•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'élite du hockey féminin prête pour « la vraie ligue »

Dani Cameranesi, Mélodie Daoust et Emerance Maschmeyer

Dani Cameranesi, Mélodie Daoust et Emerance Maschmeyer

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Les tribulations de la NWHL, qui s’installera à Toronto sous peu, n’émeuvent pas l’élite du hockey féminin qui maintient le cap dans le but de créer une « vraie » ligue nationale féminine et qui se croit plus près du but que jamais en dépit de la crise sanitaire mondiale.

Cette ligue-là fait ce qu’elle veut. Nous, pour être honnête, on ne s’en occupe pas vraiment, laisse tomber Mélodie Daoust, double athlète olympique décorée d’or et d’argent, à l’autre bout du fil.

Le ton n’est pas condescendant, simplement indifférent. Lorsqu’on est au sommet de la pyramide, forcément, on contemple un peu les autres de haut.

La NWHL regroupe, avec Toronto, six équipes formées par des joueuses de haut niveau, mais qui ne représentent pas la crème de la crème de leur sport. Aucune d’entre elles n’est membre des sélections nationales canadienne et américaine, par exemple.

Depuis la dissolution de la Ligue canadienne l’an dernier, les joueuses ont formé leur association (AJHPF) avec un but en tête : la création d’une ligue professionnelle chapeautée par la LNH afin d’assurer la pérennité du projet.

Il y a quelque chose de romantique à l’idée que toutes les hockeyeuses s’unissent d’une seule voix. Quelque chose d’utopique aussi.

On trouvait qu’il y avait dont une beauté à essayer de rassembler tout le monde. "Hey, venez de notre côté, on va le faire pour le hockey féminin", raconte Karell Émard, ancienne membre de l’équipe Les Canadiennes de Montréal.

Mais je comprends pourquoi certaines filles veulent jouer dès maintenant, ajoute Émard. Je comprends de vouloir jouer professionnellement le plus longtemps possible parce que peut-être qu’elles n’auraient pas l'occasion de le faire quand la vraie ligue nationale féminine sera créée. On ne peut pas juger les joueuses de hockey en ce moment ou juger pourquoi elles s’embarquent avec la NWHL. C’est beau, c’est bien enveloppé, c’est un beau cadeau. C’est dur de dire non.

Pour Danièle Sauvageau, c’est juste une autre offre de service.

Le mouvement féminin en marche, bien que freiné dans son élan comme tous les sports professionnels ou amateurs, vise à créer l’équivalent de la LNH. Il y a donc forcément de la place pour des ligues à fort calibre, mais de niveau inférieur, selon l’entraîneuse des Carabins de l’Université de Montréal.

Est-ce que l’ECHL a sa place par rapport à la Ligue américaine? Oui. Si on part une ligue avec 6 équipes, fois 25 ou 30 joueuses, ça te fait 150 joueuses. Il y a bien plus que 150 joueuses d’élite en Amérique du Nord. Il va avoir une raison d’être à cet autre niveau qui va permettre à ces femmes-là de jouer au hockey. L’un n’empêche pas l’autre.

Une citation de :Danièle Sauvageau

Montréal bien avancé

Les joueuses ont passé l’automne et l’hiver derniers à disputer des matchs hors-concours en Amérique du Nord afin de promouvoir la qualité de leur produit. À mots couverts, les intervenantes consultées expliquent que l’espoir était de voir naître la ligue en septembre 2020.

Il y a des limites à se déplacer pour se donner en spectacle une fois par mois tel un cirque ambulant, tout en convainquant les jeunes talents qui émergent des universités de ne pas abandonner le hockey, que leur rêve d’une véritable carrière professionnelle est toujours à portée de main.

Plus facile lorsqu’on semble près du but, un peu moins quand la pandémie de la COVID-19 contrecarre les plans de tous les secteurs d’activités.

Pourtant, on a notre plan, on ne l’a pas changé, fait valoir Karell Émard, engagée auprès de Hilary Knight, elle-même représentante du chapitre montréalais à l’Association des joueuses.

Tout ce qu’on a fait cette année semblait bien se présenter pour l’an prochain. Maintenant, c’est juste de savoir quand est-ce que ces arénas-là vont s’ouvrir, quand est-ce qu’on va avoir du hockey dans le fond. Le confinement a peut-être mis ça sur pause, mais les conversations sont restées positives pendant le confinement aussi. Disons qu’on est plus proches qu’on ne l’était il y a un an et tellement plus proches qu’on ne l’était il y a cinq ans, enchaîne-t-elle.

Mélodie Daoust entrevoit les choses d’un œil plus pessimiste. La Québécoise doute que la ligue prenne forme dans les prochains mois. L’attaquante croit plutôt qu’il faudra peut-être attendre 2022-2023, puisque les équipes nationales canadienne et américaine seront centralisées à l’automne 2021 en vue des Jeux d’hiver de Pékin.

Elle montre sa médaille d'or sur la glace.

Mélodie Daoust

Photo : Mélodie Daoust

Cela dit, toutes celles engagées dans le dossier à qui nous avons parlé ne semblent plus douter le moindrement de la réalisation du projet.

Montréal sera prête le plus vite possible, indique Daoust.

Forte de ses 35 années d’expérience dans le hockey féminin, Danièle Sauvageau a pris sous son aile le développement du projet à Montréal.

L’entraîneuse souhaite que les jeunes femmes bénéficient d’un centre d’entraînement unique, de ressources spécialisées, d’un encadrement professionnel, bref, d’une maison du hockey féminin, comme elle l’appelle.

Le lieu est trouvé. Les infrastructures sont presque toutes en place. Sauvageau préfère taire les détails pour le moment, tant que toutes les ficelles ne sont pas attachées, histoire de ne froisser personne. L’on a déjà vu des ententes déchirées pour moins que ça.

Mais là aussi, selon elle, il s’agit d’une question de temps, parce que ça répond à un besoin.

Dans le cheminement du développement de l’athlète à long terme, il y a un manque flagrant pour qu’une ligue professionnelle puisse survivre. C’est-à-dire de garder les joueuses qui graduent des circuits universitaires, dans un centre d’entraînement, où elles pourront jouer certains matchs dans nos tournées hors-concours et, éventuellement, où elles pourront jouer dans une ligue professionnelle, explique-t-elle.

Ça fait 20 ans que je me dis qu’on doit fournir un niveau d’entraînement quotidien, et non seulement quelques semaines par année.

Une citation de :Danièle Sauvageau

Je pense que la LNH devrait choisir six villes en Amérique du Nord [pour les femmes], et on part ça en même temps que la nouvelle saison, conclut Sauvageau.

Les hockeyeuses touchent au but. Et elles ne comptent pas se laisser distraire par l’expansion canadienne d’une autre ligue, ni même par une pandémie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !