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Guillaume Boivin, Hugo Houle et la vie de cycliste au temps du coronavirus

Des kilomètres de vélo stationnaire au menu au cours des prochaines semaines

Gros plan d'un cycliste avec son casque et ses lunettes spéciales.

Guillaume Boivin à quitté l'Espagne pour revenir au Québec en raison de la crise du coronavirus.

Photo : Israel Start-Up Nation / Mason Hender

Michael Roy

Qu’ils soient en Europe ou de retour au pays, les cyclistes canadiens du WorldTour font comme l’ensemble des athlètes sur la planète à l'heure actuelle: ils attendent.

Guillaume Boivin a dû rentrer à son domicile temporaire à Gérone, en Espagne, la semaine dernière, après une chute lors de la quatrième étape du Paris-Nice.

La course était d’ailleurs l’une des seules compétitions majeures toujours en cours en Europe, nouvel épicentre de la crise du coronavirus.

On était plusieurs coureurs à se questionner sur le fait qu’on soit quand même à Paris-Nice malgré la situation, a expliqué le coureur d’Israel Start-up Nation à Radio-Canada Sports.

C’est une fois arrivé en Espagne que les choses ont rapidement déboulé pour lui.

Quand je suis arrivé en Espagne en fin de semaine dernière, il n’y avait pas vraiment de mesures en place encore, a-t-il raconté.

On dirait que ce n’est pas tout le monde qui prenait ça au sérieux là-bas.

Guillaume Boivin, cycliste professionnel

Il y a eu une grosse explosion de cas soudainement et dimanche, ils ont décrété l’état d’urgence. En une journée ou deux, c’est passé de "tout est normal" à "on ne peut sortir que pour aller à l’épicerie".

Le cycliste a rapidement pris la décision de rentrer au pays pour rejoindre sa femme et sa famille.

Je n’y ai pas pensé trop longtemps, je craignais qu’il n’y ait plus vraiment de vols disponibles, alors je ne voulais pas manquer le bateau. Le premier ministre Trudeau a fait l’annonce qu’il fermait les frontières, il était environ 19 heures en Espagne. Une heure plus tard, mon billet d’avion était acheté, a raconté le cycliste de 30 ans.

Dans cette période de crise, Boivin a vécu les réalités espagnole et québécoise en l’espace de quelques heures à peine.

On peut quand même être fier de la façon dont les deux gouvernements chez nous gèrent ça.

Guillaume Boivin, cycliste professionnel

On a moins de cas ici pour le moment comparativement à l'Europe et il y a déjà plusieurs mesures en place. Je ne suis pas un expert, mais j’ai l’impression qu’on s’y est pris un peu plus d’avance ici et l'on semble faire les bonnes choses, a observé Boivin.

Hugo Houle reste en Europe

Pour sa part, le coureur de la formation Astana Hugo Houle est chez lui, confiné dans son appartement de Monaco.

Moi, je suis Monégasque maintenant, j’habite ici et c’est chez moi, alors je n’avais pas d’intérêt à rentrer au Québec, a raconté le coureur de Sainte-Perpétue.

Pour le moment, il doit se contenter de s’entraîner sur un vélo stationnaire, de son balcon, avec une vue sur la principauté.

Depuis mardi dernier, les Monégasques, comme les Français, doivent demeurer à la maison à moins d'un cas de force majeure.

Ils ont été moins progressifs en France sur la prévention par rapport au Québec. Samedi dernier, ils ont interdit les attroupements, mais deux jours plus tard, c’était le confinement total, a laissé savoir Houle.

Les gens peuvent faire un peu d’activités physiques à l’extérieur, mais ça doit être à quelques pas de la maison. Nous, pour le vélo, avec les kilomètres qu’on parcourt à l’entraînement, nous n’avons pas le droit de faire de sorties.

Toutes les courses cyclistes gérées par l’Union cycliste internationale (UCI) ont été annulées jusqu’à la fin du mois d’avril.

Les cyclistes professionnels essaient donc de garder la forme comme ils le peuvent.

La façon que l'on voit ça avec les entraîneurs, c’est de faire une pause. Comme si on était hors saison en novembre ou décembre, lorsque l'on s'arrête une quinzaine de jours pour reprendre tranquillement l'entraînement, a expliqué Hugo Houle.

Nous sommes tous dans le même bateau, il y a moyen dès qu’on pourra recommencer, de retrouver les pleines capacités en six à huit semaines, a-t-il précisé.

Une dure perte

Celui qui devait être le leader de la formation canadienne en cyclisme sur route aux Jeux de Tokyo (si Jeux il y a), Michael Woods, s’est fracturé le fémur la semaine dernière au Paris-Nice.

La nouvelle a été dévastatrice pour le principal intéressé, mais aussi pour ceux qui devaient l’épauler lors de la plus grande course sur la planète.

Hugo Houle était destiné à être le bras droit de Woods à Tokyo.

C’est clair que la perte de Mike, c’est un grand coup pour nous. C’était notre meilleure carte pour un podium. Ça, c’est certain.

Hugo Houle

Je n’ai pas les capacités présentement pour gagner une médaille olympique. Il faudrait que je sois très chanceux pour que ça se produise, que je prenne une bonne échappée. Nos chances étaient vraiment avec Michael Woods, alors c’est une grande déception, a déploré Houle.

J’espère qu’il va réussir à récupérer rapidement. C’est très serré. Revenir sur le vélo, c’est une chose, de retrouver une forme olympique, c'en est une autre.

Ce qui peut jouer à son avantage dans sa malchance, c’est qu'à l’heure actuelle, il y a beaucoup de cyclistes qui ne courent pas, ça aide à diminuer un peu le rattrapage, a constaté le cycliste de l'équipe Astana.

Michael Woods au sol après sa chute

Michael Woods au sol après sa chute à Paris-Nice

Photo : Courtoisie ESPN

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