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Pour ceux qui ne sont pas de l’élite du tennis, c’est la panne sèche

Un joueur de tennis vêtu d'un polo bleu et d'une casquette blanche ouvre les bras avec sa raquette et semble frustré par la tournure des événements.

Brayden Schnur lors d'un match de la Coupe Rogers à Montréal en 2019

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

En 2019, l’Ontarien Brayden Schnur a connu la meilleure année de sa carrière sur le circuit de l’ATP. Il a atteint le 92e rang mondial, notamment grâce à une surprenante participation à la finale du tournoi ATP 250 de New York, au mois de février.

Il a remporté, cette semaine-là, 64 780 $ US (91 836 $ CA), sa plus grosse bourse de l’année, selon le site de l’ATP. Il a aussi encaissé des chèques importants à Wimbledon et à New York, où des défaites au premier tour rapportent plus que le titre dans bien des tournois.

Il a amassé 302 793 $ US (429 259 $ CA) de gains en 2019, en plus d’avoir empoché une part de la bourse de 1,75 M$ US (2,48 M$ CA) remportée par l’équipe canadienne pour sa participation à la finale de la Coupe Davis à Madrid en novembre, même s’il n’a pas joué de match.

La répartition des gains était toutefois laissée à la discrétion des équipes.

Avec ses gains annuels totaux, de loin les plus importants de sa carrière, il a ensuite dû payer toutes ses dépenses, comme ses billets d’avion ou encore ses chambres d’hôtel dans certains tournois.

Avec l’annulation d’une portion considérable de la saison 2020, Schnur, contrairement à des sportifs professionnels salariés comme les joueurs de hockey ou de soccer, voit ainsi son unique source de revenus se tarir d’un coup sec.

C’est dur pour tout le monde, alors on est tous un peu dans la même situation. Il y a des pertes pour tout le monde, explique-t-il à Radio-Canada Sports. J’essaie de ne pas y penser et de voir le bon côté des choses. La crise me permet de passer plus de temps avec ma famille, chose que je n’ai pas vraiment pu faire depuis l’âge de 14 ans.

L'entraîneur et les cinq joueurs vêtus de rouge prennent la pose avec leur médaille d'argent au cou et des trophées dans les mains.

Les Canadiens, finalistes de la Coupe Davis à Madrid en 2019

Photo : afp via getty images / JAVIER SORIANO

Aujourd’hui installé au 177e rang de l’ATP, Brayden Schnur ne peut compter sur l’appui financier d’aucun commanditaire. Certes, il est soutenu par des équipementiers qui lui fournissent vêtements, raquettes et chaussures, mais il n'est pas rémunéré.

À partir d’un certain classement, ce n’est pas évident de signer des ententes lucratives de commandites. C’est vraiment le 1 % des joueurs qui fait énormément d’argent avec les commanditaires. Je n’en fais bien sûr pas partie.

Brayden Schnur

Ses dollars, il doit les gagner un point à la fois. Sur le circuit Challenger, où il a surtout joué au cours des dernières saisons, des défaites rapides peuvent lui rapporter à peine quelques centaines de dollars. Quelques milliers tout au plus quand il colle une série de victoires.

Au Challenger de Drummondville, en février, il s’est incliné au deuxième tour et a quitté la capitale du fromage en grains avec seulement 520 $ en bourse. C’est précisément pour des joueurs comme Brayden Schnur que Vasek Pospisil réclame d’ailleurs une meilleure répartition des bourses sur le circuit de l’ATP.

Tennis Canada aide Schnur en lui offrant les services de l’entraîneur Frédéric Niemeyer quelques semaines par année en tournoi. Mais s’il veut retenir les services d’un préparateur physique ou encore d’un physiothérapeute, il doit payer de sa poche. 

En famille chez lui à Toronto

Brayden Schnur refuse de s’en faire avec une situation qu’il ne peut contrôler. Il n’a pas l’habitude des pauses prolongées. Au tennis, le calendrier ne s’arrête que pour cinq ou six semaines par année. 

Pour une fois, les joueurs ont l’occasion de respirer un peu et de prendre un peu de recul. 

Certains joueurs vont s’éloigner des terrains, d’autres vont se concentrer sur leur conditionnement physique, il n’y a pas une seule façon d’aborder cette pause. Je passe beaucoup de temps à la maison et je m’entraîne même avec les membres de ma famille. J’en profite pour faire l’introspection sur mes réalisations et mes objectifs.

Brayden Schnur

Passer autant de temps avec mes proches aurait été impensable avant la fin de ma carrière au tennis, ajoute Schnur. J’essaie de rester positif et de savourer le temps en famille. C’est tout ce qu’on peut faire.

Il frappe la balle du revers.

Brayden Schnur

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les terrains publics sont tous fermés dans la grande région torontoise. Schnur a toutefois la chance de pouvoir emprunter le court privé construit sur le terrain d’une résidence de son voisinage.

Il demeure en contact avec son entraîneur basé à Montréal. Il reste à faire preuve de patience et à attendre la reprise de la saison. 

Il ne s’attend d’ailleurs pas à ce que les tournois reprennent avant le mois de septembre. Simple impression, insiste-t-il, parce qu’il n’est pas un expert en santé publique. Cela dit, même ces derniers auraient probablement du mal à prédire avec exactitude la date de la reprise des tournois.

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