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Le délai que se donne le CIO est « essentiellement » de nature économique

Le président du CIO, Thomas Bach, s'adresse aux médias en conférence de presse.

Le président du CIO, Thomas Bach

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Radio-Canada

Le délai d'un mois quant à un éventuel report des Jeux de Tokyo que se donne le CIO est de nature économique, dit le spécialiste de l'olympisme Armand de Rendinger à Radio-Canada.

Selon le consultant Armand de Rendinger, joint par Radio-Canada dimanche, le CIO réalise aujourd'hui qu'il n'est plus seul maître à bord du train olympique.

Jusqu'à une date relativement récente, le CIO dirigeait le mouvement olympique, le mouvement sportif international, et les décisions venaient d'en haut et descendaient vers le bas en recherchant un maximum de consensus.

On voit maintenant qu'il y a de multiples avis divergents, au sein du CIO, au sein des fédérations, parmi les athlètes, au sein des soutiens, au sein des médias en ce qui concerne l'avenir de ces Jeux de Tokyo de 2020.

C'est ça la grande nouveauté. Avant, il y a avait un train avec une locomotive, le CIO, et les wagons derrière qui suivaient. Le train semble avoir déraillé, et les wagons ne semblent même plus collés les uns aux autres.

Armand de Rendinger

Armand de Rendinger

Photo : Skype

L'unité qui existait, en apparence pour certains, en réalité pour d'autres, vole en éclats, car d'heure en heure, on entend tous ces gens qui se prononcent, et qui ne sont pas sur la même ligne que le CIO.

Dans ce contexte explosif, le CIO veut se donner du temps.

Du temps pour voir si la propagation du virus se résorbe, mais surtout pour attacher toutes les ficelles économiques et financières dans les cas de figure qu'il retiendra. Qu'il s'agisse d'un report d'un mois, de six mois, d'un an ou de deux ans.

Bien sûr, on aura une vision plus claire de la pandémie en elle-même. Mais vu la façon que la pandémie se développe, on n'aura pas forcément de nouvelles heureuses en la matière, dit Armand de Rendinger.

C'est un délai de nature économique, car qu'il s'agisse d'un report ou d'une annulation, les enjeux financiers sont colossaux, rappelle M. de Rendinger.

Ils concernent le gouvernement japonais, qui s'est engagé à livrer des Jeux au coût de 20 milliards de dollars, il y a les fédérations avec les athlètes, il y a les sommes investies par les pays dans le développement des athlètes pour qu'ils puissent réussir de belles performances, il y a bien sûr les médias, et le réseau américain NBC, et il y a les soutiens économiques.

Tout cela va au-delà de l'intérêt des athlètes, affirme Armand de Rendinger. Il faut savoir comment ces plans financiers sont couverts sur le plan assurantiel, car nous avons une crise sanitaire, nous avons une crise économique, nous avons aussi une crise morale vis-à-vis des athlètes, mais il y a surtout une crise assurantielle pour ceux qui financent et qui investissent dans le mouvement olympique.

Quand on prend une décision de cette nature, il faut être couvert, et c'est donc un débat important, précise en terminant Armand de Rendinger.

Il ne sera pas question d'annulation dans les discussions, a déjà dit Thomas Bach.

Selon une étude de SMBC Nikko Securities publiée par le quotidien nippon Kyodo News, « l’annulation des Jeux olympiques de Tokyo 2020, en raison de la pandémie planétaire, entraînerait une baisse de 1,4 % du produit intérieur brut (PIB) du pays ».

En d’autres termes, la perte sèche serait d’environ 65 milliards de dollars pour le Japon.

(avec les informations de Robert Frosi)

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