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Une fin abrupte, un avenir intrigant pour Rafaël Harvey-Pinard

Rafaël Harvey-Pinard sur la glace.

Rafaël Harvey-Pinard porte fièrement le C de «capitaine» sur son chandail des Saguenéens de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Alexandre Gascon

Ç’aurait pu être l’une des plus belles histoires du hockey junior canadien cette saison. Mais, comme toutes les autres, de Prince George au Cap-Breton, elle a fini en queue de poisson. 

C’était le retour de l’enfant prodige au royaume.

Après trois saisons auréolées de gloire avec les Huskies de Rouyn-Noranda, Rafaël Harvey-Pinard est rentré au bercail à l’automne à Chicoutimi, la ville qui l’a vu naître et devenir un espoir intéressant du hockey québécois, avec une perspective des plus concrètes : rapporter la Coupe du président pour la première fois depuis 1994 dans son patelin – et peut-être même décrocher une première Coupe Memorial, qui sait? 

Après tout, Harvey-Pinard, nommé capitaine des Saguenéens dès son arrivée, avait réussi le doublé au printemps 2019, en Abitibi.

Même le collègue et Chicoutimien d’origine Olivier Tremblay, journaliste émérite – d’ordinaire d’un honorable stoïcisme –, en était toute chose en septembre dernier. 

Les Saguenéens voguaient au 2e rang dans l’Est le 13 mars quand la Terre s’est mise à tourner au ralenti. 

Se dessinait une intrigante confrontation potentielle avec l’Océanic de Rimouski d’Alexis Lafrenière au deuxième tour des séries lorsque tout ça a pris fin abruptement. 

Mardi soir, on était au souper avec mon père, ma mère et Bibeau [Félix de son prénom, pensionnaire chez la famille Harvey-Pinard]. On jouait le lendemain. Ma mère m’a dit : "J’ai l’impression que ce sera votre dernier match, les gars; profitez-en". Le jeudi soir, c’était annulé. Ma mère avait plus compris l’ampleur de la situation. Elle avait eu un pressentiment, a raconté le capitaine des Sags, joint au téléphone mercredi.

Dix jours plus tard, la Ligue canadienne de hockey mettait la clé sous la porte, promettait un repêchage virtuel et se donnait rendez-vous en septembre 2020. 

Forcément déçu par la tournure des événements qui a sonné le glas de sa carrière junior, l’espoir du Canadien de Montréal (CH), sélectionné au 7e tour l’an dernier, n’est toutefois pas du genre à se mettre martel en tête trop longtemps. 

On n’a pas le choix d’en venir à la raison. La vie continue. Je peux être fier de ce que j’ai fait dans le junior, mais ça n’a pas fini comme je le souhaitais, a commencé le dynamique ailier. 

C’est difficile. C’était un honneur de porter le C pour l’équipe de ma région. On avait des chances d’aller remporter les deux coupes. On aurait pu, mais on ne le saura jamais. On n’a pas le sentiment du devoir accompli.

Rafaël Harvey-Pinard, espoir du Canadien de Montréal

Prêt pour la suite

Mercredi soir, les Saguenéens de Chicoutimi ont rendu hommage à quelques-uns de leurs anciens joueurs sur Twitter. Les internautes étaient invités à qualifier Harvey-Pinard en un mot. 

On a pu y lire inépuisable, acharnement, détermination, guerrier et, compliment ultime, Gallagher. Juste, Gallagher. 

Il observe le jeu.

Rafaël Harvey-Pinard a participé au dernier camp des recrues du Canadien.

Photo : Twitter/Canadien de Montréal

Manon Carrier a eu peine à contenir son enthousiasme. Cœur, combatif, intensité, leadership », a-t-elle écrit, faisant fi des consignes, même si Dieu sait qu’il vaut mieux les respecter, les consignes, ces jours-ci. 

Le gestionnaire des Sags et analyste à RDS, Marc Denis, en a ajouté à l’autre bout du fil. 

C’est gros d’avoir accepté ce défi [de venir à Chicoutimi]. Tout ce qu’il représentait pour la région et pour nous, comme organisation. On sait que ça va se poursuivre, a-t-il laissé tomber.

Le cœur de la question. Ça va se poursuivre, certes, mais de quelle manière?

Le CH a jusqu’au 30 juin 2021 pour offrir un contrat au Québécois de 21 ans, sans quoi Harvey-Pinard sera libre comme l’air. 

Le Tricolore a de quoi se creuser la tête avec la gestion de ses effectifs présentement. Avec l’annonce de la signature de Jesse Ylonen, Montréal compte 46 joueurs sous contrat sur un maximum de 50, comme le prévoit la convention collective. 

Certes, les Keith Kinkaid, Dale Weise et Christian Folin risquent de quitter le navire cet été et offrir du même coup une plus grande marge de manœuvre à Marc Bergevin, sauf que le CH mise aussi sur une des plus imposantes banques d’espoirs dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

On ne sait pas encore à quel point ils sont bons, mais ils sont nombreux. Sans compter les 14 choix dont il dispose pour le prochain encan. Il y aurait déjà beaucoup d’incertitude dans l’air en temps normal; on vous laisse imaginer la complexité du calcul dans le contexte actuel. 

Je n’ai pas encore regardé ça en détail. Je veux jouer avec le Rocket de Laval l’année prochaine, a fait valoir Harvey-Pinard, ce qui nécessiterait qu’il paraphe son premier contrat professionnel avec le club d’ici là.

Rafaël Harvey-Pinard agenouillé sur la glace.

Rafaël Harvey-Pinard dans l'uniforme des recrues du Canadien.

Photo : Radio-Canada

Son clan a confirmé ne pas encore avoir eu de discussions formelles à ce propos avec le Canadien. Rien ne presse, cela dit. Pour l’instant, il s’agit de garder la forme. 

Et Harvey-Pinard n’a jamais été particulièrement difficile à motiver. 

C’est un âge critique. C’est super important de ne pas prendre ça à la légère. Nos jeunes recevaient encore des indications de notre préparateur physique jusqu’à tout récemment. Il faut trouver de nouveaux moyens de s’entraîner et de rester discipliné. Ça peut avoir des aspects positifs. Les athlètes plus motivés pourraient devenir plus débrouillards, a estimé Denis.

Ça n’a jamais été un problème, j’ai un objectif dans ma tête. Il évolue chaque année. La motivation me vient facilement; j’aime ça.

Rafaël Harvey-Pinard, espoir du Canadien de Montréal

Je suis arrivé dans le junior, je pesais 142 livres [64 kilogrammes]. J’ai pas tellement grandi depuis, et j’en pèse 175 [79 kilogrammes] aujourd’hui. Ma vitesse et ma masse musculaire ont augmenté d’année en année, a ajouté Harvey-Pinard.

C’est, à tout le moins, un pas dans la bonne direction. Car, même si ce n’était pas supposé arriver aussi brusquement, Rafaël Harvey-Pinard s’attaque maintenant au hockey professionnel.

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