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COVID-19 : le CIO se donne un mois pour décider de l’avenir des Jeux de Tokyo

Des visiteurs qui portent des masques se promènent parmi les anneaux olympiques dans le musée olympique de Tokyo.

Les Jeux olympiques de Tokyo doivent s'amorcer le 24 juillet.

Photo : Associated Press / Jae C. Hong

Radio-Canada

Sous forte pression avec la propagation du coronavirus, le Comité international olympique (CIO) a annoncé dimanche qu’il se donnait une fenêtre de quatre semaines pour évaluer si les Jeux olympiques pouvaient se tenir comme prévu en juillet, à Tokyo.

Le CIO a mentionné dans une lettre adressée aux athlètes qu’il travaillerait de concert avec les autorités japonaises pour prendre une décision finale d’ici un mois.

Ensemble, avec toutes les parties, nous avons commencé des discussions détaillées aujourd’hui (dimanche) pour compléter notre évaluation de l'évolution rapide de la situation sanitaire mondiale et de son impact sur les Jeux olympiques, dont un scénario de report.

Nous travaillons très fort et nous sommes convaincus que nous aurons conclu ces discussions au cours des quatre prochaines semaines.

L’annulation complète des Jeux ne serait pas une option envisagée pour le moment, selon l’auteur de la lettre, Thomas Bach. Le président du CIO y souligne d'importantes améliorations au Japon qui pourraient renforcer notre confiance en nos hôtes, tout en reconnaissant que l'augmentation du nombre de cas sur plusieurs continents est considérable.

Comme vous, nous sommes confrontés à un dilemme : l’annulation des Jeux olympiques détruirait le rêve de 11 000 athlètes des 206 comités nationaux olympiques, de l’équipe olympique des réfugiés, probablement des athlètes paralympiques, et de tous ceux et celles qui les entourent comme le personnel d'entraîneurs, médical et d’arbitrage, les partenaires d’entraînement ainsi que leur famille et amis.

Une annulation ne résoudrait aucun problème et n’aiderait personne. Par conséquent, ce n’est pas dans nos plans.

Thomas Bach, président du CIO

Depuis une dizaine de jours, plusieurs voix s’élèvent pour demander le report des Jeux de Tokyo. Samedi, la puissante Fédération américaine d’athlétisme s’est ajoutée aux différents organismes et fédérations nationales qui pressent le CIO de prendre une décision rapidement.

Les compétitions sportives internationales ont été annulées aux quatre coins de la planète en raison de la pandémie de COVID-19, dont plusieurs épreuves de qualification olympique.

C’est la première fois que le CIO envisage publiquement le report des Jeux olympiques. Thomas Bach avait mentionné vendredi qu’il était encore prématuré de prendre une décision.

S'exprimant devant le Parlement nippon lundi matin, le premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré que son pays était toujours engagé à organiser les Jeux dans les meilleures conditions, mais que si cela devenait difficile, en tenant compte en priorité des athlètes, la décision d'un report pourrait devenir inévitable.

Les Jeux de Tokyo sont prévus du 24 juillet au 9 août.

Le Comité international paralympique (CIP) a offert son plein soutien au CIO dans sa réflexion actuelle. Les Jeux paralympiques doivent s'amorcer un mois plus tard, le 25 août, aussi à Tokyo.

Les quatre prochaines semaines nous donneront le temps de voir si la situation sanitaire mondiale s'améliore, tout en nous donnant le temps d'envisager différents scénarios si les dates des Jeux devaient être modifiées, a déclaré le président du CPI, Andrew Parsons.

La fédération internationale d'athlétisme, World Athletics, a également donné son soutien au CIO dans un court communiqué : Nous sommes prêts à travailler avec le CIO et tous les sports sur une date différente.

Dans une lettre adressée à Thomas Bach dont CBC a obtenue copie, le président de World Athletics, Sebastian Coe, demande au CIO de remettre les Jeux olympiques à plus tard pour trois raisons principales : l'équité des compétitions, les risques de blessure s'il y avait reprise tardive de l'entraînement et le bien-être des athlètes et de leurs proches.

Nous savons que la pandémie ne s’est pas développée de la même façon dans toutes les régions du monde, écrit M. Coe. Mais nos fédérations continentales croient, de manière unanime, qu’il n’est ni envisageable ni souhaitable d’organiser des Jeux olympiques en juillet de cet été […], et elles m’ont demandé de vous écrire pour demander que les Jeux soient reportés.

Réactions canadiennes

Selon ma lecture (de la lettre de Bach), les Jeux seront retardés, a exprimé Evan Dunfee, un médaillé de bronze en marche aux Mondiaux. Il faut simplement du temps pour comprendre et coordonner la façon de déplacer cette montagne que représente l'organisation des Jeux. Nous n'avons qu'une seule chance pour l'annoncer alors, assurons-nous de bien faire les choses. Je ne vois tout simplement pas comment les Jeux pourraient commencer en juillet.

Au Canada, les salles d'entraînement, les piscines et les gymnases sont fermés pour les athlètes qui devraient être dans une forme optimale dans quatre mois. L'interdiction de voyager a également éliminé la possibilité de s'entraîner à l'étranger. De nombreuses compétitions, dont d'innombrables qualifications olympiques, ont été reportées.

En tant qu'athlète, il est assez clair pour moi que ça n'aura pas lieu comme prévu, a affirmé la boxeuse Mandy Bujold, double championne des Jeux panaméricains. Il va falloir du temps pour décider de la meilleure option. J'espère personnellement que ce sera un report et non une annulation complète. Rester en bonne santé est la priorité de tout le monde en ce moment. Je vais continuer à m'entraîner à la maison et contribuer à assurer la sécurité de ma communauté et de ma famille.

Certains athlètes canadiens sont réconfortés par le fait qu'il y ait de la lumière, un délai de quatre semaines, au bout du tunnel.

Je suis heureux qu'ils nous aient donné une date, a souligné Brent Lakatos, 11 fois champion du monde de course en fauteuil roulant. Je comprends qu'ils ont besoin de plus de temps pour décider quoi faire, mais avec la façon dont vont les choses récemment, je ne peux pas m'imaginer qu'ils ne vont pas reporter les Jeux.

Kia Nurse, une vedette canadienne en basketball, a mentionné qu'elle a confiance que le Comité olympique canadien et les responsables canadiens en santé qui doivent prendre des décisions difficiles le feront dans l'intérêt du personnel, des partisans et des athlètes canadiens.

Une situation inédite

Jamais dans l'histoire moderne, une édition des Jeux olympiques n'a été annulée ou reportée en raison d'une pandémie ou d'une quelconque question de santé publique.

Les premiers JO modernes se sont tenus en 1896 et, depuis, cinq éditions du rendez-vous idéalisé par Pierre de Coubertin ont dû être annulées, mais chaque fois en raison d'un conflit armé.

À travers le monde, plus de 300 000 personnes ont été infectées par la COVID-19, qui a forcé l’arrêt complet de toutes les ligues sportives professionnelles.

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