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Florence Schelling, envers et contre tous

Elle sourit.

Florence Schelling

Photo : Radio-Canada / Courtoisie

Christine Roger

Zurich, 1993. La petite Florence flotte sur un nuage. Depuis des mois, du haut de ses 4 ans, elle casse les oreilles de ses frères pour qu’ils la laissent jouer au hockey avec eux. Ils acceptent finalement, à condition qu’elle soit gardienne de but.

C’est là, dans le garage de la maison familiale, que le rêve de Florence Schelling commence. Vingt-sept ans plus tard, elle est la première femme directrice générale d’une équipe professionnelle de hockey.

Un coup de coeur. La première fois que Florence Schelling a vu ses frères jouer au hockey, elle a immédiatement senti que quelque chose se passait. Rapidement, le hockey a pris beaucoup de place dans sa vie. Presque toute la place.

Je devais avoir 8 ou 9 ans. J’ai dit à mes parents que je voulais aller aux Jeux olympiques. Je ne savais même pas que le hockey féminin existait. Dans ma tête, un jour, j’irais aux Jeux olympiques, avec les hommes, se remémore la femme de 31 ans, en entrevue avec Radio-Canada Sports.

Sa famille rigolait. Mais en même temps, ses parents savaient pertinemment qu’aussi fou que cela pouvait paraître, Florence Schelling risquait d’y arriver. Déjà, sa ténacité et sa persévérance étaient des traits de personnalité évidents.

Ils savaient que j’avais une tête dure. J’ai toujours réussi à avoir ce que je voulais. J’ai toujours travaillé pour arriver à mes fins.

Florence Schelling

Des équipes de jeunes filles, ça n’existait pas en Suisse et c’est encore le cas aujourd’hui. Elle a donc commencé à jouer avec les garçons. En fait, c’est ce qu’elle a fait jusqu’à l’âge de 19 ans. Être bombardée par les lancers de ses frères l’a certainement bien préparée pour ce qui allait suivre.

Elle avait 13 ans la première fois quand elle a réalisé qu’elle n’était pas seule.

Mes parents ont reçu un appel de l’équipe nationale féminine suisse. On croyait que c’était une blague. On ne savait même pas que ça existait. On ne savait pas que les femmes jouaient au hockey, explique-t-elle.

C’est comme ça que j’ai commencé à jouer avec des femmes. À partir de 13 ans, j’ai fait partie de l’équipe nationale. J’étais une jeune adolescente et je jouais avec des femmes.

Une remarquable carrière

Florence Schelling a connu une carrière impressionnante. En plus de jouer en Suisse et en Suède, elle a joué dans la NCAA et a permis à son équipe nationale de décrocher la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Sotchi. Parallèlement, elle a obtenu un baccalauréat à l’Université Northeastern, à Boston, et une maîtrise en économie, en Suède.

Le hockey, pour moi, a toujours été un passe-temps. Ç’a toujours été important pour moi de travailler et d’aller à l’école. Même quand j’ai annoncé ma retraite, je ne m’étais jamais demandé si j’allais me trouver un travail dans le monde du hockey.

Florence Schelling
La gardienne de but de la Suisse aux Jeux olympiques de Pyeongchang

Florence Schelling

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Tout a cependant changé l’année dernière, lorsqu’elle a subi un grave accident de ski, avec pour conséquence une fracture de la sixième vertèbre. La convalescence a été longue. Celle qui a toujours roulé à un train d’enfer se retrouvait soudainement avec beaucoup de temps pour penser. Elle a pris la décision de demeurer dans le monde du hockey.

Il faut dire que Florence Schelling n’a jamais gagné d’argent en jouant au hockey même si elle fait partie des athlètes les plus populaires de son pays.

Pour la première fois de ma vie, je vais gagner ma vie grâce au hockey.

Objectif : le championnat suisse

Il y a quelques mois, elle avait été nommée entraîneuse-chef de l’équipe féminine U-18. Déjà, elle avait été extrêmement surprise d’être choisie. Imaginez donc le choc lorsque Marc Lüthi, le patron du SC Bern, l’a contactée.

Pourquoi moi? Je voulais savoir. Il m’a dit que j’avais eu une carrière incroyable. J’ai beaucoup d’expérience. J’ai joué aux États-Unis, au Canada, en Suède. J’ai fait des études en économie. Ils veulent une personne jeune qui va apporter un nouveau regard.

J’ai senti que c’était un scénario idéal, que j’aurais toute leur confiance. Et honnêtement, une telle occasion ne se présente pas souvent dans une vie. Pour moi, mais aussi pour toutes les femmes autour du monde, c’est un grand pas.

Florence Schelling

Il y a deux ans et demi à peine, Florence Schelling était sur la glace avec ses coéquipières aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Aujourd’hui, elle est directrice générale du SC Bern, club de première division du championnat suisse, et elle devient la première femme à occuper un tel poste dans une équipe professionnelle de hockey.

Certains pourraient lui dire qu’elle n’est pas prête pour un tel défi, qu’elle n’a pas pris le temps de gravir les échelons. La principale intéressée n’est aucunement intimidée.

Peu importe le milieu, si on obtient une promotion, c’est la même histoire. Et je suis une femme en plus. J’ai un but et je vais tout faire pour réussir. Je vais travailler comme une folle pour réussir. Ensuite, le respect va suivre.

Florence Schelling est une rêveuse. Elle l’a toujours été, même à 4 ans.

Elle rêvait d’aller aux Jeux olympiques. Elle y est parvenue à 16 ans.

Elle rêvait de gagner une médaille olympique. Elle l’a fait à 25 ans.

Elle rêvait d’occuper un poste important dans un club de hockey masculin. Elle l’a réussi à 31 ans.

Et puis maintenant? Elle veut remporter le championnat suisse, rien de moins.

Je veux que les jeunes filles sachent que tout est possible. Il faut travailler fort et y croire. Peu importe ce que les gens diront. Il faut croire en soi.

Sky is the limit!

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