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Les judokas canadiens soulagés d'avoir plus de temps pour préparer leurs Jeux

Jessica Klimkait pendant un combat en 2018

Jessica Klimkait pendant un combat en 2018

Photo : Getty Images / Kiyoshi Ota

Les judokas canadiens sont en arrêt de travail forcé, comme bien d'autres athlètes, mais ils sont soulagés d'avoir plus de temps pour se préparer pour les Jeux de Tokyo, reportés à 2021. C'est le cas d'Arthur Margelidon et de Jessica Klimkait.

Arthur Margelidon n’avait pas pu aller à Rio en 2016. Il s'était fracturé le poignet à l’entraînement quelques jours avant les Jeux.

Il ne voulait surtout pas manquer les Jeux de 2020. Mais la pandémie de coronavirus a tout changé.

Avant l'annonce officielle du report des Jeux, le Canada avait décidé de ne pas envoyer ses athlètes à Tokyo à l'été. Et le judoka a eu peur que son rêve olympique lui glisse encore entre les doigts.

Il est actuellement 9e au monde dans la catégorie des moins de 73 kg.

Mon cœur s’est arrêté quelques secondes, révèle-t-il, et j’ai ressenti les mêmes sensations vécues en 2016 après ma blessure.

Arthur Margelidon reprend ses effets personnels après un combat avec l'aide d'une bénévole.

Arthur Margelidon

Photo : Société Radio-Canada

Ça a été vraiment été dur sur le coup, mais j’ai compris que c’était pour le mieux, admet le judoka de 26 ans. Avec du recul, j’y ai vu un moyen de pression, et la santé mondiale est plus importante que les Jeux que je manque.

Ç'a remis de la joie dans ma vie, précise-t-il en riant à propos de l'effet que lui a fait l'annonce du Comité international olympique (CIO) de reporter les Jeux.

Arthur Margelidon saisit bien la gravité de la situation. Bien s’informer en temps de crise est essentiel, selon le judoka, pour bien cerner l’ampleur que prend la COVID-19 dans le monde entier.

Je n’ai jamais été aussi à l’affût des nouvelles de ma vie, affirme-t-il. Chaque fois qu’un truc sort, je lis chaque ligne. Je suis ça de près à la télévision, parce que c’est la première fois que je suis impliqué dans une telle situation, et je veux m’assurer de comprendre.

L’objectif des Jeux de Tokyo demeure prioritaire pour lui.

Je fais ce que je peux pour maintenir la forme et garder de bonnes sensations. Je vais courir, j’ai des élastiques pour des mouvements de répétition et une barre à chin-up [traction] qui risque de faire exploser mon mur à force d’en faire, précise-t-il en riant.

Arata Tatsukawa (en blanc) et Arthur Margelidon (en bleu)

Arata Tatsukawa (en blanc) et Arthur Margelidon (en bleu)

Photo : Getty Images / Matt Roberts

Le judoka né en France concède que l’isolement représente un défi pour les athlètes d’élite.

C’est plus difficile d’avoir le même niveau d’entraînement. Je peux faire un peu de judo dans mon salon, mais ce n’est pas aussi intense qu’à l’habitude, fait-il remarquer.

Le dojo de l’Institut national du sport du Québec, à Montréal, est fermé jusqu’à nouvel ordre. Les athlètes doivent donc tirer le positif de cette pause forcée.

On peut soigner les petits bobos, explique Margelidon. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu de périodes pour reposer le corps et l’esprit. Je dois me préparer pour être à 100 % quand ça va recommencer et aller chercher le titre en 2021. Je sais ce dont je suis capable et je l’ai prouvé à maintes reprises par le passé.

La créativité des entraîneurs

L’Ontarienne Jessica Klimkait, numéro 2 au monde chez les moins de 57 kg, s'apprêtait à vivre en juin une épreuve stressante, soit une confrontation avec sa compatriote Christa Deguchi (numéro 1 au monde dans la même catégorie) pour savoir laquelle des deux irait à Tokyo.

Le Canada n'a droit qu'à une place aux Jeux par catégorie. Le duel est repoussé à 2021.

Tout comme Margelidon, Klimkait veut tirer profit de cet arrêt forcé.

Je veux en profiter pour faire un reset, réfléchir à mon judo et me préparer mentalement pour cette autre année de préparation, explique-t-elle à Radio-Canada.

Confinée dans son petit appartement de Montréal, Jessica Klimkait est d'avis que les athlètes devront d'abord penser à retrouver une vie normale avant de penser aux performances.

J’admets que j’étais un peu stressée par ces circonstances, qui n’étaient pas idéales pour que je puisse performer au niveau que je souhaite, admet-elle.

Jessica Klimkait agenouillée sur le tatami soulagée durant un combat à Düsseldorf

Jessica Klimkait (en blanc)

Photo : You Tube / IJF

J’ai été soulagée d’apprendre que les Jeux ont été repoussés, ajoute-t-elle, car ça permettra aux athlètes dans un premier temps de retrouver une vie normale, de se sentir à nouveau en sécurité, et ensuite de recommencer à s’entraîner normalement.

Une année de plus pour me préparer ne me dérange pas; au contraire.

Jessica Klimkait, judoka canadienne

Afin que les athlètes ne se sentent pas complètement perdus, loin les uns des autres, Judo Canada a prévu d’organiser des conférences virtuelles pour qu’ils puissent se retrouver, même si c’est virtuellement, et pour échanger.

Nous allons leur offrir des conférences web éducatives, que ce soit sur la préparation mentale pour Tokyo, sur la santé mentale en général, en passant par les finances personnelles et même des ateliers de cuisine, explique Patrick Esparbès, adjoint du directeur général de la fédération canadienne.

Nous allons de plus organiser des défis web amusants pour animer nos médias sociaux, ajoute le bras droit de Nicolas Gill. Bref, on va tenter de garder les athlètes occupés, concentrés et actifs.

Jessica Klimkait met du ruban sur ses doigts avant une séance d'entraînement.

Jessica Klimkait se prépare pour une séance d'entraînement.

Photo : Société Radio-Canada

Et nous devrons trouver des façons différentes de nous entraîner, ajoute Jessica Klimkait, pour compenser le manque de compétitions internationales et de camps d’entraînement auxquels nous sommes habitués sur une base quasi mensuelle. Je me fie sur nos entraîneurs pour nous aider à y arriver.

Avec Nicolas Gill et son équipe, Jessica Klimkait et Arthur Margelidon sont entre bonnes mains, sachant que le retour à la normale n’est pas pour demain.

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