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Report des JO de Tokyo : Richard Pound minimise l'influence du Canada sur le CIO

Il répond à une question en conférence de presse.

Dick Pound est membre du CIO

Photo : AFP / Photo/Andres Leighton

Radio-Canada

Richard Pound a salué mardi la décision de reporter en 2021 les Jeux de Tokyo. L'avocat montréalais et membre du Comité international olympique (CIO) en a aussi profité pour remettre les pendules à l'heure au sujet de l'influence qu'a pu avoir le Canada dans cette décision.

C’est la bonne décision, a déclaré Pound à radio de la CBC au sujet du report des Jeux. Elle n’est pas facile, ça va créer des complications, mais c’est certainement mieux que d’exposer les athlètes à une situation dangereuse. Le gouvernement japonais et le Comité international olympique ont fait la bonne chose et avec un délai assez long pour que les gens comprennent ce qui se passe.

Il y a quelques jours à peine, Thomas Bach laissait entendre que la décision ne serait prise que dans un mois, mais la pression internationale est devenue si forte pour que les Jeux soient reportés que le CIO a dû revoir son échéancier.

Il fallait obtenir les bonnes informations, a précisé Pound. Et nos relations avec l’Organisation mondiale de la santé et certaines agences spécialisées nous ont permis de suivre la situation de près de jour en jour. Mais quand la courbe des nouveaux cas s’est accentuée et est presque devenue verticale, il a fallu réagir rapidement. Nous espérions que le virus soit contrôlé, mais certains pays ne l’ont pas pris au sérieux assez vite. Ça pourrait maintenant devenir aussi sévère que la grippe espagnole à la fin de la Première Guerre mondiale.

L'ancienne hockeyeuse Hayley Wickenheiser s’est dite soulagée par la décision de reporter les Jeux. Elle avait été la première athlète canadienne à protester pour qu’ils n’aient pas lieu cette année. D’autres athlètes du pays se sont ensuite joints à elle. Et le Comité olympique canadien (COC) a décidé dimanche de ne pas envoyer ses athlètes à Tokyo cet été.

Richard Pound n’a pas été impliqué dans la décision du COC, parce qu’il était en transit de la Floride vers Montréal. Mais il a quelque peu minimisé l’influence canadienne sur la décision du CIO, dont il est membre depuis 1978.

Cette décision (du COC) est survenue après que le CIO a à toutes fins utiles indiqué que c’était ce qui allait se produire, a-t-il affirmé. En s’adressant aux athlètes, puis au monde en général, il était clair que le CIO n’allait pas annuler les Jeux. Puis, il a réalisé qu’ils n’auraient pas lieu en juillet, alors il ne restait plus que la solution du report.

Je crois que c’est le signal qui a été envoyé, ce qui a rendu les positions du Canada et de l’Australie beaucoup plus compréhensibles et franchement plus faciles à absorber. Je crois qu’elles auraient été différentes si la position du CIO n’avait pas été aussi solide. Ils auraient fait part de leurs inquiétudes et auraient remis leur décision à l’approche de l’échéance.

Richard Pound, membre du Comité international olympique

Maintenant, avec l’accélération des choses, il est devenu possible pour le premier ministre (du Canada) de sortir publiquement pour défendre la décision (du COC) et pour que les Australiens fassent la même chose, a poursuivi l'ancien président de l'Agence mondiale antidopage (1999-2007). Je pense que dans cette situation qui évolue rapidement, tout le monde devrait partager la responsabilité de ce que je crois être la bonne décision. Nous n’avons pas à montrer qui que ce soit du doigt, sauf peut-être certains gouvernements de pays qui n’ont pas pris la menace au sérieux assez tôt.

Une plus grosse facture

Cela dit, de nombreuses questions demeurent encore sans réponse sur les Jeux de Tokyo. Il y a entre autres celle de la disponibilité de certains stades ou amphithéâtres en 2021. Tokyo a voulu éviter la construction d’éléphants blancs, si bien que des contrats ont été signés afin que plusieurs sites de compétition et le village des athlètes soient utilisés après les Jeux.

Il faudra examiner ces ententes et le calendrier sportif international devra être ajusté, surtout que les fédérations ont déjà leur calendrier passablement établi pour 2021, explique Richard Pound. Mais je pense qu’il y aura de la coopération parce que tout le monde veut que les Olympiques aient lieu pour pouvoir profiter de leur énorme auditoire comparativement à ceux des différents championnats du monde.

Financièrement, ce report aura des conséquences indéniables et pourrait engendrer des dépenses imprévues. Qui paiera la facture? Il est bien trop tôt pour connaître les réponses à de telles interrogations.

Ça reste à voir et il y aura des discussions à cet égard, estime Pound. Les revenus de télédiffusion seront reportés aussi, ils ne seront pas perdus. Les contrats d’utilisation pour les sites de compétition feront l’objet d’une discussion et s’il y a des coûts supplémentaires, seront-ils partagés entre le comité organisateur, le gouvernement japonais et le CIO? Qui sait?

Le processus de qualification est un autre dossier complexe auquel le CIO devra s’attaquer.

Certains des athlètes qualifiés en 2020 pourraient se faire surpasser par d’autres en 2021 qui diront : ‘’Attends un peu, je suis meilleur que toi et peut-être que je devrais participer.’’ C’est un autre sujet dont les fédérations et les comités olympiques des différents pays devront discuter.

Richard Pound, membre du CIO
Avec les informations de CBC

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