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Baseball Québec adapte sa mission en temps de crise

Un frappeur s'apprête à faire contact avec une balle.

Baseball Québec rêve encore d'une saison écourtée.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

En temps normal, Baseball Québec aurait célébré une treizième année de croissance de suite dans le nombre d’inscriptions de joueurs dans la province avec plus de 35 000 membres. Mais l’année 2020 est tout sauf normale.

Maxime Lamarche, directeur général de la Fédération québécoise de baseball, en est bien conscient. Il admet et insiste que le baseball n’est pas important en ce moment. La COVID-19 tue des gens et la priorité absolue est d’assurer la sécurité de la population. Le baseball reviendra quand il sera redevenu sécuritaire.

Réunis mercredi soir, les membres du conseil d’administration de Baseball Québec en sont venus à la conclusion qu’il fallait tout faire pour qu’il y ait une saison de balle dans la province cet été. C’est aussi la philosophie du directeur général. 

On va bien sûr suivre les recommandations de la santé publique, on ne mettra pas personne en danger, mais on va tout faire pour que les jeunes et les familles retournent sur les terrains. S’il faut commencer la saison au mois d’août, on le fera, dit-il. On serait même à l’aise avec une saison d’une douzaine de matchs du mois d’août à la mi-septembre. On pense que les familles auront besoin de revivre du positif une fois la terreur passée.

Toutes les activités sont arrêtées pour l’instant. Les joueurs des programmes élites, comme l’Académie de Baseball du Canada ou encore les sports-études, sont confinés chez eux à s’entraîner en musculation avec les moyens du bord. Les entraîneurs sont en congé forcé.

La mission première de Baseball Québec n’est donc plus d’améliorer le système de formation de joueurs et des entraîneurs. Elle est beaucoup plus simple et se résume à donner la chance à ses membres de retourner s’amuser sur les terrains.

Le sport comme baume après une blessure profonde. Mais Baseball Québec, comme tous les organismes ou entreprises, est fragilisé financièrement par la crise.

Les trois quarts du budget de fonctionnement de la fédération proviennent des inscriptions des 35 000 membres, des tournois et de certaines activités de financement, comme les tirages moitié-moitié lors des matchs des Blue Jays présentés à Montréal au printemps depuis quelques années. 

Les inscriptions ont cessé d’un coup sec quand le virus est débarqué dans la province. Certains parents seront sans doute réticents à envoyer leur enfant sur les terrains de sports une fois le confinement terminé. Sans compter que plusieurs parents, au chômage, n’auront sans doute pas les moyens d’inscrire leurs enfants. 

En tant que fédération, on va vivre une crise majeure, explique clairement Lamarche. On avait été en mesure de garnir notre fond d’urgence récemment, mais si on n’a pas de saison de baseball, je vais devoir à regret mettre des employés temporairement à la porte jusqu’à la reprise des activités. Encore là, on aura besoin d’aide pour ramener tout le monde. 

Marc Rochette, en position de receveur, et Zoé Juneau-Rochette, dans le rectangle des frappeurs.

Il attend un lancer sous le regard de son entraîneur.

Photo : Radio-Canada / Martine Côté

Lamarche le dit avec des gants blancs, mais il espère que le gouvernement du Québec n’oubliera pas ses fédérations sportives une fois la crise terminée. 

Je sais que le sport ne représente qu’un grain dans le désert du grand ministère de l’Enseignement et de l’Éducation supérieure, mais on va avoir besoin d’aide pour repartir la machine, estime-t-il. Si les fédérations sportives n’ont pas de revenus cet été, à l’automne et à l’hiver prochain, on ne sera jamais capable de repartir nos machines efficacement sans un coup de pouce. Je comprends qu’on n’est pas la priorité et c’est normal, mais si la pandémie dure, il y aura des reculs importants.

La saison du baseball majeur compromise

À plus grande échelle, Maxime Lamarche doute fortement que le baseball majeur puisse tenir une saison presque normale. Il juge farfelus les scénarios d’une saison décalée jusqu’en décembre. 

Il fait remarquer qu’en décembre, la température tombe sous le point de congélation dans de nombreuses villes du nord des États-Unis. Seul le scénario d’une saison écourtée lui paraît plus réaliste. Et encore. 

Il y a tellement d’argent en jeu que si joueurs et propriétaires n’arrivent pas à s’entendre sur les modalités d’une saison écourtée, je crois qu’il n’y aura pas de baseball.

Un joueur frappe une balle.

Un match des Capitales

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

L’espoir est plus grand, selon lui, de voir une portion de saison de la Frontier League, dans laquelle jouent les Capitales de Québec et les Aigles de Trois-Rivières, être disputée. 

Il y a moins d’argent en jeu et le calendrier est plus court, alors ce serait plus facile à mettre sur pied rapidement. Ça va dépendre de la situation aux États-Unis. Par exemple, nos jeunes joueurs élites vont généralement disputer des tournois chez nos voisins du sud et cette année, je vois mal comment ça pourrait se faire.

Ironiquement, la Frontier League dépend d’abord de la réouverture de la frontière canado-américaine.

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