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Mikaël Kingsbury à la poursuite de Lindsey Vonn

Il tient ses skis dans sa main droite.

Mikaël Kingsbury lève les bras après sa victoire à Mont-Tremblant en janvier 2020.

Photo : Getty Images / Jacques Boissinot

Michel Chabot

Comme pour de nombreux athlètes partout sur la planète, la saison du bosseur Mikaël Kingsbury a pris fin abruptement en raison de la pandémie. Mais le virus ne l’a pas empêché de remporter les grands honneurs de sa discipline pour une neuvième saison de suite et de continuer à viser d'ambitieux objectifs.

Kingsbury est revenu au pays il y a un peu plus de trois semaines et il s’est isolé pendant 14 jours, comme le demandaient les autorités.

À la dernière Coupe du monde, en Suède, qui avait été annulée, je savais déjà que j’allais rentrer à la maison et aller en quarantaine, raconte-t-il. Ç’a bien adonné parce que ma copine était à l’université, qui venait d’être fermée à ce moment-là. J’ai fait une semaine à mon condo à Montréal et nous avons un chalet familial à Saint-Sauveur. Alors, nous sommes allés d’une bulle à l’autre pour une autre semaine. Nous ne sommes pas allés à l’épicerie une seule fois, on la recevait directement de nos familles. Ça s’est bien passé, mais c’était quand même long.

Depuis son retour au pays, l’athlète de 27 ans est devenu porte-parole du gouvernement du Québec pour encourager la population à observer les règles de confinement.

C’est quelque chose que je voulais vraiment faire, affirme Kingsbury. Je revenais directement de l’Europe. J’ai suivi la vague de la COVID-19. Je suis arrivé en Asie en même temps que le bateau de croisière au Japon. J’étais à Tokyo à ce moment-là. Tranquillement, tu voyais que ça s’en allait vers l’Europe. L’Italie a été atteinte, et moi, j’étais rendu en Russie quand ç’a vraiment explosé. Je m’en allais en Norvège et en Suède après.

Je suis rentré à la maison et je savais que j’avais des chances de l’avoir, mais je n’avais aucun symptôme. Je suis resté à la maison et je pense que ma parole peut avoir un impact auprès des jeunes. Le fait que François Legault a renforcé les règles, ça m’a donné le goût d’écrire un bon texte et d’essayer de motiver les jeunes à rester à la maison. Et j’ai eu de bons commentaires en général.

Mikaël Kingsbury, champion de bosses

Actif même en dehors de la compétition, le quadruple champion du monde s’entraîne du mieux qu’il le peut en courant à l’extérieur, en pédalant sur son vélo stationnaire et en soulevant quelques haltères, mais il admet parfois se sentir comme un lion en cage.

C’est sûr que oui, mais en même temps, c’étaient mes vacances de fin de saison, lance-t-il. Mon corps me demande de me reposer. C’était quand même un bon timing d’avoir fait une quarantaine à ce moment-là. Si tu parles avec bien des athlètes, il y en a qui se préparaient pour les Jeux d’été. Moi, ce sont mes vacances. Donc je pouvais bien profiter de ce temps-là et bien récupérer, mais je suis le genre de personne qui a besoin de dépenser beaucoup d’énergie pour dormir le soir.

Cuistot en herbe

Mikaël Kingsbury et l’élue de son cœur se divertissent en regardant des films, mais il commence à en avoir soupé du septième art, si bien qu’il développe maintenant ses talents dans la cuisine.

De plus en plus, j’aime cuisiner, révèle le jeune homme, amusé. C’est un bon temps pour faire des essais/erreurs et tenter de nouvelles recettes. On n’avait pas de barbecue, ma copine et moi, alors j’ai vraiment fait de bons steaks dans la poêle. J’étais vraiment surpris. Normalement, c’est bien meilleur sur un barbecue, mais je les faisais vraiment parfaitement saignants sans avoir le meilleur équipement.

Incontestable domination

Mikaël Kingsbury a soulevé deux autres globes de cristal au bout de l’hiver, le petit des bosses et le grand du ski acrobatique. Sa collection compte donc maintenant 18 globes. Et il n’a pas l’intention de s’arrêter là.

J’aime la compétition et je suis dans une position qui est spéciale : ça fait neuf ans de suite que je remporte les globes de cristal et le 1er rang mondial. Et l’année prochaine, je pourrais atteindre le 10, un chiffre vraiment rond. J’essaie de me trouver de petits objectifs tout au long de l’été pour me garder motivé et prêt.

Mikaël Kingsbury

Chaque année, poursuit-il, on dirait que j’arrive un peu plus prêt pour commencer la saison et là, même si ce sera différent à l’entraînement, vu tout ce qui se passe dans le monde, je suis sûr qu’il y a moyen d’arriver encore plus sharp pour la première Coupe du monde malgré le risque de moins skier cet été.

Une marque prestigieuse à sa portée

Le record de Lindsey Vonn, la grande dame du ski alpin, détentrice de 20 globes de cristal, est à sa portée dès la saison 2020-2021.

Si on se fie à la tendance des neuf dernières années, ça m’en ferait 20, précise Kingsbury. J’ai l’impression qu’il me reste encore au moins deux saisons en Coupe du monde, donc ça peut me rendre à 22. Mais sinon, j’ai envie de continuer après, alors ce sera peut-être plus.

Il tient un globe de cristal dans chaque main.

Mikaël Kingsbury

Photo : Mikaël Kingsbury / Twitter

C’est un petit objectif que j’ai derrière la tête, mais ce n’est pas ma principale préoccupation de battre Lindsey Vonn. Mais je pourrais être un jour le skieur qui a le plus de globes de cristal de l’histoire. Je trouve que c’est cool d’être dans une position de me battre pour ça.

Un globe de cristal, c’est dur à gagner, tu dois rester dans la bataille. Si tu rates deux ou trois courses d’affilée ou avec des performances moyennes qui te tiennent loin du podium, tu peux oublier ça.

Meilleure saison à vie

Le double médaillé olympique continue de s’améliorer d’année en année. Il compte maintenant 63 victoires et 91 podiums en 109 descentes en Coupe du monde. Et il se dit convaincu d’avoir atteint de nouveaux sommets cette saison, au cours de laquelle il a remporté 7 de ses 11 courses et a fini 2e les quatre autres fois.

Cette année, mon niveau de ski était meilleur. On s’entend que mon pire résultat, cette année, c’était de finir 2e, ce qui est incroyable. Et toutes les fois où j’ai fini 2e, j’aurais pu gagner. Donc, sur ma saison complète, j’aurais pu gagner chaque fois. Il n’y a eu que le Japonais Ikuma Horishima qui a été capable de me battre. Et chaque fois que j’ai fini 2e, j’ai réussi à gagner l’autre course d’après. J’ai été capable de rebondir.

Mikaël Kingsbury

La relève peut attendre

Mikaël Kingsbury a devancé Horishima et le Français Benjamin Cavet dans cet ordre au classement final ces deux dernières années. De plus jeunes skieurs poussent, dit-il, mais la hiérarchie mondiale ne semble pas sur le point d’être bouleversée.

Les jeunes sont vraiment bons, mais il leur manque une petite coche pour rivaliser avec moi, Ikuma et Ben, dit-il. C’est la raison pour laquelle nous sommes 1er, 2e et 3e au monde. Les gars sont motivés à me battre et je sais qu’ils vont s’entraîner fort. Mais rien ne me motive autant que de savoir qu’il y a du monde motivé autant que moi.

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