athlètes et les organisations sportives du monde entier.

L’étude affirme également que les athlètes seraient nettement mieux dédommagés si la règle 40 du CIO – qui restreint fortement leur capacité à engranger des revenus de commandites individuelles pendant les JO – était abolie. Pour maintenir cette règle en place, le CIO fait valoir depuis des années que ce sont les Jeux qui permettent aux athlètes de se mettre en valeur sur la plus grande scène du sport.

L’étude montre également que l’argent des télédiffuseurs et des commanditaires est filtré par des centaines d’intermédiaires liés au mouvement olympique partout dans le monde et que seulement un faible pourcentage se rend jusqu’aux athlètes.

Ainsi, un athlète canadien dépensait 15 000 $ de plus qu’il n’en gagnait par année, en 2013-2014, selon l’étude.

Si le CIO est réellement contre les pratiques commerciales abusives envers les athlètes, il trouvera un moyen de les rémunérer. Sinon, ce sera au tour des athlètes de se prendre en charge, conclut le rapport.

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