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Coronavirus : une pause qui coûtera cher aux joueurs de la LCF

Il échange avec un coéquipier.

Martin Bédard, des Alouettes

Photo : Alouettes de Montreal

Contrairement à un Drew Brees, quart des Saints de La Nouvelle-Orléans qui peut se permettre de donner cinq millions de dollars à un fonds d’aide pour les victimes de la COVID-19, les joueurs de la Ligue canadienne de football (LCF) pourraient devoir faire appel à des fonds d’urgence pour survivre jusqu’à la prochaine saison.

La grande majorité des joueurs de LCF n’ont pas le coussin financier de leurs homologues des autres ligues professionnelles mises en pause par le coronavirus.

Avec un salaire minimum de 65 000 $ par année et un salaire moyen légèrement supérieur à 100 000 $, les footballeurs de la Ligue canadienne souffriront énormément si la saison est écourtée, et certains pourraient ne pas se remettre d’une campagne annulée.

Les joueurs reçoivent un chèque de paye uniquement lors des semaines de match. C'est donc dire que plusieurs d'entre eux n'ont pas reçu le moindre argent depuis la première semaine de novembre 2019.

Quand on demande au vétéran des Alouettes de Montréal Martin Bédard s’il croit que certains de ses coéquipiers se retrouveront en difficultés financières au cours de la prochaine année, la réponse est immédiate.

Assurément. Plus de la moitié des joueurs seront dans le gros trouble s’il n’y a pas de saison ou si la saison est écourtée.

Bédard croit que les jeunes joueurs seront particulièrement touchés.

Quand tu viens d’arriver dans la ligue, tu te fais donner 1500 piastres ou 2000 piastres par semaine. Tu vis au rythme de 1500 ou 2000 par semaine, et quand la saison finit, tu n’as presque pas d’économies. Tu as hâte en maudit que la saison recommence…

Martin Bédard, spécialiste des longues remises des Alouettes de Montréal
Martin Bédard

Martin Bédard

Photo : Alouettes de Montréal / Dominick Gravel

Il y a énormément de joueurs qui sont comme ça et qui restent comme ça pendant plusieurs années, enchaîne-t-il.

Martin Bédard n’est pas de ce groupe. Comme la plupart des vétérans, il a un deuxième emploi. Il changera d’ailleurs de patron lundi lorsqu'il fera ses débuts comme conseiller financier avec l'Industrielle Alliance.

Après 11 saisons avec les Alouettes, Bédard devra naturellement continuer à travailler pendant plusieurs années pour se bâtir une retraite confortable. Sa conjointe vient d’être mise à pied par son employeur, Air Transat, en raison de la pandémie, et accouchera de leur premier enfant en septembre.

En mode solution

L’agent de joueurs Sasha Ghavami s’est déjà mis à la recherche de solutions pour ses clients.

On doit tous se retrousser les manches, et voir quelles sont les meilleures options pour chacun, dit-il.

Pour certains, ça pourrait vouloir dire faire appel à la prestation d’urgence de 2000 $ par mois offerte par le gouvernement fédéral.

Il faudra voir aussi si les programmes d’aide aux entreprises annoncées par le gouvernement fédéral ne pourraient pas venir épauler les équipes de la Ligue canadienne.

Sasha Ghavami, agent de joueurs
Ils consultent des ordinateurs.

Sasha Ghavami et Mathieu Betts lors de la journée du repêchage de la NFL

Photo : Radio-Canada / ANTOINE DESHAIES

Une chose est certaine, il est important de bien planifier la reprise des activités, peu importe quand elle se produira.

Martin Bédard croit qu’il est important de faire des plans maintenant, à tête reposée, plutôt qu’en catastrophe, à quelques jours d’un retour au jeu.

La question du salaire devra certainement être négociée.

Les joueurs signent un contrat qui leur assure un montant pour une saison de 18 matchs. Leur salaire est réparti sur les 18 semaines où un match est disputé.

Si la saison n’est que de huit matchs, comme il a été évoqué cette semaine, est-ce que les joueurs ne recevront que 44,4 % de leur salaire?

En attendant, plusieurs joueurs vont tenter d’entreprendre leur deuxième carrière plus tôt que prévu. Et qui sait s’ils reviendront au football s’ils ont l'occasion de se trouver un emploi ou s’ils se lancent dans une entreprise qui saura les combler sans les incertitudes du football canadien.

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