•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'engouement pour les courses virtuelles en ces temps de pandémie

Les BMW M8 au départ d'une course virtuelle

Les BMW M8 au départ d'une course virtuelle

Photo : BMW Motosport

Avec les championnats de course automobile à l’arrêt, les pilotes professionnels se tournent vers les championnats virtuels. Les Québécois Bruno Spengler et Bertrand Godin en parlent à Radio-Canada Sports.

Ce week-end, six pilotes de F1 vont disputer le Grand Prix virtuel de Chine. Le pilote Charles Leclerc de l’écurie Ferrari a remporté le 5 avril le premier Grand Prix virtuel de la saison, celui d'Australie.

En participant à trois courses virtuelles ce week-end, Leclerc compte recueillir au moins 100 000 $ pour aider l’Organisation mondiale de la santé dans son travail de recherche sur le coronavirus.

Le 11 avril, l’ancien champion du monde de F1 Jenson Button a remporté une course sur Internet de légendes à Sebring en Floride, dont faisait partie Jacques Villeneuve, qui a fini 6e. Ils roulaient tous dans des McLaren M23 de... 1973.

Jacques Villeneuve (à gauche) en piste lors de la course de Sebring de la plateforme The Race

Jacques Villeneuve (à gauche) en piste lors de la course de Sebring de la plateforme The Race

Photo : The Race

Les 10 000 $ de la victoire de Button sont allés à une œuvre caritative de son choix.

Le Québécois Bruno Spengler pilote pour BMW dans le championnat d’endurance IMSA en Amérique du Nord. Les 22 mars et 16 avril, il a remporté les deux premières épreuves virtuelles de la saison de la plateforme IRacing dans une BMW M8.

Bruno Spengler gagne la course virtuelle de Laguna Seca du Championnat IMSA.

Bruno Spengler gagne la course virtuelle de Laguna Seca du Championnat IMSA.

Photo : BMW Motosport

Il comprend l’engouement des pilotes professionnels pour ces courses virtuelles.

Quand on est pilote, on est amoureux de la course, et, quand on ne peut pas en faire, on est en manque, explique-t-il à Radio-Canada Sports.

Grâce à ces jeux vidéo, mais ce ne sont plus des jeux, ce sont des simulations, grâce à ces simulations de course, on a la chance de pourvoir exercer une grosse partie de notre métier dans le monde virtuel.

Encore faut-il avoir chez soi un simulateur. Les pilotes s’équipent peu à peu de ces outils de plus en plus perfectionnés. Le pilote Sebastian Vettel vient de s’en acheter un et apprivoise tranquillement le monde virtuel.

Jacques Villeneuve n’utilisait à Sebring qu’une manette de jeu vidéo branchée à son portable. Pas de volant, pas de siège, aucun confort de pilotage, mais une rapidité d'exécution qui l'a servi.

Jacques Villeneuve avec sa manette de jeu vidéo

Jacques Villeneuve avec sa manette de jeu vidéo

Photo : The Race

D’autres ont beaucoup investi, comme Spengler.

Je me suis acheté fin janvier un simulateur assez perfectionné, explique le Québécois. J’ai encore des petites choses à modifier pour qu’il soit parfait. J’en avais un autre avant, beaucoup moins perfectionné, et je ne m’en servais pas beaucoup.

Maintenant que j’ai ce nouveau simulateur, j’en fais plus souvent. Et avec le confinement, c’est tous les jours. Et ma femme sait qu’elle ne doit pas le débrancher quand je m’y mets, lance-t-il en riant.

Bruno Spengler participe dans son simulateur à la course All Star de la plateforme The Race à Sebring.

Bruno Spengler dans son simulateur pendant la course All Star de la plateforme The Race à Sebring

Photo : The Race

Le 11 avril, Bruno Spengler a aussi participé à une course de la série All Star de la plateforme The Race dans une voiture de type endurance LMP3.

Il s'est qualifié pour la finale et a fini 16e sur le circuit très bosselé de Sebring.

Toutes ces courses All Star sont diffusées sur ESPN. C’est vraiment le fun, dit Spengler. Quand on se retrouve tous en piste dans nos simulateurs, chacun veut être devant, et chacun veut gagner. Alors, ça fait vraiment partie de notre métier.

Bruno Spengler participera dans une BMW Z4 aux 24 heures virtuelles du Nürburgring, les 25 et 26 avril, sur le Nordschleife.

La réalité virtuelle

Un autre pilote qui s'est laissé prendre au jeu des courses virtuelles, et qui a beaucoup investi dans son simulateur, c'est le Québécois Bertrand Godin.

Cet engouement ne m'étonne pas, car les courses virtuelles permettent aux pilotes en confinement de retrouver toutes les émotions de la course, explique-t-il. À pousser une voiture virtuelle, on va chercher beaucoup de sensations et de satisfaction.

L'ancien pilote de formule atlantique dispute depuis l'an dernier le vrai Championnat de F1600.

Si on a l'équipement adéquat, on va ressentir plein de choses, explique Godin. Je peux faire des ajustements de réglages sur mon volant pour me placer en situation de course.

Son habitacle de salon comporte même un casque de réalité virtuelle.

Avant, j'avais trois écrans pour avoir une vue latérale. Maintenant, j'ai un casque de réalité virtuelle, et je suis en immersion totale, comme si j'étais sur le circuit, précise-t-il. Je tourne la tête, et je vois les estrades. On jurerait qu'on est sur place.

Bertrand Godin avec le casque de réalité virtuelle en main

Bertrand Godin avec le casque de réalité virtuelle en main

Photo : Google hangouts

Mais on peut être aussi performant avec des manettes, comme l'a fait Jacques Villeneuve, l'exécution est plus rapide, et on a beaucoup moins d'efforts physiques à faire, fait remarquer Godin.

C'est ce qui permet à tant de gens, professionnels ou simples passionnés, de se retrouver sur les pistes virtuelles.

Bertrand Godin participait vendredi à une course virtuelle sur terre à l’autodrome de Granby, associé à la fondation GuardRX pour la recherche d’un vaccin contre le coronavirus.

Bertrand Godin sur l'autodrome virtuel de Granby

Bertrand Godin sur l'autodrome virtuel de Granby

Photo : Groupe à l'infini

L’engouement des pilotes professionnels est tel qu’il voit venir le jour où les courses virtuelles feront partie des vrais championnats.

Dans certaines séries où on tourne sur ovale, par exemple, et où on ne peut pas courir lorsqu’il pleut à cause de la pluie ou des intempéries, peut-être qu’ils vont arriver à un compromis de dire, les courses qu’on ne pourra pas faire, on pourra les faire de façon virtuelle, et elles compteront pour le championnat.

Si cette idée pouvait faire son chemin, les courses virtuelles pourraient être une solution aux coûts très élevés de ce sport et à ses effets néfastes sur l’environnement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Course automobile

Sports