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Le hockey international retient son souffle en attendant la décision de la LNH

Il donne des indications.

Philippe Bozon derrière le banc de l'équipe de France

Photo : Courtoisie XAVIER LAINE - FFHG

Jean-François Chabot

Pendant que la LNH planche sur la suite à donner ou non à sa saison 2019-2020, le hockey international retient son souffle.

Philippe Bozon est l’entraîneur-chef de la France depuis deux ans. Il est, comme bon nombre de dirigeants européens, dans le brouillard le plus complet quant à la direction que prendra son calendrier au cours des prochaines semaines.

Premier joueur français à avoir fait sa marque dans la LNH, cet ancien attaquant des Blues de Saint Louis a hâte de savoir quand il pourra convier les membres des Bleus à un camp.

On tente de tabler sur des plans B, C ou D pour savoir si on peut réunir l’équipe avant la qualification olympique [pour les Jeux de Pékin 2022, NDLR] qui doit se tenir en août, a-t-il dit quand Radio-Canada Sports l'a joint à son domicile près d’Antibes, dans le sud de la France.

La France a perdu sa place dans le premier groupe mondial et doit à présent lutter afin de participer aux Jeux olympiques.

Je crois savoir que cela dépendra beaucoup de la LNH. Si la ligue veut absolument poursuivre ou finir sa saison, cela aura un impact direct sur les qualifications olympiques parce qu’ils joueraient forcément au hockey au mois d’août et que ça décalera les qualifications en raison de la non-disponibilité de nombreux joueurs qui ne sont pas originaires de l’Amérique du Nord.

Philippe Bozon, entraîneur-chef de l'équipe de France

Son plan A serait de faire parvenir des invitations aux candidats d’ici le 15 avril pour mettre sur pied un stage avant le camp. Si on devait l’annuler, on l’annulerait. Mais, au moins, les joueurs sauraient qu’ils sont ciblés en vue de la préparation olympique, a ajouté l'homme de 53 ans.

En Europe, tous les championnats nationaux ont été fermés. En France, on venait de conclure les quarts de finale de la Coupe Magnus lorsque la Fédération française (FFHG) a tiré un trait sur ses activités. La Fédération internationale (IIHF) et son président René Fasel sont eux aussi en mode attente.

Ils se regardent.

René Fasel et Gary Bettman

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Philippe Bozon ne se dit pas surpris que la LNH prenne son temps à prendre position face à la pandémie du coronavirus.

Je comprends l’impact et les enjeux économiques de tout le monde. Les décisions de la LNH sont souvent économiques, même pour le choix des joueurs. Par contre, je pense qu’à un moment donné, ils n’auront pas le choix d’arrêter. Je ne suis pas sûr qu’aux États-Unis, ils ont bien pris l’ampleur de cette pandémie. Les choses iront en s’aggravant. À voir leur gestion de la crise différente des autres pays, je pense qu’ils vont avoir un sacré retour de bâton.

Philippe Bozon

Bozon s’est dit ulcéré de voir que la semaine de relâche s’était déroulée en Floride comme si de rien n’était. À un moment donné, tout va se payer. Et je ne suis pas optimiste de voir la LNH reprendre ses activités, a-t-il insisté.

Pour ce qui est d’une éventuelle reprise des activités du Championnat de France, Bozon confirme ce que Nicola Riopel et Benoît Laporte nous ont confié, à savoir que la plupart des équipes devront assurément opérer avec des budgets réduits de 20 à 30 %.

Des nouvelles de la famille

Le nom Bozon a bien sûr une résonance particulière auprès des partisans du Canadien de Montréal. Ceux-ci se souviendront que le fils de Philippe, Tim, a appartenu à l’organisation du Tricolore durant près de quatre ans.

Ce choix de troisième tour en 2012 n’a jamais joué dans la LNH. Il avait fait les manchettes en mars 2014 à cause de son état de santé.

Tim Bozon, qui a aujourd’hui 26 ans, avait souffert d’une grave méningite lorsqu’il jouait avec l'Ice de Kootenay dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL).

Quand on lui souligne que le clan Bozon ne joue vraiment pas de chance face aux micro-organismes, Philippe insiste pour dire que tout cela fait heureusement partie du passé.

C’était un événement de sa vie pas évident. C’est derrière nous et on n’en parle plus. Il a repris sa carrière en Suisse. Il joue avec le Genève Servette depuis deux ans. Il est aussi membre de l’équipe de France, a souligné le papa avec un brin de fierté.

Il s'étire.

Tim Bozon

Photo : Courtoise XAVIER LAINE - FFHG

Quand on lui fait remarquer qu’il y a maintenant eu trois générations de Bozon au sein de l’équipe de France [le grand-père Alain a aussi joué pour la France, NDLR], Philippe sourit.

Les Bozon sont-ils les Geoffrion de l’Hexagone? Ça n’est pas parti pour ça, s’est exclamé Philippe. Aucun des enfants n’est engagé nulle part. Il n’y a pas de petit en route. C’est peut-être un peu tôt pour le dire, mais qui sait si la tradition perdurera?

Kevin, l’autre fils de Philippe, a 24 ans, et joue depuis trois ans au sein du club de Winterthur, en deuxième division suisse. Tout comme son frère aîné, il a grandi en Suisse pendant que leur père jouait à Lugano, puis à Genève, où il a raccroché ses patins en 2006.

Le sport est omniprésent chez les Bozon, puisque la conjointe de Philippe, Hélène Barbier, a fait partie de l’équipe nationale française de ski alpin.

Leur seule fille, Allison, a fait un court séjour à Montréal, où elle travaillait au Ritz-Carlton. Des ennuis de santé, maintenant réglés, l’avaient contrainte de rentrer en France.

En attendant, la famille vit ce que plus des deux tiers de la planète subissent en ce moment, c’est-à-dire le confinement et les nombreuses restrictions causées par la COVID-19.

Même si les premiers signes d’un recul de la contagion se pointent le bout du nez en France, Philippe Bozon demeure très prudent et s’abstient de crier victoire.

Je n’irai pas là tout de suite, parce que dès que l’on parle d’une courbe qui commence à redescendre. On a vu aussitôt, avec le retour du beau temps ce week-end, les gens recommencer à sortir en masse dans les rues. Du coup, on risque d’avoir, comme on le dit ici, un retour de bâton, et de nous retrouver dans quelques jours avec une courbe qui remonte.

Philippe Bozon

Philippe Bozon est de ceux qui attendront les chiffres des prochains jours pour voir si la tendance des dernières heures s’inscrira dans la durée.

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