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Linda Morais a plus de temps pour se relancer vers Tokyo

Elle saisit la cuisse de sa rivale.

Linda Morais (en gris) en action chez les moins de 59 kg

Photo : Martin Gabor - Courtoisie Lutte Canada

La lutteuse Linda Morais a raté sa qualification olympique il y a quelques semaines. Le report des Jeux olympiques de Tokyo lui donne toutefois du temps pour corriger ses erreurs avant le tournoi de la dernière chance.

Une défaite en demi-finale l'a exclue à Ottawa le 14 mars lors d'un des derniers événements sportifs à s'être tenus au pays. Seules les athlètes finalistes du tournoi obtenaient leur billet pour Tokyo.

Être championne du monde ne lui donne pas un laissez-passer automatique, car elle a décroché son titre dans une catégorie de poids (59 kg) qui n'est pas olympique. Dans sa quête, elle doit se battre chez les 57 kg.

Ce sont des filles différentes, elles sont plus petites. Elles sont vraiment rapides, explique-t-elle à Radio-Canada Sports. Je n'ai fait que deux tournois dans les 57 kg. J'ai besoin de plus d'expérience. Comme j'ai gagné le titre canadien dans les 57 kg, c'est donc dans cette catégorie que je peux tenter de me qualifier pour les JO.

À Ottawa, son premier combat contre la championne olympique en titre, l'Américaine Helen Maroulis, a été à sens unique. Une défaite cinglante qui a déteint sur sa grosse journée de travail.

Depuis le 14 mars, Morais a digéré sa déception et peut faire une analyse lucide de cette mauvaise journée.

Je me suis mis beaucoup de pression sur moi-même, admet-elle. Je n'aurais pas du stresser autant avec le résultat, et y aller un moment à la fois pour chaque combat.

Elle tente d'attraper une adversaire pendant un combat.

Linda Morais

Photo : -

J'ai appris de cette journée. J'ai des faiblesses dans mes techniques. Dans deux combats, j'étais trop sur mon dos, et je dois corriger ça. Et comme c'était à cause de mes propres erreurs, c'est quelque chose que je peux améliorer. Dès que je pourrai retourner sur les tapis, je vais corriger ces petits détails avec mon entraîneur.

Des conditions difficiles

Les conditions n'étaient pas idéales pour les athlètes à Ottawa en raison des premiers signes de la propagation du coronavirus. C'était à huis clos, sans le soutien des parents et des amis.

De plus, des athlètes toussaient beaucoup en raison de l'effort cardiovasculaire et se demandaient s'ils n'avaient pas attrapé le virus. Enfin, l'horaire des combats était très serré.

Le système de qualification faisait que les athlètes avaient quatre combats à disputer en un court temps, mentionne Martine Dugrenier, membre de l'équipe d'entraîneurs de Morais. On ne voit pas ça souvent en lutte. Je me demande si ça a eu un effet, mais tout le monde était dans le même bateau.

Elle sourit.

Martine Dugrenier

Photo : Facebook / Martine Dugrenier

En demi-finales, Linda pouvait gagner le combat contre la Mexicaine, affirme Dugrenier. Parfois, quand on veut trop, on fait des erreurs. Après sa défaite, je lui ai dit que, parfois, les circonstances nous permettent de nous préparer encore mieux pour les Jeux. Ces défaites nous rendent plus sharp.

C'est vrai, confirme Linda Morais. Avec ces défaites-là, tu peux vraiment voir les trous dans ta technique. Maintenant, je connais ce que je dois travailler avant le prochain tournoi de qualification.

Il lui reste une dernière chance de se qualifier pour les Jeux de Tokyo. Ce devait être à Sofia, en Bulgarie, en juin. Le tournoi a été reporté à une date indéterminée.

J'ai accepté le résultat d'Ottawa, c'est important pour continuer, affirme Morais. Il me reste une chance, ça reste pareil, sauf que c'est repoussé d'une année. Là, il faut attendre de voir ce qui va se passer avec le virus.

J'ai eu un peu de temps pour réfléchir, et j'aime l'idée d'avoir une autre année pour me préparer, affirme-t-elle. J'ai quand même plusieurs faiblesses que j'aimerais corriger.

Donc, je tirerai avantage de ce temps supplémentaire qui nous est accordé pour encore mieux me préparer, fait-elle remarquer.

Elle sourit.

Linda Morais

Photo : Lutte Canada / Michael P. Hall

La vie continue

Elle espère juste continuer à recevoir le financement de Sport Canada.

Je me fie au Programme d'aide aux athlètes, explique-t-elle. J'espère que rien ne va changer, et que je continuerai à recevoir mes chèques chaque mois. Si le programme devait lâcher, je serais dans le trouble. Mais pour l'instant, c'est correct.

Morais est condamnée à attendre, comme tout le monde, sans savoir de quoi demain sera fait.

Elle doit attendre de connaître le nouveau calendrier de la Fédération internationale (United World Wrestling), et, en ces temps de confinement, continuer à s'entraîner.

Je suis à Windsor avec ma famille, ça, c'est bien, explique-t-elle. J'essaie de garder une petite routine d'entraînement chez moi, ce qui aide l'esprit. J'ai un vélo, je me concentre sur un programme de cardio, et j'ai des poids, ce qui me permet de travailler aussi en puissance. Mais c'est vraiment différent comme routine.

On n'a pas le droit d'aller sur les tapis, alors je vais faire de mon mieux pour me tenir en forme. J'ai même fait quelques entraînements avec des amis via l'application FaceTime, ajoute-t-elle.

Le report des Jeux à l'été 2021 donne plus d'une année à la Canadienne pour corriger ses lacunes, et pour trouver la meilleure façon de se qualifier.

C'est une bonne décision de repousser les Jeux d'une année. Il faut se rappeler que la décision a été prise afin de nous protéger. C'est une décision extrême, mais nécessaire pour la réalité d'aujourd'hui, conclut-elle.

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