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Jack Laviolette et Saint-Henri au cœur de l’histoire du Canadien

Des hommes prennent la pose devant la façade du commerce.

Le Jack's Café était situé à l'angle de la rue Notre-Dame Ouest et du chemin de la Côte-Saint-Paul.

Photo : Collection Société historique de Saint-Henri/Fonds Michel Lalonde

Olivier Tremblay

On connaît depuis toujours le rôle de Jack Laviolette dans la création du Canadien de Montréal, mais, encore à notre époque, des détails inédits sur cet aspect de notre histoire sportive peuvent se révéler. L’endroit où il a mis sur pied cette nouvelle équipe, par exemple.

En 2018, la Société historique de Saint-Henri (SHSH) reçoit des documents sur ce pionnier du hockey, tout premier capitaine du Tricolore. Parmi ceux-ci se trouve une photo d’un groupe d’hommes tirés à quatre épingles devant la façade d’un établissement situé à l’angle de la rue Notre-Dame Ouest et du chemin de la Côte-Saint-Paul : le Jack’s Café.

Une publicité ancienne comprenant des informations sur le commerce

Avant de mettre sur pied le Canadien, Jack Laviolette a été propriétaire du Jack's Café, dans Saint-Henri, au début du XXe siècle.

Photo : Collection Société historique de Saint-Henri/Fonds Michel Lalonde

L’annuaire Lovell de 1908 confirme en effet qu’au-dessus de ce commerce demeure « Jacques Laviolette, aubergiste » (hotelkeeper en anglais). Avis aux friands de caféine, en ce qui a trait aux produits alimentaires, c’est plutôt sur le vin, les alcools forts et les cigares qu’on met l’accent.

La photo, en soi, n’a rien d’exceptionnel. Tout en bas, par contre, on remarque une inscription gravée à la main dans un anglais cassé : This is wer I made the first canadian hockey club.

C’est ici que j’ai formé le premier club de hockey canadien.

Le 4 décembre 1909, l’investisseur John Ambrose O’Brien obtient une franchise de la nouvelle Association nationale de hockey (ANH). C’est à Laviolette qu’il demande de mettre cette équipe de joueurs canadiens-français sur pied. Selon toute vraisemblance, c’est à partir de son commerce de Saint-Henri que le joueur-gestionnaire s’est attelé à cette tâche.

De grosses entreprises étaient établies ici, le long du canal, souligne Camille Baccanale, membre de la SHSH et passionné de sports. Il y avait de quoi faire bouger l’économie. Jack Laviolette est venu ici. Est-ce que sa famille était mariée avec d’autres gens qui avaient déménagé dans le coin? Je n’ai pas poussé les recherches encore. C’est possible.

Né en Ontario, Laviolette a quitté la province avec toute sa famille pour Valleyfield lorsqu’il n’était encore qu’un enfant. C’est là qu’il a rencontré Didier Pitre, qui deviendra son grand ami et l’une de ses toutes premières recrues pour la première édition du Canadien.

Ils ont joué ensemble dans la fameuse Ligue internationale de hockey. Et quand Jack Laviolette a été nommé pour former le Canadien, le premier joueur qu’il voulait avoir, c’était son chum Didier Pitre.

Camille Baccanale, membre de la Société historique de Saint-Henri

Laviolette aura été plus longtemps sportif qu’aubergiste. S’il a joué jusqu’en 1918 au hockey professionnel, dès 1911, il n’y a plus de trace de son hôtel ou de sa présence à cet endroit, a écrit le président de la SHSH, Guy Giasson, dans un bulletin d’information à ses membres publié en 2018. On croit qu’un incendie a détruit cet immeuble, car [l’annuaire] Lovell recense qu’aucun bâtiment n’occupe l’endroit pendant quelques années.

Non seulement Laviolette était-il un habile hockeyeur qui a gagné la Coupe Stanley en 1916 et a été élu au Temple de la renommée du hockey en 1963, mais il excellait également à la crosse et dans les sports automobiles, ce qui lui a valu une réputation de cascadeur.

Il aborde un virage.

Jack Laviolette était aussi un passionné de course automobile.

Photo : Collection Société historique de Saint-Henri/Fonds Michel Lalonde

Il faisait des courses de motocyclette et d’automobile, précise M. Baccanale. Il allait même aux États-Unis. C’était connu qu’il était l’un des meilleurs. Il suivait aussi des cours pour devenir aviateur. Il en avait, des intérêts.

Ironie du sort, c’est un accident d’automobile qui a mis fin à sa carrière de sportif, puisqu’il en est sorti avec le pied droit en moins. Des photos indiquent cependant que Laviolette s’est mis à organiser des courses après cette mésaventure.

Ses connaissances mécaniques l’ont d’ailleurs mené à un poste de machiniste à la Ville de Montréal, comme le révèle une carte syndicale de 1938 que possède désormais la SHSH. Le document situe son domicile sur l’avenue Laporte, à cinq minutes en voiture (de notre époque) de son ancien commerce. C’est là qu’il a habité jusqu’à sa mort, en 1960, souligne la SHSH.

Et pour l’anecdote, le donateur de ces documents sur Jack Laviolette est lui-même lié, croit-on, au Tricolore. Philippe Lalonde, grand-père de ce monsieur, avait été champion boxeur, grand joueur de crosse et gardien de but au hockey avant de devenir homme politique.

Un moment donné, il a eu une blessure à l’œil. Carrière finie. C’est arrivé à peu près au moment du décès de Georges Vézina [en 1926], raconte M. Baccanale. [Lalonde] était peut-être le gardien qui aurait pris la relève de Georges Vézina. Je ne peux pas le prouver, mais j’ai trouvé des articles de journaux locaux qui disent qu’il a joué pour le Canadien.

Mais s’il a joué pour le Canadien, c’était un match hors-concours, car les matchs de saison, je n’en trouve pas. Le monsieur qui nous a donné les photos nous assure que son grand-père a joué un match pour le Canadien, mais on ne le trouve pas dans les statistiques.

Comme pour Jack Laviolette, peut-être la vérité se révélera-t-elle morceau par morceau.

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