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Les bailleurs de fonds rassurent les athlètes canadiens et leurs fédérations

Ils marchent dans le stade pendant la cérémonie d'ouverture.

Une partie des athlètes canadiens présents aux Jeux olympiques Rio en 2016

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

Michel Chabot

2020 devait être une année olympique. Avec le report des Jeux de Tokyo à 2021, les instances sportives du Canada redoublent d’ardeur pour restructurer leurs activités. Bien des dirigeants et des athlètes s’inquiètent pour l’avenir. Les bailleurs de fonds comme À nous le podium et B2dix tentent de se faire rassurants.

Les athlètes sont un peu tous inquiets de ce qui va arriver dans la prochaine année avec le financement des fédérations sportives et l’impact qu’il y aura, souligne Dominick Gauthier, directeur de B2dix, un organisme qui vient en aide aux athlètes. Tant mieux s’il n’y en a pas, mais je pense qu’il y a quand même des inquiétudes.

Le programme À nous le podium (ANP) a déjà annoncé à la fin mars qu’il allait octroyer 40,5 millions de dollars aux fédérations établies comme les plus performantes au Canada pour l’année qui vient, la même somme que pour l’exercice 2019-2020.

Maintenant que nous savons les dates du report des Jeux de Tokyo, nous avons été en mesure de travailler avec les partenaires financiers pour donner cette assurance que le financement privé ou public serait en place pour soutenir nos athlètes, dit Lane MacAdam, directeur Partenariat et Opérations d'ANP.

Le Comité olympique canadien (COC) injecte 85 % de ces quelque 40 millions, auxquels contribue également Sport Canada. Eric Myles, chef du Sport au COC, mentionne que des décisions rapides ont été prises.

Les sports d’été recevaient 50 % de leur enveloppe et en avançant dans l’année, avec les rapports, etc., l’autre 50 % arrivait. Là, nous avons pris une décision qui était facile à prendre dans les circonstances: c’est d’immédiatement verser 100 % du financement. C’est 5,7 millions aux fédérations et ils vont l’avoir la semaine prochaine.

Le COC songe à ajuster les sommes versées aux athlètes en 2021. Le dossier est à l’étude.

Situation précaire

Plusieurs athlètes du pays se questionnent sur leur situation financière fragilisée par la crise du coronavirus. Dominick Gauthier illustre quelques-uns des problèmes auxquels ils doivent faire face.

Ce n’est pas vrai que Nike ou Adidas vont signer des contrats ces temps-ci. Je sais que des athlètes se sont fait avertir que leurs contrats diminueraient et, s’ils sont chanceux, qu'ils seront renouvelés. Les marques sportives, l’une des premières choses qu’ils vont couper, ce sera la commandite.

Dominick Gauthier, cofondateur de B2dix

B2dix soutient des espoirs de médailles à raison d’environ 2 millions de dollars par année, grâce à la générosité de philanthropes. Et des ententes à long terme permettent de continuer d’appuyer les 25 athlètes et les 3 équipes canadiennes de ce programme.

On ne va rien changer, on va continuer de les supporter jusqu’en 2021, dit Dominick Gauthier. Prenez Melissa Humana-Paredes et Sarah Pavan, des joueuses de volleyball de plage. Ce sont probablement les athlètes sur lesquelles on investit le plus d’argent présentement. Elles ne vont pas aux tournois en Chine et au Brésil, donc il y a moins de dépenses que prévu pour les quatre prochains mois. On va pouvoir reporter ça dans notre nouvelle planification annuelle.

Les fédérations en difficulté

Du côté d’ANP, on reconnaît que le manque à gagner des fédérations pourrait faire très mal et la direction du programme de haute performance réfléchit à des solutions pour les aider. Athlétisme Canada, qui devait organiser les sélections olympiques à Montréal, ne pourra par exemple pas compter sur les revenus de cet événement. Et c’est encore pire pour Patinage Canada, qui s’attendait à engranger les bénéfices reliés aux mondiaux, en mars, également à Montréal.

Je suis certain que la fédération comptait sur une certaine marge de profits pour cet événement-là, alors ça a un impact sur le financement, reconnaît Lane MacAdam. Nous sommes en contact régulièrement avec les fédérations pour tenter de revoir le modèle de financement, pour tenter de nous ajuster. Nous n’avons pas toutes les réponses maintenant, mais c’est certain qu’il y a une très grande communication entre les partenaires financiers.

Le COC est aussi préoccupé par le sort des fédérations et leur vient en aide de plusieurs façons. Il participe, entre autres, au processus de sélections olympiques avec un service juridique que nous mettons en place pour ne pas que les fédérations soient toutes seules là-dedans, assure Eric Myles.

Un partage d’expertise en matière de ressources humaines vient également appuyer les fédérations qui doivent temporairement mettre des employés à pied.

C’est un programme de soutien aux fédérations, précise Eric Myles. C’est la troisième version. Nous avons déjà mis plus de 15 millions là-dedans et nous allons ajuster le tir avec la situation actuelle.

Le COC tente donc de se faire rassurant, mais il souhaite que les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux s’impliquent également pour que le sport souffre le moins possible de la crise.

On voit des pays qui sont en guerre ou qui sont en ruines et les premiers signes de vie qu’on va revoir, ce sont des jeunes qui vont bouger, jouer au ballon, courir dans un parc, nager et s’amuser. Ce sont des discussions importantes que nous avons et qui sont bien au-delà de la performance des Jeux.

Erik Myles, chef du Sport au Comité olympique canadien

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