•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Restez chez vous! » : l’appel d’un médaillé paralympique atteint du coronavirus

Le porte-drapeau de la France aux Jeux paralympiques de Rio, Michaël Jeremiasz, lors de la cérémonie d'ouverture.

Michaël Jeremiasz aux Jeux paralympiques de Rio

Photo : Getty Images / Atsushi Tomura

Christine Roger

Si l’on croyait au départ que le coronavirus touchait uniquement les personnes âgées et vulnérables, on sait aujourd’hui que personne n’est à l'abri. Le Français Michaël Jeremiasz, quadruple médaillé paralympique en tennis en fauteuil roulant, en est la preuve vivante.

C’est à son retour de vacances en France avec sa famille que les premiers signes se sont manifestés. Une fois chez lui, à Londres, l’homme de 38 ans a consulté pour ce qu’il croyait être une simple otite, mais certains de ses symptômes ont inquiété le médecin.

J'avais mal à l'oreille. J'avais mal aux yeux. Les yeux me piquaient. J’avais mal à la tête. Je ne savais pas trop ce que j'avais. Mes autres symptômes pourraient être des symptômes assez classiques, mais la perte de l'odorat et la perte du goût, notamment, ont amené le diagnostic.

Michaël Jeremiasz, athlète paralympique

N’ayant pas de symptômes graves ou de problèmes respiratoires, il n’a pas été testé officiellement pour le coronavirus, comme c’est maintenant la procédure à plusieurs endroits (notamment en Angleterre).

On lui a cependant demandé de demeurer dans son domicile pendant 14 jours, tout comme sa femme et son fils, même s’ils ne semblent pas malades. 

Ça va bien, globalement; juste un état un peu fébrile, mais qui s'améliore. Par contre, toujours la perte de l'odorat que je n'ai pas encore récupérée. Et le goût, un peu. Mais pas de fièvre et pas de toux, explique le principal intéressé, près de cinq jours après avoir reçu son diagnostic.

Quatre fois médaillé paralympique et huit fois champion en tournois du grand chelem, Michaël Jeremiasz n’a pas le profil typique de la personne vulnérable au coronavirus. Il avait un message à lancer aux jeunes ou aux athlètes qui se penseraient plus forts que ce virus : Restez chez vous!

Si vous vous dites : "Moi je risque rien; c'est un truc de vieux", c'est stupide, mais vous avez le droit de penser ce que vous voulez. Par contre, ce que vous n'avez pas le droit, c'est de contaminer les autres. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos parents, pour vos grands-parents, pour les gens fragiles, affirme l’ancien numéro un mondial.

L’annulation des JO : la seule décision possible

Michaël Jeremiasz n’a pas été surpris en apprenant la décision du Comité international olympique d’annuler les Jeux de Tokyo en raison de la pandémie de coronavirus.

Le porte-drapeau de la France aux Jeux paralympiques de Rio, en 2016, croit qu'il aurait été impensable de tenir le rendez-vous dans quelques mois dans des conditions pareilles. 

D'un point de vue purement sportif, c’est extrêmement compliqué pour des athlètes de se préparer sereinement à un événement aussi important s’ils ne peuvent pas s'entraîner. Tout ce que vous avez acquis pendant l'hiver, vous perdez tout.

Michaël Jeremiasz, athlète paralympique

Même si c’était évidemment la décision à prendre, le retraité reconnaît que d’importants défis attendent les athlètes qui devaient se rendre au Japon l’été prochain. 

Ce sera difficile. C'est aux athlètes de se réinventer. Ils vont faire face à beaucoup de problèmes. Certains comptaient arrêter leur carrière après les Jeux de Tokyo. Il y a des personnes qui vont perdre des commanditaires. Ce n'est pas si simple, ce n'est pas sans conséquence, souligne-t-il. 

Selon Michaël Jeremiasz, il est primordial que les fédérations sportives et les commanditaires se mobilisent afin de ne pas abandonner les athlètes dans cette période précaire. 

C'est un an de plus où vous n'êtes pas là parce que vous voyagez pour les compétitions. Vous n'êtes pas là parce que vous vous entraînez. Vous manquez des mariages, des enterrements. Vous manquez des naissances, vous manquez plein de trucs, soutient-il.

C'est extrêmement pesant pour les athlètes.

Michaël Jeremiasz, athlète paralympique

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !