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Enrico Ciccone ébranlé par son expérience en CHSLD

Il est dans un couloir de l'Assemblée nationale.

Enrico Ciccone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’ancien dur à cuire de la LNH et aujourd’hui député libéral de la circonscription de Marquette, Enrico Ciccone, avoue en avoir eu plein les bras durant sa première journée comme aidant dans un CHSLD.

En entrevue à l'émission RDI Matin, le colosse avoue avoir eu le cœur chaviré par ce qu’il a pu constater de lui-même au cœur de la bataille qui ravage nos résidences de soins de longue durée où sont confinés les aînés.

Ciccone n’a pas attendu l’appel à l’aide lancé par le premier ministre du Québec, François Legault. Déjà, quelques jours auparavant, il avait contacté la présidente-directrice générale du CIUSS de l’Ouest de l’île de Montréal, Lynne McVey.

Je lui ai dit que je voulais m’impliquer. Je voulais montrer l’exemple. Les membres de mon bureau ont aussi accepté de le faire. Dans mon comté, la situation est problématique avec les CHSLD Herron (Dorval) et Nazaire-Piché (Lachine). J’ai été envoyé sur le terrain vendredi, a d’abord expliqué l’ancien joueur de hockey qui a porté l’uniforme de six équipes dans la LNH, dont celui du Canadien de Montréal.

Ciccone avoue qu’il s’attendait à ce qu’on lui confie des menus travaux en guise de soutien au personnel permanent de l’établissement. Le choc a été d’autant plus grand quand il s’est retrouvé en première ligne.

Durant mes deux premières heures au CHSLD Nazaire-Piché, j’ai été affecté à la lessive, à la distribution et à la collecte des plateaux repas ou à faire manger les bénéficiaires. Mais deux heures plus tard, je me suis retrouvé au quatrième étage où se trouvent le plus de cas de COVID-19 aux côtés d’une aide-infirmière et de deux préposées.

Une citation de :Enrico Ciccone, député libéral de Marquette

J’ai commencé ma journée à 7 h 30. Dès 9 h 30, les deux préposées nous ont dit qu’elles devaient quitter parce qu’elles avaient été testées positives à la COVID-19. Il restait alors une préposée et deux aides [dont Ciccone lui-même, NDLR] sans expérience. C’est là que mon rôle a changé, a-t-il poursuivi.

Ce n’était pas son rôle, mais il n’avait plus le choix. Il a dû faire tout ce que les préposées font sur une base quotidienne : laver les patients, changer les culottes, appliquer des crèmes sur des plaies.

Il y a énormément de sentiments. Il y a de la peine, il y a de la colère. Tout ça est mélangé. Quand j’ai donné à manger à une première bénéficiaire, j’en avais les larmes aux yeux. J’ai eu de la difficulté à le faire parce que j’étais en contact direct avec quelqu’un qui n’est pas capable de communiquer avec toi. Quand je changeais des patients, j’avais le sentiment de brimer leur dignité parce que j’étais proche de leurs parties intimes. Une personne comme moi n’est pas prête ni formée pour faire ces choses-là.

Une citation de :Enrico Ciccone, député libéral de Marquette

Il a aussi admis qu’en voyant les préposées à l’œuvre, capables d’être partout à la fois, il a été à même d’apprécier le caractère exceptionnel de ces personnes.

Confirmant que le personnel est débordé, Ciccone a ajouté qu’il était important de choisir des personnes capables de fournir l’aide qui fait tant défaut.

On peut parler d’augmenter les salaires, mais il faut plus que ça. Ça prend des gens capables et formés pour faire face à des choses difficiles de la sorte. C’est la raison pour laquelle je me demande pourquoi on ne ferait pas rentrer l’armée. On n’a pas seulement besoin du monde de la santé ou du monde médical. Il faut aussi des bras pour assister les préposées, a conclu Ciccone.

(Avec les informations de RDI Matin)

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