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L'avenir incertain des hockeyeurs québécois en Europe

Une joueur marque un but entre les jambières du gardien.

Scène de la finale de la Coupe de France 2019 entre les clubs de Lyon (en blanc) et Amiens (en rouge)

Photo : Courtoisie FFHG - XAVIER LAINE

Jean-François Chabot

Les lendemains de la pandémie s’annoncent sombres pour bon nombre de hockeyeurs québécois qui gagnent leur vie en Europe.

Nicola Riopel, ex-gardien de but et ancien choix de cinquième tour des Flyers de Philadelphie en 2009, est aujourd’hui à la tête de l’Agence Propulsion, qu’il a cofondée.

Son groupe se spécialise auprès d’une clientèle de joueurs qui déploient leur talent en Europe, essentiellement en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en France et en Italie.

La situation a de quoi susciter de nombreuses interrogations sur la suite des choses.

Habituellement, la période de recrutement pour l’Europe se déroule d’avril à juin. Plus de 80 % des signatures de contrat se font durant cette période. C’est le moment où des joueurs qui croyaient obtenir une entente avec une équipe de la Ligue américaine se tournent vers les clubs européens, explique l’ancien porte-couleurs des Wildcats de Moncton (LHJMQ).

Pour Riopel qui représente plus d'une vingtaine de joueurs en Europe, la COVID-19 se fera sentir sur les budgets des équipes en raison de la perte de leurs commanditaires habituels ou d'une partie de leur public.

Présentement, beaucoup d’équipes sont incapables de donner un budget à leur directeur général parce que tout est en arrêt total au minimum jusqu’à la mi-avril. Des commanditaires vont se retirer, d’autres donneront 20 % ou 30 % en moins par rapport à l’an passé. Les salaires et les offres faites aux joueurs pourraient être réduits en conséquence.

Nicola Riopel, agent de joueurs
Il sourit, assis à son bureau.

Nicola Riopel dans ses bureaux de l'Agence Propulsion

Photo : Courtoisie Propulsion - Guillaume Séguin

Des départs précipités

Certaines équipes européennes pourraient même devoir fermer leurs livres de façon définitive.

Les contrats professionnels en France se terminent normalement à la fin avril. Quand la ligue a mis fin à sa saison, beaucoup d’équipes ont fermé les contrats dès la mi-mars ou au début avril pour limiter les dépenses, dit Riopel.

C’est ainsi que les joueurs étrangers ont quitté l'Europe précipitamment, d’abord parce qu’ils perdaient l’usage de l’appartement et de la voiture qui leur étaient fournis par contrat, mais aussi parce qu’il leur fallait rentrer chez eux avant la fermeture des frontières.

Les primes d’assurances habituellement couvertes par les équipes allaient aussi être résiliées. Comme stipulé dans les contrats, le coût des billets d’avion pour le retour à la maison a été assumé par les équipes.

Même si plusieurs joueurs souhaitent se trouver une nouvelle niche, personne ne sait à quel moment la prochaine saison commencera. En Amérique du Nord, ça démarre normalement début octobre, tandis qu’en Europe, certains camps d’entraînement s’ouvrent dès la fin juillet. Les frontières seront-elles ouvertes? Les vols internationaux auront-ils repris? Trop de questions restent sans réponses, souligne Riopel.

Pour les entraîneurs aussi

Benoît Laporte, l’un de ses partenaires, compte plus de 35 ans d’expérience en Europe, comme joueur, puis comme entraîneur. Jamais repêché, il a brièvement appartenu aux Maple Leafs de Toronto (1979-1980).

Après quatre saisons passées à vivoter entre la East Coast Hockey League (ECHL), la Ligue américaine (AHL) et la Ligue centrale (CHL), il s’est exilé en France.

Ce qui ne devait être qu’une courte aventure pour découvrir les vieux pays à moto s’est finalement étalé sur plus de trois décennies dans des engagements qui l’ont mené en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

Rentré au Québec il y a deux ans, il dirigeait jusqu’à tout récemment la destinée du 3L de Rivière-du-Loup dans la Ligue nord-américaine (LNAH).

Il regarde le match à partir du banc de son équipe.

Benoît Laporte

Photo : Courtoisie Agence Propulsion

Benoît Laporte s’affaire, à temps partiel, à dénicher des ouvertures pour des entraîneurs qui auraient les aptitudes nécessaires à la bonne conduite d’une équipe au travers les particularités culturelles et sportives propres à chaque pays européen.

J’ai quatre clients dont je m’occupe et qui occupent des postes d’entraîneur-chef ou d’adjoint. Mais à cause de la pandémie, c’est impossible en ce moment de trouver de nouvelles ouvertures, confirme cet ancien attaquant des Olympiques de Hull, des Cataractes de Shawinigan et des Draveurs de Trois-Rivières.

C’est sûr et certain que les pertes financières seront énormes. Certaines équipes devront attendre entre six et huit semaines avant de pouvoir établir leur budget. Ces budgets seront tributaires des commanditaires qui, dans bien des cas, auront peut-être fait faillite.

Benoît Laporte, agent d'entraîneurs

Comme le coronavirus a frappé plus tard en Amérique du Nord, il craint aussi que les équipes européennes choisissent de lancer la prochaine saison en se passant des joueurs nord-américains.

Laporte constate que les organisations, assurées de ne pas avoir à participer à une surenchère pour mettre la main sur des joueurs, se contentent de déposer des offres minimalistes.

Devant le vaste bassin de joueurs provenant d’autres nations européennes comme la Suède, la Finlande ou la République tchèque, les équipes en mal d’économies ont l’embarras du choix.

Avec le gel des activités en raison de la COVID-19, les hockeyeurs et entraîneurs d’ici se retrouvent avec une glace bien mince sous les pieds pour la suite de leur carrière à l’étranger.

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