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« Les gens retrouvent l'envie de s'entraider » - Alessandro Zanardi

Il se retourne et lève le poing droit.

Alessandro Zanardi

Photo : Getty Images / LEON NEAL

Radio-Canada

Le paracycliste et ancien coureur automobile Alessandro Zanardi est au cœur de la tempête. Il habite avec sa femme et son fils à Padoue, à une quinzaine de kilomètres de Venise, en Vénétie, dans le nord de l'Italie, très durement touchée par la pandémie de coronavirus.

On recense en Italie plus 13 915 morts du virus en date du 3 avril et plus de 600 morts par jour depuis le 19 mars. Des chiffres alarmants.

Plusieurs villes du nord ont été mises en quarantaine depuis février, dont une, la commune de Vo’Euganeo, dans la région de Padoue, où habite Alessandro Zanardi.

Vo’Euganeo est aujourd'hui sortie d'affaire. La Vénétie a misé sur un confinement rapide et total, et sur des tests à grande échelle, même pour les personnes n'ayant aucun symptôme. La propagation a ralenti dans cette région en mars.

Nous allons bien. Nous sommes en famille dans notre belle maison en bois avec un grand jardin. Nous sommes en santé, nous ne souffrons pas particulièrement de ce qui arrive, alors je crois que nous sommes privilégiés dans les circonstances, admet Zanardi dans une entrevue partagée par l'un de ses commanditaires. Nous pensons très fort aux familles éprouvées par la pandémie, également au personnel médical dans les hôpitaux. Nous nous estimons très chanceux.

Elle est collée sur un mur.

Une affiche d'Alessandro Zanardi

Photo : Instagram

Malgré la pandémie, qui le force à rester chez lui, le sport et l'entraînement restent son oxygène.

J'ai mon équipement à portée de main. Le bon côté de ce qui arrive, c'est que le téléphone sonne moins souvent pour toutes sortes de choses, alors je bâtis mes journées comme je le veux en suivant mes priorités, explique-t-il. Je décide d'abord du temps de la journée durant lequel je vais m'entraîner, et je bâtis le reste de ma journée autour de ça.

Les Jeux de Tokyo en 2021

Alessandro Zanardi veut aller à Tokyo pour participer à ses troisièmes Jeux paralympiques. Mais il réalise que le temps passe. Il a remporté ses deux premières médailles d'or aux Jeux de 2012, à Londres, puis deux autres en 2016 au Brésil.

Jusqu'à tout récemment, ma priorité était mon entraînement en vue des Jeux de Tokyo. Maintenant, je dois revoir tout mon programme, admet l'Italien. Mais j'arrive facilement à me donner de nouveaux objectifs, c'est dans ma nature.

Il lève sa médaille d'or.

Alessandro Zanardi aux Jeux paralympiques de 2012, à Londres

Photo : Getty Images / LEON NEAL

D'un point de vue purement sportif, à l'âge que j'ai, 53 ans, chaque année qui passe, c'est une année de chien, soit sept ans, explique-t-il en riant. C'était déjà presque un miracle que je puisse penser participer aux Jeux en 2020, alors dans un an, ce sera encore plus difficile, mais c'est mon intention. Maintenant, passer de l'intention à la réalisation, le temps le dira.

La leçon à tirer

L'accident qui lui a coûté ses deux jambes et qui a aussi failli lui coûter la vie, le 15 septembre 2001, l'a rendu plus fort. Il le dit haut et fort. Mais de là à croire que ça l'a rendu invincible, il y a un pas qu'il ne faudrait pas franchir.

Ce n'est pas parce que j'ai dû surmonter de grosses difficultés dans ma vie, notamment pour rester en vie, que je souhaite revivre un nouveau combat, lance-t-il en riant. J'aime mieux éviter les problèmes. Mais ce que je peux dire, c'est que chaque fois que vous surmontez une difficulté, c'est une expérience qui vous rend plus fort, car elle vous donne de nouveaux outils pour combattre d'autres problèmes.

Souriant, il serre des mains à l'arrivée d'une course en 2019.

Alessandro Zanardi en 2019

Photo : Getty Images / Bryn Lennon

En ce moment, les gens retrouvent le besoin d'être en communauté, de s'entraider, remarque-t-il. Et ce sentiment de pouvoir compter sur les autres nous rend plus forts collectivement. Nous ne sommes rien si nous ne pouvons exprimer nos sentiments. Je crois que quand nous aurons vaincu cette pandémie, les gens seront plus attentifs, plus portés à aider.

C'est le seul aspect positif que je vois à ce qui nous arrive en ce moment, conclut Alessandro Zanardi. Il faut s'assurer de tirer les leçons de ce que nous vivons en ce moment.

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