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L’ATP souhaite aider les joueurs moins nantis et planche sur un retour après Wimbledon

Une vue d'ensemble du court Suzanne-Lenglen.

Le report unilatéral des Internationaux de France en septembre a provoqué une réflexion dans l'ensemble du monde du tennis.

Photo : Getty Images / Adam Pretty

Radio-Canada

Une saison de terre battue menant à Roland-Garros à l’automne après les Internationaux des États-Unis en septembre est le scénario idéal sur lequel travaille l’ATP, a révélé à la presse italienne le président de l’organisation Andrea Gaudenzi, qui a également annoncé ses intentions de venir en aide aux joueurs moins bien classés du circuit.

Nous sommes en train de travailler sur l'hypothèse de quatre semaines sur terre battue après Flushing Meadows. Si l'on joue cet été aux États-Unis, puis sur terre battue et enfin en Asie pour clore avec les finales de l’ATP, cela serait la meilleure des hypothèses. Nous aurions sauvé une grande partie de la saison, 80 % des tournois et des points, après avoir perdu toute la saison sur gazon. Et avec sept Masters 1000 et trois tournois du grand chelem sur quatre, nous ne pourrions pas trop nous plaindre, a déclaré Gaudenzi, mercredi, à un nombre restreint de journalistes.

Si les Internationaux des États-Unis sont annulés, la situation deviendra exponentiellement plus complexe, parce que nous devrons envisager de jouer aussi en novembre et en décembre. Mais pour l'instant, nous comptons sur une reprise juste après ce qui aurait été Wimbledon.

Andrea Gaudenzi, président de l'ATP

Le principe qui nous inspire est très simple : essayer de jouer le plus grand nombre possible de tournois avec les semaines que nous aurons, pour préserver non seulement les points et les bourses, mais surtout pour pouvoir offrir du spectacle à nos amateurs, souligne-t-il.

Andrea Gaudenzi avoue que son sport globalisé devra très certainement composer avec de nombreuses restrictions de voyage qui devraient demeurer en place pendant l’année, un peu partout dans le monde. L’un des scénarios évoqués face à une telle situation serait de tenir les tournois restants du calendrier dans une seule région du globe, que ce soit l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Asie.

Même si les tournois se tiennent à huis clos, l’on parle quand même de 2000 à 3000 personnes qui se déplacent d’un endroit à l’autre, et ça deviendrait difficile de garantir la sécurité de tous. [...] Nous ne voulons pas devenir un sport régional parce que ça serait un recul, et ça deviendrait également problématique pour le classement, puisque les meilleurs joueurs se mesureraient dans différentes ligues plutôt que les uns contre les autres. Toutefois, c’est une option, même si ce n’est pas notre premier choix, a détaillé le président de l’ATP.

Financièrement, dévoile-t-il, l’ATP a des réserves pour une année. Andrea Gaudenzi s’attend à ce que son organisation ressente surtout les répercussions de la chute de la vente des billets, mais est optimiste, surtout si le jeu reprend à la fin de l’été, quant aux revenus issus des droits télé et des commanditaires du circuit.

Nous allons tenir une année, je suis assez optimiste sur l'automne, et en partie aussi sur l'été. Si l'on arrive à tenir bon et jouer le Masters de fin d’année, nous survivrons. Allons-nous tenir deux ou trois ans? Non! Plus la situation perdure, plus cela deviendra compliqué.

Andrea Gaudenzi, président de l'ATP

Andrea Gaudenzi a répondu à ceux qui, comme l’entraîneur de Serena Williams, Patrick Mouratoglou, dans une lettre ouverte mardi, appelle en venir en aide aux joueurs classés à l’extérieur des 100 premières raquettes mondiales.

En ce qui concerne les aides financières, dit le président de l’ATP, nous allons d’abord nous occuper des tournois Challenger et des ATP 250 [les plus petits tournois du circuit, NDLR], ainsi que des joueurs classés entre la 250e et la 500e place mondiale, car ce sont ceux qui en ont le plus besoin.

Il est inutile d'aider ceux qui jouent les tournois du grand chelem et les 50 joueurs les mieux classés.

Andrea Gaudenzi, président de l'ATP

Dans cet entretien, le président de l’ATP n’a toutefois pas dévoilé quelles seront les compensations envers les tournois secondaires du circuit ni les joueurs moins bien classés.

Par ailleurs, la Fédération internationale de tennis a annoncé jeudi qu’en raison du report de plus de 900 tournois de son calendrier, dont la finale de la Fed Cup, elle réduisait de 50 % sa main d’oeuvre et qu’elle diminuait de 10 % le salaire de ceux qui demeuraient employés de l’organisation. Le président de l’ITF verra quant à lui son salaire être réduit de 30 % et celui de la haute direction, de 20 %.

Un temps pour réfléchir au futur du tennis

Selon Andrea Gaudenzi, la crise que vit actuellement son sport porte en elle l’occasion pour les différents acteurs (l’ATP, la WTA, l’ITF et les grands chelems) de coopérer davantage malgré la fragmentation du tennis mondial.

Nous devons utiliser ce temps pour réfléchir et pour planifier à long terme. Afin de créer le futur que nous voulons pour notre sport, mais je reconnais qu’il y a des problèmes plus urgents, convient-il. Voir ce que traverse le personnel médical au quotidien nous aide à garder les choses en perspective.

Le président de l’ATP donne la décision unilatérale des Internationaux de France de se relocaliser en septembre en exemple de la fragmentation du monde du tennis et de la nécessité des différents partenaires de travailler plus étroitement pour que les tournois coexistent et ne fassent pas que partie d’un même calendrier.

La décision des Internationaux de France est compréhensible, dit-il. J’ai vu le discours du président Emmanuel Macron et la situation qu’il présentait était glauque. La Fédération française de tennis a ressenti l’urgence de planter son drapeau fin-septembre, peu importe ce qu’il arrive. Ç’a provoqué une discussion très franche entre les différents présidents et nous en sommes venus à la conclusion que nous faisons tous partie de la même histoire.

La fragmentation du monde du tennis se répercute également dans l’offre télévisuelle, selon le président de l’ATP.

Notre sport est en santé, solide du point de vue des affaires, mais si tu le compares avec les autres sports du point de vue des droits télé, le tennis occupe moins de 1,2 % de la totalité des droits. Et pourtant, nous avons plus d'un milliard d’amateurs! Nous sommes un des cinq sports les plus écoutés autant chez les hommes que chez les femmes, alors que les autres sports sont très centrés sur la compétition masculine, souligne-t-il.

Présentement, vous avez besoin de trois ou quatre abonnements différents pour regarder le tennis. La situation varie de pays en pays. Tout est fragmenté. Nous ne pouvons continuer de demander ça à nos consommateurs. Ça va contre toute logique commerciale, martèle-t-il.

Enfin, Andrea Gaudenzi croit que le tennis doit s’inspirer de ce qu’il s’est produit avec le monde de la musique où les plateformes comme iTunes et Spotify ont simplifié la vie des consommateurs.

Nous devons rêver grand et collectivement. Nous devons parler la même langue en disant la vérité. Il faut de petits sacrifices d'un côté comme de l'autre. Cette crise nous place face à un choix : ou elle nous rend plus forts ou elle nous divise davantage, conclut-il.

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