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Eugène Lapierre s'inquiète pour la Coupe Rogers

Il donne une entrevue.

Eugène Lapierre

Photo : Radio-Canada

Michel Chabot

L'annulation de Wimbledon a eu l’effet d’un véritable coup d’assommoir sur le monde du tennis en général. Les organisateurs de la Coupe Rogers à Montréal ne s'en cachent pas : ils s'inquiètent pour leur tournoi.

On s’y attendait, a répondu mercredi Eugène Lapierre, grand manitou de la Coupe Rogers. On regardait les choses aller depuis une semaine à travers le monde, notamment en Grande-Bretagne. On entendait les discussions qui se tenaient du côté de Wimbledon, de l’ATP, de la WTA. Tout le monde s’est parlé et c’est une annonce un peu de concert.

On attendait l’appel de Wimbledon pour que l’ATP et la WTA et aussi la Fédération internationale annulent tous les tournois professionnels jusqu’au 13 juillet. Ça repousse encore le début d’une saison de tennis éventuelle, mais là, bien du monde commence à douter de ce qui va se passer pour la suite.

L’ancienne numéro 1 mondiale Amélie Mauresmo suggérait mardi d’annuler toute la saison 2020.

Ç’a beaucoup de mérite de dire que tant qu’on n'a pas de vaccin pour ce virus, c’est un peu compliqué de se lancer à travers le monde, d’inviter les spectateurs, les joueurs, les officiels à voyager, dit Eugène Lapierre. J’ai l’impression que ça s’en va dans cette direction-là moi aussi. Par contre, il faut suivre un certain processus pour prendre les décisions et pour l’instant, ça va au 13 juillet et on verra à partir de là.

La Coupe Rogers en danger

Évidemment, la Coupe Rogers semble aussi menacée. Et même si le tournoi n’a lieu qu’en août, il y a tout lieu de s’inquiéter.

Il y a tellement d’intérêts en jeu du côté des grands événements, surtout que la plupart des acteurs, que ce soit l’ATP, la WTA, les organisateurs de tournois, les fédérations ou même les intérêts privés, essaient de s’accrocher à la moindre bouée d’optimisme qui peut encore exister et dire que s’il arrive une solution et que le monde se rouvre, on va pouvoir tenir tous nos événements.

Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada et directeur de la Coupe Rogers à Montréal

Donc, on a mis en place, avec les circuits, un processus qui va aller étape par étape, poursuit-il. Là, on est rendu au 13 juillet. C’est sûr que la suite, c’est la saison de tournois sur surface dure. On est encore à quatre mois de l’événement et il y a des gens qui disent : "On a vu ce qui se passait ailleurs, la courbe est retombée, sait-on jamais."

Il y a des optimistes, il y a des pessimistes. Et moi, j’essaie de me placer entre les deux, du côté du réalisme. On va attendre de voir ce qui se passe et on prendra les décisions en temps et lieu.

La relève pourrait écoper

Si la Coupe Rogers est rayée du calendrier, les retombées négatives seront considérables pour Tennis Canada. Les millions de dollars perdus laisseraient la relève tennistique du pays en bien mauvaise posture.

C’est un coup dur majeur pour le développement du tennis au Canada, laisse tomber Eugène Lapierre. Tout le monde comprend bien que la Coupe Rogers à Montréal et Toronto finance tout le développement de notre sport. Plus de 90 % de nos dépenses proviennent des retombées de ces deux événements-là. Alors, nous sommes en train de travailler sur toutes sortes de scénarios devant la probabilité que les tournois n’aient pas lieu. Nous allons regarder ce que ça veut dire pour le reste de cette année, pour l’année prochaine et peut-être pour quelques années à venir aussi. Il va falloir se serrer la ceinture et voir comment remettre l’organisation sur pied après.

Trouver du financement ne sera pas une mince tâche pour les cerveaux du tennis canadien. Ils devront se montrer créatifs afin de générer de nouvelles entrées d’argent, mais le manque à gagner sera impossible à rattraper.

Ce n’est pas si simple d’organiser quelque chose qui n’est pas dans ce qu’on fait habituellement, explique Lapierre. J’entends la même chose du côté des grands événements culturels, que ce soit le Festival de Jazz ou Juste pour rire. On va regarder ce qu’on peut faire à l’automne quand ça va se rouvrir un peu et donner un peu de bonheur aux gens de venir participer à un événement. Mais on n’en est pas là pour l’instant. Et même si c’était ça, il n’est pas question de faire un truc qui va amener énormément de financement.

Nous, quand on a un événement comme la Coupe Rogers, on a des commanditaires majeurs, on a le revenu de la billetterie qui est énorme, tout comme les revenus des droits de la télévision. On ne peut plus compter sur aucun de ces revenus-là. C’est clair que ce n’est pas remplaçable. Il va falloir travailler autrement et qu’on se restructure.

Eugène Lapierre

Inévitablement, sans ses lucratifs tournois à Montréal et à Toronto, Tennis Canada n’aurait d’autre choix que de procéder à des mises à pied temporaires. Eugène Lapierre le reconnaît, mais il préfère ne pas trop penser à ces déchirantes décisions pour le moment.

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