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COVID-19 : les contrôles antidopage quasi à l'arrêt, un problème de plus pour les JO

Une technicienne manipule l'éprouvette dans un laboratoire.

Une éprouvette remplie de sang

Photo : Radio-Canada

Agence France-Presse

Les confinements imposés par la pandémie de coronavirus ont réduit considérablement les tests antidopage. Un problème de plus pour les Jeux olympiques de Tokyo, dont le programme de contrôles a lieu, en principe, bien avant les épreuves.

États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne : ces derniers jours, plusieurs organisations antidopage ont annoncé avoir diminué leurs activités de contrôle des sportifs de haut niveau. En cause, évidemment, les restrictions de déplacements touchant 1 milliard de personnes dans le monde, pour tenter d'enrayer la propagation de la COVID-19, qui a fait plus de 12 000 morts.

Notre priorité doit être la santé publique et la sécurité, a recommandé vendredi le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), Witold Banka.

Résultat, les contrôles sanguins ou urinaires, destinés à surprendre la prise de stéroïdes, EPO ou stimulants, se poursuivent de manière très réduite et adaptée aux circonstances, indique l'Agence antidopage allemande à l'AFP, qui précise que les autres activités, dans les départements d'investigation ou juridique, continuent.

Il est quasiment impossible de faire des contrôles (...) sauf si nous avons une suspicion très forte, explique le directeur de l'Agence antidopage autrichienne, Michael Cepic. En cas de contrôle, essentiellement hors compétition, puisque la très grande majorité d'entre elles sont annulées, le préleveur et le sportif doivent porter des protections.

Mais souvent les contrôleurs sont des personnels de santé. On ne va pas les mobiliser et leur demander d'utiliser des masques alors qu'il en manque, explique un acteur européen de l'antidopage.

Cette réduction d'activités ne tombe pas au meilleur moment. Si des contrôles antidopage sont bien sûr prévus pendant les épreuves des Jeux olympiques de Tokyo (du 24 juillet au 9 août), le programme de tests, chapeauté par l'Agence de contrôle internationale (ITA) pour le compte du Comité international olympique (CIO), se déroule toutefois, pour une grande partie, pendant les mois qui précèdent les JO.

L'ITA a mis en place l'année dernière un groupe de travail (task force) avec des représentants d'organisations nationales antidopage et des fédérations internationales. Ils nous ont transmis une série de recommandations, le 13 février, qui comprend les noms des sportifs et le nombre de contrôles auxquels ils doivent se soumettre avant les Jeux, explique à l'AFP la directrice des contrôles de l'Agence française de lutte contre le dopage.

Plus près vous êtes des JO, moins les risques sont élevés, expose à son tour Michael Cepic. Le dopage a lieu des mois avant, pour s'entraîner plus dur, raccourcir les temps de récupération.

Le programme antidopage des JO de Tokyo risque-t-il d'en pâtir? Pour Francesca Rossi, il est trop tôt pour le dire.

Bien sûr, c'est un obstacle majeur, ajoute Michael Cepic. Cela dépend si la situation s'éternise ou pas.

Début février, l'agence antidopage chinoise (Chinada, 15 000 contrôles par an) avait dû arrêter ses activités à cause de la propagation du virus. L'AMA avait annoncé une reprise progressive trois semaines plus tard.

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'ITA a assuré suivre la situation de près et promet que son groupe d'experts tiendra compte des limites et des difficultés actuelles en matière de tests.

Pendant cette période de flottement, des sportifs pourraient-ils être tentés de prendre des produits interdits?

Si vous voulez tricher, vous n'avez qu’à regarder les informations pour voir qu'il n'y a quasiment plus de contrôles, convient Michael Cepic.

D'un autre côté, ce dopage-là sera moins efficace, car les possibilités d'entraînements sont très réduites.

D'autres outils sont disponibles pendant des périodes de contrôles limités, explique de son côté l'AMA, citant le passeport biologique, car les variations des données sanguines peuvent parler sur un temps plus long, la conservation des échantillons collectés avant, pendant et après la pandémie ainsi que les investigations, qui sont sensées se poursuivre.

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