•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jamais deux sans trois : les rêves brisés du fou en pyjama

À cause du coronavirus, Marcel Jobin doit renoncer aux mondiaux des maîtres, pour lesquels il voyait grand.

Il regarde au loin dans un stade.

Marcel Jobin

Photo : Courtoisie : Marcel Jobin

Mariève Bégin

Marcel Jobin, ancien marcheur olympique, vise toujours plus haut, même à l’âge de 78 ans. Celui que l’on connaît comme le « fou en pyjama » visait trois médailles d’or aux Championnats du monde des maîtres, cet été, mais la compétition n'aura pas lieu, à sa plus grande déception.

Marcel Jobin n’en est pas à sa première malchance.

En 72, j’avais été choisi pour les Olympiques de Munich, et un mois avant, ils ont enlevé 10 athlètes parce qu’ils ont manqué d’argent. J’ai été retiré de l’équipe, raconte-t-il.

Puis, en 1980, quatre ans après sa participation aux Jeux de Montréal, il a vu son rêve olympique s'effondrer à nouveau.

J’étais en bonne condition, j’avais 38 ans et j’étais à mon meilleur. J’avais pris six mois sans solde pour m’entraîner pour Moscou. Puis il y a eu le boycott, poursuit-il avec amertume. Donc là, c’est ma troisième grosse déception dans ma carrière d’athlète.

Cette fois-ci, c'est la pandémie de COVID-19 qui a eu raison de ses ambitions.

Les Championnats du monde d’athlétisme extérieurs des maîtres, prévus à Toronto, en juillet, ont été annulés. Plus motivé que jamais, Marcel Jobin avait redoublé d'efforts en vue de cette compétition.

Depuis le mois de juillet passé, je me suis entraîné beaucoup pour aller chercher au moins trois médailles d’or, dit-il. Il a même consacré son mois de février à un stage en Floride.

J’étais bien encouragé pour Toronto, au mois de juillet. C’est une grosse déception.

Marcel Jobin, champion du monde au 3000 m chez les maîtres

Vu que c’était chez nous les Championnats du monde, j’ai monté à 50 km par semaine. Présentement, je suis à 55 et je veux monter à 60. Pas pour Toronto finalement, mais ça va être pour Edmonton au mois de mars l’année prochaine, explique-t-il.

Il marche.

Marcel Jobin en action, à Malaga, en Espagne.

Photo : Courtoisie : Marcel Jobin

Les prochains mondiaux intérieurs doivent avoir lieu au Canada, en Alberta, au printemps 2021. Le précurseur de la marche olympique au Québec compte garder la cadence jusque-là, tout en respectant les restrictions imposées par les autorités.

Tous les jours, je vais faire ma marche. [...] La seule fois où je sors, c’est quand je vais marcher mon 10 à 15 kilomètres, puis je rentre chez nous.

C’est des personnes que je connais qui vont faire mon épicerie, ils viennent m’amener les choses. J’essaie de donner l’exemple aux autres, enchaîne-t-il.

Éternel optimiste

Malgré ses déboires, Marcel Jobin reste positif.

Jamais deux sans trois, lance-t-il en riant, soulignant ses trois revers, tous inattendus.

Quand ça m’arrive, ces déceptions-là, c’est sûr que je n’aime pas ça, c’est pas facile. Mais il y a d’autres choses dans la vie plus dures que ça. Ce qu’on vit à l’heure actuelle, c’est pas mal plus grave que les petites déceptions que je vis, dit-il avec philosophie. 

Présentement, ça va très bien, je suis en bonne forme, en bonne condition. C’est bien beau de gagner des médailles et des championnats, mais moi, mon but principal ce n’est pas ça, [...] c’est la santé. C’est de rester en forme.

Marcel Jobin, champion du monde au 3000 m chez les maîtres

J’ai motivé beaucoup de personnes à faire de l’activité physique, affirme le septuagénaire, qui a été l’un des premiers au Québec à promouvoir la course à pied et l’entraînement, il y a plus de 50 ans.

Une photo d'archive de marcheurs en compétition

Marcel Jobin, en deuxième position, lors d'une compétition

Photo : Radio-Canada / Archives de Radio-Canada

Dans les années 60, à part jouer au hockey, il n'y avait pas grand monde qui croyait à l’activité physique. Aujourd’hui, les gens ont compris que c’est important, se réjouit-il.

Sa flamme est toujours bien vive. Il veut garder la forme et inspirer les autres encore longtemps.

Si la santé le permet [...], l’année d’après ça va être les Championnats du monde extérieurs en 2022. Ben là, je vais avoir 80 ans, je vais changer de catégorie. Je vais avoir des chances encore de gagner des médailles d’or, affirme le fou en pyjama.

Pourquoi le « fou en pyjama »?

Quand j’ai commencé à faire du sport en 58, à Shawinigan, les gens me voyaient courir avec mes culottes en coton ouaté, et les gens pensaient que c’étaient des pyjamas, raconte celui qui a pris goût à son surnom. Alors, en 80, quand j’ai écrit un livre, la maison d’édition m’a demandé si ça me dérangerait que le titre du livre soit Le fou en pyjama. C’est resté accroché à mon nom!

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !