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Russ Anber encaisse le coup

Son entreprise de boxe tourne au ralenti, mais le patron reste enthousiaste.

Il s'entraîne dans un ring.

Russ Anber

Photo : Courtoisie YouTube

Jean-François Chabot

Qui dit arrêt des compétitions et fermeture des gymnases dit forte baisse de la demande d’équipements sportifs. Russ Anber est monté dans le ring pour défendre son entreprise.

Le Montréalais est le président et fondateur de l'entreprise Rival, qui, depuis maintenant 17 ans, fait sa place sur la scène mondiale comme fournisseur de gants, de chaussures, de sacs de frappe et de tout l’attirail lié à la pratique de la boxe.

S’il est fier que son entreprise soit la première du genre au Québec et au Canada à percer dans l’industrie mondiale de la boxe, Anber a dû, comme tant d’autres, la mettre en veilleuse en raison de la pandémie de COVID-19.

Si les opérations courantes sont au ralenti, les commandes lui parviennent encore par l'intermédiaire de sa boutique en ligne.

L’homme, qui gravite dans l’univers de la boxe depuis qu'il a 18 ans à titre d’entraîneur, reconnaît que les circonstances actuelles le sortent de sa zone de confort.

Tout ce que j’ai fait dans ma vie a un lien avec la boxe, que ce soit comme entraîneur chez les amateurs ou dans les rangs professionnels, comme président de Boxe Québec ou comme analyste avec Radio-Canada pour les Jeux olympiques. Alors c’est tout un changement. L’important pour moi, en ce moment, est de bien gérer mon entreprise, a d’abord indiqué Anber, joint chez lui par Radio-Canada Sports.

Après avoir invité ses clients, par les réseaux sociaux, à faire preuve de responsabilité sociale en obéissant aux mesures de confinement, de distanciation et d’hygiène, il s’est affairé à protéger ses employés.

Le plan de secours du gouvernement canadien lui a permis de protéger le lien d’emploi de la plupart des 15 employés, à temps plein ou partiel, du siège montréalais de Rival. Ceux-ci ont été invités à travailler à domicile.

Seuls les travailleurs dans ses magasins – des établissements qui sont jugés non essentiels et sont donc fermés – n’ont pas été retenus.

Au sud de la frontière, à Las Vegas, le point de distribution américain qui emploie quatre personnes a fait l’objet d’une fermeture en raison de son statut de commerce non essentiel. Seul le gérant demeure en poste.

L’entreprise a aussi des points de vente et de distribution en banlieue nord de Londres, à Paris et en Australie. Six personnes continuent d'exploiter ces sites.

Chiffres en baisse

Sans surprise, Rival – qui présente un chiffre d’affaires de près de cinq millions de dollars canadiens par année – s’attend à un manque à gagner. Mais Russ Anber n’a pas le sentiment que son entreprise a le dos dans les câbles.

Nos ventes sont certainement en baisse. Certains jours, la chute peut atteindre 70 % par rapport à nos commandes habituelles. Mais comme les gens souhaitent maintenant s’entraîner à la maison, il y a constamment des gens qui veulent se procurer nos produits.

Russ Anber, président de Rival
Ils sourient en tenant une ceinture de champion.

Russ Anber et Vasily Lomachenko

Photo : Courtoisie Russ Anber - Facebook

La visibilité de Rival ne cesse de croître par l'entremise de pugilistes d’envergure mondiale qui utilisent les produits de la marque dans leurs combats.

C’est le cas de Vasyl Lomachenko, d'Anthony Joshua, de Jean Pascal, d'Eleider Alvarez, d'Oscar Rivas, de Mikaël Zewski, de Marie-Eve Dicaire et de Kim Clavel.

Anber n’est pas peu fier que le p'tit gars de Sainte-Adèle amoureux de la boxe, comme il le dit lui-même, ait réussi à apporter son produit sur la scène mondiale.

Quand on pense à Lomachenko ou Joshua, ces gars-là pourraient aisément acheter mon entreprise. C’est de la petite monnaie dans leurs poches. Ils n’ont pas besoin d’utiliser mes gants. Je ne les paie pas pour qu’ils les portent. Ils les prennent parce qu’ils aiment nos gants.

Russ Anber

Vivement la reprise

Par rapport à la crise, qui pourrait perdurer, Anber se console en se disant que tout le monde est dans la même situation et qu’aucun de ses concurrents n’est en position de tirer avantage de la pandémie.

La différence entre mon entreprise et les autres est simple à comprendre. Les autres sont dirigées par des hommes d’affaires qui tentent de s’infiltrer dans le monde de la boxe. Moi, je suis un gars de boxe qui infiltre le monde des affaires, s'est-il plu à rappeler.

C’est pour cette raison qu’il se dit incapable de prévoir combien de temps son entreprise pourrait survivre dans les conditions actuelles. Il se sait bien entouré de passionnés et d’intervenants bien informés du monde de la boxe. Il a donc bon espoir de sortir gagnant au terme de cette bataille inattendue.

Il est important non seulement de survivre, mais surtout de préparer la manière dont nous allons sortir de cette crise. Ce serait une erreur de croire que tout reviendra à la normale du jour au lendemain. Ça risque de prendre du temps. Le monde sera à court d’argent. On risque une récession, ou peut-être même une dépression économique.

Russ Anber

Il est d’accord avec Yvon Michel pour dire que la boxe pourrait réintégrer sa place dans le calendrier sportif plus aisément que les équipes ou les ligues professionnelles.

C’est vrai que la boxe a été en mesure de réduire rapidement ses dépenses, tandis que les ligues sont aux prises avec des engagements contractuels qui se chiffrent en milliards avec les joueurs, les entraîneurs, les commanditaires et les diffuseurs, explique-t-il.

Anber y met quand même un bémol.

Une chose va changer pour de nombreux promoteurs. Les casinos qui offraient beaucoup d’argent pour amener des événements dans leurs établissements vont être moins généreux. Les casinos ont perdu de grosses sommes à cause du coronavirus qui a entraîné leur fermeture, a-t-il soutenu, tout en ajoutant que les diffuseurs ont aussi vu leurs revenus plonger avec la perte de nombreux commanditaires.

Il pourrait, selon lui, en être de même pour le Casino de Montréal, même si les soirées les plus importantes pour la vente de billets se tiennent plutôt dans de grands amphithéâtres comme le Centre Bell, à Montréal; la Place Bell, à Laval; ou le Centre Vidéotron, à Québec.

Il regarde son adversaire.

Eleider Alvarez

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

Sur le plan personnel, Anber dit profiter de cette pause forcée pour passer du temps chez lui, chose qu’il n’a pas souvent l’occasion de faire.

Au cours des cinq dernières années, j’ai parcouru plus de 500 000 milles [800 000 kilomètres] en avion. Pour moi, c’est l’occasion d’un petit repos. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pu profiter de mon chez-moi, a dit Anber.

Mais je peux vous dire qu’il y a peut-être une chose qui me sauve la vie en ce moment. Je n’ai jamais été aussi content de posséder une table de snooker au sous-sol. Sans ça, j’admets que je serais peut-être devenu un peu fou, a conclu l’homme en riant de bon cœur.

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