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Chronique

Le COC et le français : une fois de plus, one more time

Les anneaux olympiques illuminés devant le stade de Tokyo inauguré le dimanche 15 décembre dernier.

Le stade olympique de Tokyo

Photo : The Associated Press / Jae C. Hong

BILLET - Combien de fois faudra-t-il rappeler que le français doit être respecté dans le monde, et dans les instances olympiques?

Mardi, le courageux Comité olympique canadien (COC), qui s’est montré comme un leader mondial en demandant le report des Jeux de Tokyo, tenait une conférence de presse pour commenter le report officiel des Jeux, que venait d’annoncer le Comité international olympique (CIO). Le responsable des communications du COC a informé les journalistes présents que pour des raisons de précision et de clarté, nos porte-parole répondront à toutes les questions en anglais.

Le Comité olympique canadien n’est pas une institution fédérale et échappe donc à la Loi sur les langues officielles, promulguée en 1969. Mais au début des années 2000, à l’initiative de Denis Coderre, alors secrétaire d’État aux Sports, il a convenu d’adopter le bilinguisme dans ses pratiques. Les fédérations sportives et Sport Canada ont fait de même.

ERRATUM : Dans une version précédente de ce texte, nous avons laissé entendre que le Comité olympique canadien était un organisme fédéral. Ce n’est pas le cas.

Il fut un temps où la plupart des fédérations sportives de notre pays ne se souciaient guère de l’utilisation du français lors de leurs communications. Denis Coderre a menacé celles qui n’utiliseraient pas les deux langues officielles de leur couper les subventions. La menace a eu l’effet espéré. Le sport canadien est devenu subitement bilingue. Comment alors expliquer cet impair ou ce non-respect du Comité olympique canadien?

Les athlètes canadiens qui étaient dans une expectative insupportable attendaient des réponses et des explications de leur organisme olympique. Même si la plupart des athlètes francophones sont bilingues, le COC avait le devoir de leur répondre dans leur langue.

Selon l’Observatoire de la langue française, le français est la cinquième langue mondiale pour le nombre de ses locuteurs, après le mandarin, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. La langue française est la seule, avec l’anglais, à être présente sur les cinq continents. En 2018, sur 106 pays et territoires, 300 millions de personnes sont capables de s’exprimer en français.

Il se lève après une conférence de presse.

Thomas Bach, président du CIO

Photo : Getty Images / Fabrice Coffrini

Mercredi, il y avait une conférence téléphonique avec le président du CIO, Thomas Bach, qui répondait aux questions de plus de 400 journalistes du monde entier. Durant une heure, il a parlé uniquement en anglais. Aucune réponse ni traduction en français! Doit-on rappeler aussi à Thomas Bach les règles de sa propre maison?

L'article 23 de la Charte olympique précise que le français et l'anglais sont les langues officielles des Jeux. La charte suggère même que le français a préséance sur l'anglais. En cas de divergence entre le texte français et le texte anglais de la Charte olympique et de tout autre document du CIO, le texte français fera foi sauf disposition expresse écrite contraire, peut-on lire.

En ne traduisant aucune de ses réponses, le président du CIO, qui se veut un leader et un rassembleur du sport mondial, a fait un affront à plus d’une centaine de pays et à plusieurs centaines de millions de francophones dans le monde. Quant au COC, qui a montré qu’il pouvait critiquer et confronter l’instance suprême de l’olympisme, son attitude peut nous laisser perplexes.

Une fois de plus, on semble vouloir effacer l’héritage de Coubertin et celui de Molière. One more time!

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