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La crise montre la fragilité du modèle économique de la F1, dit Claire Williams

Elle suit les activités de son équipe dans les paddocks.

Claire Williams

Photo : Getty Images / Clive Mason

Radio-Canada

Claire Williams explique que la famille de la F1 travaille extrêmement fort en ce moment pour trouver la meilleure façon de se sortir de cette crise qui fragilise le fonctionnement de son championnat.

Les équipes de F1 se rendent compte aujourd'hui à quel point le modèle économique était fragile, à la merci des crises.

Déjà, en 2008, après la crise boursière, les grands constructeurs japonais (Honda et Toyota) avaient fui la F1, mais le championnat n'avait pas trop souffert, car le président de la FIA de l'époque, Max Mosley, avait promis d'imposer (déjà) un plafond budgétaire, et trois équipes avaient fait le saut en F1 en 2010 (HRT, Catheram et Virgin Racing).

Le plafond n'a jamais été construit, les équipes ayant fait passer leurs propres intérêts. Le projet de Max Mosley est allé aux poubelles, et les trois équipes ont rapidement disparu.

Douze ans plus tard, ce n'est pas une crise boursière, mais une crise sanitaire qui vient bouleverser les façons de faire et fragiliser le modèle d'affaires de la F1.

Nous tentons individuellement et collectivement de prendre les meilleures décisions pour sortir le moins meurtri possible de cette pandémie, explique Claire Williams, première directrice de l'équipe Williams F1, fondée en 1969 par son père, au réseau Sky Sports News.

Elle marche sur la passerelle du bassin olympique à Montréal en 2017.

Claire Williams

Photo : Getty Images / Dan Istitene

Nous sommes en gestion de crise, et nous travaillons tous extrêmement fort pour changer notre façon de faire afin d'être beaucoup mieux préparés la prochaine fois qu'une crise frappera, précise la dirigeante britannique, en espérant que ça n'arrive plus jamais.

Le groupe Formula One, mandaté par Liberty Media, propriétaire de la F1, a déjà dû reporter le début de la saison 2020 à l'été, au mieux, et envisage de disputer quelques courses à huis clos à compter de juillet, si les directives gouvernementales des pays concernés le permettent.

Je n'envie pas Chase Carey (président du groupe Formula One) qui doit jongler avec plusieurs scénarios pour pouvoir disputer le plus de courses possible, explique Claire Williams.

On ne sait pas quand les restrictions seront levées, et si elles le sont dans un pays, ça ne veut pas dire qu'elles le seront dans le pays voisin. Comment faire pour remettre sur pied un sport comme le nôtre dans lequel gravite autant de monde, s'interroge-t-elle.

Besoin d'une réforme en profondeur

Le directeur sportif du groupe Formula One, Ross Brawn, avait expliqué au réseau Sky Sports que la crise actuelle mettait en lumière le besoin d'une réforme opérationnelle de la F1, notamment sur le plan budgétaire.

L'adoption du plafond budgétaire est un premier pas.

Finalement, 12 ans après la tentative infructueuse de Max Mosley, le principe a été accepté. Les équipes discutent en ce moment du montant de départ, en 2021.

Le plafond à 175 millions de dollars a déjà baissé de 25 millions. Et plusieurs équipes, dont McLaren, voudraient que le plafond descende sous les 150 millions.

Lors de la dernière réunion, il a été proposé de réduire le plafond à 145 M$ pour 2021, puis à 130 M$ en 2022. Il n'y a pas eu d'accord, mais les discussions ont été constructives.

Un plafond de 130 M$ avait été initialement proposé par la F1 et la FIA aux équipes en mars 2018.

En ce moment, trois équipes dépensent par saison plus de 300 millions. Cinq équipes travaillent avec des enveloppes de moins de 200 millions.

Selon Forbes, les budgets des équipes en 2019: Mercedes-Benz 484 M$ (fournisseur moteur), Ferrari, 463 M$ (fournisseur moteur), Red Bull 445 M$, Renault 272 M$ (fournisseur moteur), McLaren 269 M$, Racing Point 188 M$, Haas 173 M$, Alfa Romeo 141 M$, AlphaTauri 138 M$ et Williams 132 M$.

Il mène le Grand Prix du Canada devant Lewis Hamilton et Charles Leclerc.

Sebastian Vettel

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Il est clair que la pandémie a montré les faiblesses de notre façon de fonctionner, affirme Claire Williams. Notre modèle n'est pas viable quand arrive une crise comme celle que nous vivons.

Les discussions entre les équipes, la FIA et le groupe Formula One, portant sur le plafond budgétaire, ont été reportées à plus tard. Ferrari et Red Bull sont très réticentes à baisser le plafond sous les 150 millions, de peur de devoir licencier du personnel.

Les plus grandes équipes comprennent ce qu'elles ont à faire pour que les petites équipes puissent survivre, et les petites équipes savent les sacrifices qu'elles demandent aux grandes équipes, fait remarquer Claire Williams.

Ce qui est décevant, c'est que nous n'ayons pas mis en place les nouvelles règles techniques et budgétaires plus tôt, admet la dirigeante britannique. Si nous les avions mises en place il y a deux ans, nous ne serions pas dans cette situation.

Il est maintenant question d'une baisse progressive du plafond, ce qu'avait aussi proposé la FIA il y a 12 ans. Il y aurait également un plafond ajusté en fonction des réalités des équipes (si elles fournissent des moteurs à d'autres ou si elles reçoivent des composantes d'autres équipes).

Tout cela est sur la table, et la F1 doit faire les bons choix pour assurer son existence à long terme.

Nous sommes très vulnérables en ce moment. Mais je suis sûre que nous traverserons cette crise. Je suis une éternelle optimiste, conclut Claire Williams.

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