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Retour du sport : beaucoup d'idées, peu de garanties

Deux amateurs prennent des photos d'un stade vide à travers un grillage.

Les amateurs de baseball doivent toujours attendre avant de regarder leur sport préféré.

Photo : Associated Press / Sue Ogrocki

Associated Press

Les ligues disent publiquement qu’elles veulent relancer leurs activités avant l’été. Mais, dans les coulisses, elles s’affairent à préparer divers scénarios.

Les 30 clubs des Ligues majeures pourraient jouer en Arizona; un concours de circuits pourrait permettre de trancher les matchs qui sont dans une impasse; la coupe Stanley pourrait être soulevée dans un amphithéâtre vide qui se trouve en terrain neutre et le classement au soccer pourrait être déterminé par un scrutin.

Au cours de la dernière semaine, l’Associated Press a discuté avec plus d’une vingtaine de dirigeants, entraîneurs et joueurs aux quatre coins de la planète pour connaître leur opinion sur la manière de relancer les activités sportives qui ont été interrompues par la COVID-19.

La conclusion : bien qu’il soit essentiel d’établir des scénarios de relance optimistes, rien ne garantit qu’ils soient appliqués concrètement sans le consentement des législateurs, des joueurs et des autorités sanitaires. Et tout ça est conditionnel aux tests de dépistage systématiques, à la vaccination ou encore à des avancées majeures en matière de traitement médical.

En somme, le retour du sport, peu importe la créativité du plan proposé, sera risqué et incertain pour le reste de l’année, et probablement une partie de 2021.

Ça ne se limite pas à envoyer 22 joueurs sur le terrain et à leur lancer un ballon, a déclaré le vice-président de la FIFA Victor Montagliani, dont les inquiétudes relatives au soccer sont similaires à celles des autres grands circuits de la planète.

Ils se tiennent debout lors d'une conférence de presse.

Des responsables des JO de Tokyo avec Thomas Bach et Shinzo Abe

Photo : Getty Images / BEHROUZ MEHRI

Les organisateurs des Jeux olympiques ont été parmi les derniers à reporter leur événement, puis parmi les premiers à annoncer une nouvelle date de présentation, 52 semaines presque jour pour jour après la date prévue pour allumer la vasque olympique.

La décision de remettre l’événement 15 mois plus tard a été prise juste avant une recrudescence du nombre de diagnostics positifs au coronavirus au Japon. Ce constat a suscité de nombreuses questions quant à la courbe de propagation du virus.

Je crois que tout le monde planche sur plusieurs scénarios. Ils se disent : “S’il arrive ceci, alors que faisons-nous?”, a relaté Tim Hinchey, le chef de la direction de USA Swimming.

Les ligues en mode attente

De plus, toutes les équipes des circuits professionnels planchent sur des scénarios qui comprennent des matchs à huis clos.

Le Washington Post a rapporté que, même si la NFL dit publiquement qu’elle maintient le cap pour lancer sa saison en septembre, elle étudie plusieurs autres scénarios, dont la possibilité d’écourter la saison, ou encore de présenter ses matchs devant des gradins vides ou pratiquement vides.

La série NASCAR, qui présente des courses virtuelles, a proposé à ses écuries un calendrier remodelé qui se mettrait en branle le 24 mai à huis clos.

La LNH a élaboré un plan pour relancer ses activités cet été, en séries éliminatoires, ou en présentant ses matchs dans des amphithéâtres vides situés en terrain neutre.

Le circuit de la PGA a annoncé qu’il relancera ses activités à la mi-juin, après avoir remodelé le calendrier en fonction de ses tournois majeurs. Cependant, pour rappeler l’incertitude persistante, Andy Pazder, le directeur général des tournois et des compétitions, a déclaré que si les épreuves ne peuvent être conformes aux directives sanitaires en vigueur, alors ils ne feront rien.

La NBA a adopté la même approche. La première ligue à réagir à la pandémie de COVID-19 en décrétant l’interruption de ses activités, le 11 mars, est en mode attente. L’essentiel des discussions au sein de la ligue porte sur la façon de relancer ses activités, et non sur son annulation.

Les Ligues majeures de baseball discutent plutôt de la possibilité de réunir les 30 équipes dans le comté de Maricopa, en Arizona, pour présenter leur calendrier aux divers complexes d’entraînement printaniers.

Il tient ses lunettes devant son menton.

Anthony Fauci est le directeur américain de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Pour sa part, le Dr Anthony Fauci, l’expert américain en maladies infectieuses qui prêche la prudence dans la relance des activités quotidiennes, a offert une lueur d’espoir quand il a suggéré que le sport professionnel pourrait bientôt être relancé. Il a suggéré des matchs à huis clos et des tests de dépistage en continu pour les joueurs, qui devront vraisemblablement être placés en quarantaine dans des hôtels pendant des semaines, voire des mois.

Et ce ne sont pas tous les joueurs qui sont en faveur de ces suggestions.

Je vais passer quatre ou cinq mois sans voir mon enfant après sa naissance? Je peux vous assurer que ça ne se produira pas, a écrit le joueur des Nationals de Washington Ryan Zimmerman dans le journal de bord qu’il tient pour l’AP. Le troisième enfant de Zimmerman doit naître en juin.

Que Zimmerman adhère au plan ou non, le baseball pourrait être un sport très différent si son calendrier se met en branle en 2020. Certains scénarios évoquent la possibilité de conclure la campagne en décembre, l’adoption de nombreux programmes doubles, des matchs de sept manches et un concours de circuits comme bris d’égalité.

Peu importe ces scénarios, tout le monde ignore ce qui se produira si, en dépit de toutes les mesures de sécurité, le coronavirus fauche les joueurs d’une équipe. Est-ce qu’un seul diagnostic positif pourrait porter le coup fatal à une saison entière?

Avant d’amorcer quoi que ce soit, toutes les ligues professionnelles doivent attendre un consensus entre le gouvernement et les experts sanitaires, sans oublier les joueurs et les propriétaires des équipes.

Pour l’instant, la gestion du risque, c’est tout ce qu’on attend de nous, et rien d’autre, souligne Victor Montagliani.

Les coéquipiers s'étreignent dans un stade vide.

Quelques matchs de soccer ont été joués à huis clos en Italie avant l'interruption de la saison.

Photo : Getty Images / UEFA Pool

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