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Des retrouvailles heureuses pour Karl W. Ouimette à Indianapolis

Il donne la main aux supporteurs après une victoire.

Karl W. Ouimette

Photo : Indy Eleven/Matt Schlotzhauer

Olivier Tremblay

Avec la pandémie de coronavirus, le défenseur québécois de l'Indy Eleven Karl W. Ouimette s’est cru destiné à rester seul en confinement, à Indianapolis. Mais la bonne nouvelle que l'ancien de l'Impact attendait est enfin venue le 16 mars dernier : sa femme a finalement pu l’y rejoindre, la semaine même où les gouvernements canadien et américain discutaient de fermeture de frontières.

Ouimette et son épouse Justine ne vivaient plus ensemble aux États-Unis depuis l’été dernier, lorsqu’elle était rentrée au Canada pour éviter l’expulsion après un séjour de six mois et pour poursuivre les démarches afin d’obtenir son statut de résidente permanente, un processus qui peut parfois avoir des airs de loterie.

La porte vers la fameuse carte verte a commencé à se déverrouiller à la mi-février. L’approbation est venue au début de mars. Encore Justine devait-elle remettre la main sur son passeport désormais muni du précieux document.

Le consulat des États-Unis à Montréal a finalement rendu le passeport le 16 mars, et Justine est partie le soir même. Le flou régnait alors sur la situation à la frontière américaine : serait-elle fermée, quels passages seraient permis, des restrictions s’appliqueraient-elles, etc.

Deux jours plus tard, la frontière était fermée. Selon les règles alors mises en place, Justine aurait pu se rendre à Indianapolis comme résidente permanente de toute façon, mais les États-Unis ont également suspendu la délivrance de visas à ce moment. Le couple a eu chaud.

Elle avait déjà reçu l’approbation pour sa résidence permanente, mais il fallait qu’elle reçoive le document. On attendait ça. Ils parlaient, la fin de semaine, de peut-être fermer les frontières à partir de lundi. Justine a été capable d’avoir un vol [le 16], de recevoir le document pour émigrer avec sa carte verte. On a été chanceux qu’elle arrive [le 16].

Il y a des personnes de différents pays qui ne voient pas leur famille à cause des restrictions. C’est plus difficile pour eux. Tu es seul, ta femme était censée te rejoindre, mais ils limitent les voyages.

Karl W. Ouimette

La saison d’Indianapolis en USL, le deuxième échelon du soccer nord-américain, venait tout juste de commencer – avec une victoire de 4-2 à Memphis – lorsque le circuit a interrompu ses activités. Le mot d’ordre venu du club : « Restez proches, vous êtes encore sous contrat », résume Ouimette. Raison de plus d’espérer de la compagnie à la maison.

Jusqu’à ce qu’on n’ait pas le feu vert de l’équipe, on va rester aux États-Unis, et c’est important, car ce sont les obligations contractuelles. Pour les équipes, c’est pas mal difficile, souligne le défenseur de 27 ans. Il faut rester proche tout en restant en santé, si jamais on a des obligations envers le club.

Pour les joueurs d’Indianapolis, ça signifie un retour au programme d’entraînement en solitaire suivi cet hiver, pendant l’intersaison. Le confinement exige de tous les athlètes un peu de créativité pour garder la forme, dans un strict respect des consignes d’isolement pour Ouimette, déplacement de Justine oblige.

Au moins, pour les joueurs de soccer, l’effort physique soutenu de la présaison n’est pas trop loin, même s’il faut combattre l’inévitable sentiment d’avoir abattu cet éreintant boulot pour rien, en quelque sorte.

On a déjà fait la préparation tactique, et on sait comment on va jouer, comment on va aborder les matchs, reconnaît Ouimette. Tout ça, ça n’a pas besoin d’être remis en place. Mais les côtés physique et technique devront être à reprendre.

Mais avec tout le jonglage de papier de toilette qui se fait, on devrait reprendre assez vite!

Karl W. Ouimette

La USL, pour l’instant, a imposé un moratoire sur les entraînements jusqu’au 19 avril. La mesure sera sans doute maintenue puisque le président américain Donald Trump a prolongé les recommandations de distanciation sociale jusqu’au 30 avril.

Comme ses pairs du milieu sportif, Karl W. Ouimette souhaite la reprise des activités, mais pas au prix de la santé du public. À l’heure actuelle, il espère surtout une bonne diffusion de l’information pertinente à la crise, et s’il faut en arriver au point où on doit sacrifier une saison, soit.

Maintenant, tout le monde réalise à quel point c’est sérieux, souligne-t-il. Les gars ne veulent pas se mettre dans une position où ils peuvent attraper le virus et contaminer d’autres personnes. C’est la priorité no 1. Il y a beaucoup de partage d’information. La priorité, c’est de rester à l’écart, de se distancer socialement pour être certain de ne pas propager le virus et de ne pas rendre la situation encore pire.

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