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Vasek Pospisil dans le brouillard, comme la planète

Il s'éponge le front

Vasek Pospisil

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

Les trois premiers jours de quarantaine se sont relativement bien passés pour le joueur de tennis Vasek Pospisil. C’est au quatrième jour qu’il a commencé à trouver le temps long, vraiment long. Trop long.

Parti en voiture d’Indian Wells en Californie après l'annulation du tournoi, il a senti le besoin de rentrer à Vancouver pour être près de ses proches. Au cas où il arriverait quelque chose. Il a donc emprunté l’appartement d’un ami, qu’il n’a pas quitté depuis son arrivée.

Comme la majorité des Canadiens, il passe ses journées enfermé entre quatre murs, à pianoter sur son ordinateur, à regarder des films et à parler à ses proches sur Skype. Il ne sait pas encore quand il touchera de nouveau à ses raquettes. Personne ne sait quand la saison reprendra. Personne ne sait rien, en fait.

J’essaie d’être optimiste en me disant que la chaleur aidera peut-être à contrôler le virus et qu’on jouera cet été, mais je ne suis pas un scientifique, explique Pospisil à Radio-Canada Sports. On ne sait rien, on est dans le brouillard. On espère que la saison va recommencer, mais c’est sûr que c’est une possibilité que tout soit annulé jusqu’en 2021. C’est dur de ne pas savoir.

Pospisil insiste. L’incertitude qu’il vit est bien secondaire par rapport aux inquiétudes planétaires de santé publique.

La planète entière vit un immense stress et ce n’est facile pour personne. Ça me fait de la peine de voir ce qui arrive avec tous les décès et j’espère que la pandémie sera maîtrisée. J’espère surtout que le Canada réagira de la bonne façon.

Dans l’attente, Pospisil veut d’abord accorder une pause à son corps. Les saisons de tennis sont longues et il n’a pas été épargné par les blessures au cours des dernières années. Reste à savoir où il reprendra l’entraînement parce que pour l’instant, tout est fermé à Vancouver.

Il tentera sans doute de dénicher un terrain privé à l’écart quand il le pourra. Chose certaine, rien ne presse à l'heure actuelle. Il s’attend d’ailleurs à ce que l’ATP donne un préavis d’environ un mois aux joueurs lorsque le circuit sera sur le point de redémarrer.

Vasek Pospisil

Vasek Pospisil

Photo : Getty Images / Pascal Guyot

Déjà, sa course contre la montre pour se qualifier pour les Olympiques est terminée puisque les Jeux de Tokyo sont reportés à 2021.

Je pense que la pandémie va nous forcer à revoir notre façon de vivre, dit Pospisil. J’espère que les gens vont davantage prioriser leur santé et leurs saines habitudes de vie. On va devoir changer nos façons de voyager. J’ai l’impression que la COVID-19 va carrément changer notre monde.

Une occasion de mieux communiquer

Jamais les joueurs de tennis professionnels n’ont été physiquement si loin les uns des autres. Chacun de son côté, chacun dans son pays, dans ses quartiers. Les joueurs sont en communication comme ils le peuvent.

La majorité des joueurs du top 100 font partie d’un groupe de discussion en ligne. Puisque Pospisil est en quarantaine et qu’il siège au comité des joueurs de l’ATP, il est l’un de ceux qui alimentent le plus le groupe avec des informations fraîches.

La communication s’est même améliorée avec les dirigeants du tennis professionnel selon lui, même si tout est loin d’être parfait.

Je pense que la communication est meilleure qu’avant, à l’exception des organisateurs de Roland-Garros, qui ont pris une décision sans consulter personne par crainte d’opposition à leur proposition. La décision d’annuler était bien sûr judicieuse, car les intérêts de santé publique priment, mais il aurait fallu discuter avant d’annoncer de nouvelles dates pour le tournoi. Il aurait d’abord fallu en discuter avec les intervenants du monde du tennis pour le bien commun et non pas agir en fonction de leurs seuls intérêts. Ça montre un peu le chemin qu'il nous reste à faire pour faire grandir notre sport.

Pospisil salue la décision de l’ATP et de la WTA de figer les classements mondiaux pour le moment. Une mesure temporaire, selon lui, le temps de proposer quatre ou cinq scénarios sur lesquels joueurs et joueuses se prononceront le moment venu.

L’arrêt forcé des activités est aussi l’occasion parfaite pour Pospisil pour travailler à un projet qui lui tient à cœur, soit la création d’une véritable association des joueurs, comme un syndicat.

C’est rare qu’on soit tous dans la même situation sans jouer et disponibles pour discuter, précise Pospisil. C’est le moment de mettre le temps et les efforts nécessaires pour créer une vraie association.

Pour une fois, les joueurs ont du temps. Bien du temps. Trop de temps.

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