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« Il n'y a pas de contrôle antidopage important en pandémie » - Christiane Ayotte

Une femme avec des lunettes parle dans un micro.

Christiane Ayotte

Photo : Radio-Canada / Ronald Georges

Jean-Patrick Balleux

« Ma première réaction? C’est du vent! » Christiane Ayotte n’y va pas par quatre chemins pour commenter l'annonce faite par l'Agence antidopage britannique (UKAD) sur la poursuite de ses tests en temps de pandémie.

Souvent, il y a une tendance à tenir une rhétorique pour faire peur aux athlètes, pour que les athlètes soient quand même alertés à la possibilité qu’il y ait des tests. Mais c’est de la rhétorique, selon la directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS, à Laval. Partout dans le monde, les gens sont en confinement, en Angleterre aussi. Le laboratoire anglais aussi est fermé.

L'urine de Rudy Gobert à Laval?

Le seul centre au Canada accrédité par l’Agence mondiale antidopage (AMA) a rapidement été touché par la crise du coronavirus.

On a été particulièrement choqués quand on s’est rendu compte qu’on avait des échantillons de la NBA, un de nos clients. Avec le joueur de basket [Rudy Gobert, du Jazz de l’Utah, NDLR] qui a eu l’intelligence de contaminer les microphones des journalistes dans la place, on a demandé si on avait eu des échantillons de lui et de son équipe. Déjà là, on avait rehaussé les conditions de travail, explique Christiane Ayotte.

Elle précise que son équipe de 42 chercheurs ne fait pas des tests de dépistage pour la COVID-19, mais qu’à travers sa quête d’agents dopants dans l’urine et le sang des athlètes, il y avait une crainte d’infection.

Son laboratoire a été l’un des premiers dans le monde à fermer. Avec la suspension des activités dans la NBA, de la MLS, de la LNH, du baseball majeur et d’autres « clients », le nombre d’échantillons à analyser avait beaucoup diminué.

Dès le début de la crise du coronavirus en Europe, Christiane Ayotte et ses collègues ont été alertés par leurs confrères du laboratoire de Rome, en Italie.

(Ils) ont été soumis à des conditions sanitaires qui les inquiétaient grandement. Ils avaient la possibilité de recevoir des échantillons d’urine et de sang contaminés d’athlètes infectés (à la COVID-19), explique-t-elle. Il y avait des appréhensions au niveau des laboratoires.

L’INRS, parce qu'il se trouve en milieu universitaire, a aussi dû se plier aux exigences gouvernementales sur la fermeture des institutions scolaires.

C’est bien que les athlètes sachent que le dopage n’est jamais raisonnable. Ça l’est encore moins en temps de pandémie et de danger de contamination. Mais il faut être raisonnable et savoir placer les responsabilités sanitaires qu’on a envers les gens qui traitent les urines et les gens qui recueillent ces échantillons, estime Mme Ayotte.

Le Canada n'aurait pas dû dire qu'il arrêtait de tester

Il y a une chose que le Centre canadien pour l’éthique dans le sport n’aurait peut-être pas dû rendre publique, selon Christiane Ayotte : l’arrêt temporaire des tests antidopage.

On doit être plus que la moitié des laboratoires fermés (dans le monde). Personne n’est dupe. Il ne se fait pas de contrôle antidopage important ou soutenu en période de pandémie, croit-elle en revenant sur le fait que les Britanniques annoncent poursuivre leurs activités.

Et gare aux sportifs qui voudraient profiter de la pause de tests pour essayer un nouveau produit dopant. Christiane Ayotte rappelle que dans le cas de certains anabolisants, les recherches permettent de les retracer dans le corps jusqu’à deux ans plus tard.

Son laboratoire n’aurait par ailleurs pas pu servir à l’effort de guerre contre la COVID-19, car il ne possède pas cette expertise et œuvre dans un tout autre champ. Ses employés en confinement ont hâte de reprendre leur travail après la crise.

C’est une situation difficile pour tout le monde et l’inquiétude première est de maintenir les emplois de ces scientifiques. Ce sont de bons emplois. On a à cœur que ces emplois soient maintenus et je suis pas mal certaine qu’on va être capables de repartir avec une équipe intacte, conclut-elle.

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